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Malgré une baisse de la criminalité, la violence est en hausse dans le Grand Sudbury

Une autopatrouille devant une maison.

Un double meurtre suivi d'un suicide est survenu dans le quartier Coniston en fin octobre. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Chris St-Pierre

Chris St-Pierre

Malgré une première baisse de son indice de gravité de la criminalité (IDC) en cinq ans, le Grand Sudbury est toujours un lieu propice aux crimes violents en 2021. Le nombre de tueries dans la région a notamment bondi depuis le début de la pandémie.

Selon Statistique Canada, l’IDC qui est calculé en se basant sur la sévérité des crimes d’une région, a régressé de 4,3 % dans le Grand Sudbury en 2021. Cette baisse est attribuable à une diminution considérable de 13,1 % des crimes non violents.

Cependant, la région totalise déjà cinq homicides jusqu'à présent cette année, dont trois en lien avec l’utilisation d’armes à feu, selon les données du Service de police du Grand Sudbury (SGPS).

C’est inquiétant. L’intensité de la violence liée aux armes à feu est nouvelle pour notre communauté. Nous ne pouvons pas l’ignorer, dit le détective du SGPS, Barry Ornella.

Portrait de Barry Ornella.

Le détective Barry Ornella souhaite prévenir les crimes violents.

Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga

Statistique Canada indique que cinq personnes ont été tuées dans la région du Grand Sudbury en 2020 et six en 2021.

En comparaison, il y a eu une moyenne d’une victime d'homicide par année de 2012 à 2018.

L’indice des crimes avec violence a augmenté d’environ 13 % par rapport à 2020. C’est pratiquement deux fois plus important qu’en 2015, soit l’année avec le plus faible indice en ce sens dans la dernière décennie.

Même si la criminalité a diminué, on voit que les crimes rapportés sont de plus en plus violents, constate l’analyste à Statistique Canada, Warren Silver. 

Il soulève le cas des agressions sexuelles, qui ont augmenté de 27 % par rapport à 2020.

J’espère que ça sert d’alarme pour le conseil municipal et pour le maire, qui peuvent voir s’il y a des solutions différentes [de celles utilisées en ce moment], indique Irvin Waller, professeur émérite en criminologie à l’Université d’Ottawa et auteur des livres Smarter Crime Control et Less Law, More Order.

L'influence du crime organisé

Les principales causes de l’augmentation des crimes violents sont les gangs de rues et les réseaux de crime organisé, notamment de Toronto et d’Ottawa, selon M. Waller.

Il y a eu plusieurs incidents impliquant des armes à feu qui étaient de nature domestique, mais nous avons aussi des enquêtes portant sur des homicides qui pointent vers l’implication de groupes organisés venant du Grand Toronto ou d’ailleurs en province, confirme M. Ornella.

Selon lui, ces incidents sont souvent le produit du trafic de drogues et d’humains pour répondre à la demande dans une région quelconque, comme le Grand Sudbury.

M. Ornella dit faire appel aux services de plusieurs corps policiers et partenaires dans le cadre de son travail. Cependant, Irvin Waller croit que ce n'est pas assez.

On a [un service de] police qui réagit ; on arrête et des fois il y a des gens condamnés, mais il faut aller au-delà de la police pour rendre Sudbury plus sûr, affirme le professeur. Il y a des solutions efficaces et connues qui n’ont pas été essayées à Sudbury ou ailleurs en Ontario.

S’inspirer de l’Écosse

En 2019, la Loi sur les services policiers a été modifiée pour ajouter l’obligation de développer un plan de sécurité communautaire et de bien-être.

M Waller estime qu’il faut commencer à investir dans des actions efficaces comme ce genre de plan. Il croit que le Grand Sudbury aurait également intérêt à s'inspirer des mesures de prévention de la violence adoptées par la ville de Glasgow, en Écosse.

Irvin Waller en visioconférence.

Irvin Waller remarque que de plus en plus de jeunes s'impliquent dans le crime organisé.

Photo : Radio-Canada / Capture d'écran

Notamment, préparer une liste des organismes d’intervention auprès des jeunes, améliorer l’accès à l’emploi et un revenu de base et mettre en place sa propre version du programme d’appui aux enfants à risque SNAP.

Ce programme, d’abord mis à l’essai à Toronto, cible les enfants âgés de six à douze ans qui démontrent des signes précoces de comportements antisociaux ou agressifs.

Nous devons nous appuyer sur nos partenaires communautaires pour lutter contre le sans-abrisme, la crise d'opioïdes et le trafic humain, estime M. Ornella.

« La solution n’est pas dans la réhabilitation. Elle est dans la prévention avant que les jeunes passent à l’acte.  »

— Une citation de  Irvin Waller, professeur émérite en criminologie à l’Université d’Ottawa

Cependant, M. Waller croit que Sudbury est loin d’être organisée pour le faire. 

Il faut que le maire ait la volonté politique de réviser le plan et d’établir un bureau de prévention de la violence, qui, pour moi, est la clé, dit-il.

Si ce dernier fait preuve de volonté, le professeur croit qu’il y a de l’espoir que Sudbury pourrait changer de direction, de diminuer la violence de 50 % dans les prochains trois à quatre ans.

Avec les informations de Bienvenu Senga

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