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Des discussions et des actions demandées pour les plus vulnérables de Sherbrooke

Une tente d'itinérant sous un viaduc.

Le directeur du Partage Saint-François explique que peu de personnes vulnérables réussissent à prendre la décision de s'en sortir. Le 9 Novembre 2022 2022/11/09

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Les dernières initiatives mises en place pour venir en aide aux personnes itinérantes de Sherbrooke sont bien reçues par le directeur général du refuge Partage Saint-François, Sébastien Laberge. Cependant, il estime qu’il existe un trou de service pour venir en aide à ceux qui en ont réellement besoin et qu’il est plus qu’urgent d’agir pour leur venir réellement en aide. « On doit avoir des discussions de fond sur ces enjeux. On doit arrêter de parler d’ajouter des lits dans des refuges, de la soupe. On met des plasters sur les bobos. »

À travers nos statistiques au Partage Saint-François, on remarque que 80 % des personnes qu’on héberge ont des problèmes de santé mentale sévères avec, souvent, une comorbidité et des problèmes graves de toxicomanie, explique-t-il. Malheureusement, ces gens-là, par eux-mêmes, ne prennent pas de bonnes décisions. 

Sébastien Laberge.

Le directeur général du Partage St-François, Sébastien Laberge

Photo : Radio-Canada / Guylaine Charette

Or, souligne Sébastien Laberge, le système actuel fait en sorte que ce sont les individus eux-mêmes qui doivent décider s’ils veulent se sortir de la rue ou non. Tant qu’elles ne le font pas, ces personnes-là vont rester dans ce cycle-là, explique-t-il. Si certains d’entre eux réussissent à s’intégrer dans la société et à utiliser les services pour se sortir d’une mauvaise passe, ce ne sont pas tous les gens qui fréquentent le Partage Saint-François qui réussissent à quitter le milieu de l’itinérance.  

« Offrir des couvertures chaudes, des cafés, un refuge, on le fait parce que c’est un besoin urgent. Mais ce n’est pas une vie. La rue, c’est un milieu où règne la violence, les abus. Il y a des gens qui se font violer, qui se font battre, qui se font voler. »

— Une citation de  Sébastien Laberge, directeur général du Partage Saint-François

Cri du coeur de Sébastien Laberge du Partage St-François

ÉMISSION ICI PREMIÈRE • Par ici l'info

L'animateur de l'émission matinale Par ici l'info, Mathieu Beaumont.

Impuissants à agir

Le directeur du refuge déplore que les intervenants aient les mains et les pieds liés devant toutes ces horreurs. Impossible pour eux d’agir tant qu’une personne n’a pas commis un acte répréhensible. 

C’est un fait que plusieurs gens qu’on héberge, qui ont des comportements problématiques en lien avec leur condition de santé mentale, on sait que des gestes graves qui vont être commis, dénonce-t-il. Parfois, nos plans d’intervention, c’est d’attendre que la personne commette un geste assez grave pour pouvoir l'intercepter et faire un arrêt d’agir. En attendent, on doit observer le spectacle se dérouler. 

S’il salue les initiatives comme le centre de crise, il rappelle qu’il s’agit néanmoins d’un endroit pour des personnes vivant une crise passagère, qui n’a pas sa place à l’hôpital, et qui nécessite un certain soutien avant de réintégrer leur milieu de vie. 

L'entrée du Partage Saint-François, à Sherbrooke.

Selon Sébastien Laberge, 80 % de la clientèle du Partage Saint-François a des problèmes de santé mentale sévères et des problèmes de toxicomanie.

Photo : Radio-Canada / Marion Bérubé

Une personne qui est dans la rue, qui est schizophrène, qui consomme de la méthamphétamine, sa place n’est pas dans un centre de crise. [...] Sinon, les personnes pour qui est ce centre n’y iront plus, affirme-t-il.

Je n’ai pas la solution exacte, admet-il. Mais on doit avoir des discussions sur jusqu’où on peut aller collectivement pour protéger ces gens-là des problématiques qu’ils ont. Pour le moment, il y a très peu de moyens de contraindre des gens à prendre un traitement pour soigner une maladie.

« Peut-être qu’il faut se questionner sur ce système-là parce que si cela fait en sorte qu’une personne est dans la rue toute sa vie, à quoi bon? Ce n’est pas une vie. »

— Une citation de  Sébastien Laberge, directeur général du Partage Saint-François

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