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Protection du caribou : les Innus d’Essipit et de Pessamit vont participer à la COP15

Deux caribous s'affrontent.

Au Québec, la population de caribous forestiers, en déclin depuis plusieurs années, est estimée à 5252 individus. (Archives)

Photo : iStock

Des représentants des conseils des Innus d’Essipit et de Pessamit vont participer à la 15e réunion de la Conférence des parties (COP15) sur la biodiversité pour faire entendre leurs préoccupations quant à la protection des caribous forestiers.

Les deux communautés autochtones souhaitent que le gouvernement du Québec annonce l’inscription immédiate d’une aire protégée dans le secteur du réservoir Pipmuacan, au nord-est de Saguenay.

De notre point de vue [l’inscription] est une action concrète qui pourrait être prise sur le champ. En inscrivant notre projet d’aire protégée, ça contribuerait à la préservation de la biodiversité du Québec, mais aussi à la protection du caribou qui est un symbole sacré pour notre culture, dit Jérôme Bacon-St-Onge, vice-chef du conseil des Innus de Pessamit.

Jérôme Bacon St-Onge se trouve près la rivière Papinachois et tient dans ses mains le rapport de la Commission indépendante sur les caribous forestiers et montagnards.

Jérôme Bacon St-Onge a porté à bout de bras le dossier de la protection du caribou et de son territoire dans la communauté innue de Pessamit.

Photo : Radio-Canada / Zoé Bellehumeur

Ils affirment que Québec entrave leurs démarches pour protéger la biodiversité.

Les freins [dans la gouvernance provinciale] sont nombreux : un processus de consultation inadéquat et rigide qui ne laisse pas de place au leadership autochtone, un régime forestier inflexible où la vocation première du territoire est de nature économique, un nouveau statut d’aire protégée d’initiative autochtone inaccessible tant que les lignes directrices ne sont pas définies et des ministères qui travaillent en silo et de manière concurrente au détriment de la biodiversité et de la conservation, peut-on lire dans un communiqué de presse.

Nos communautés ont fait le choix de suspendre le prélèvement du caribou afin de préserver l’espèce, sacrifiant une activité traditionnelle centrale dans notre culture. Pendant ce temps-là, le gouvernement du Québec reste les bras croisés, déclare par écrit le chef d'Essipit, Martin Dufour.

Martin Dufour dans son bureau.

Martin Dufour, le chef d'Essipit (archives).

Photo : Radio-Canada / Delphine Jung

Trois mois depuis les mises en demeure

Le conseil des Innus de Pessamit avait envoyé des mises en demeure à Ottawa et à Québec au mois d'août. Il réclamait des mesures immédiates pour favoriser la protection des caribous forestiers.

Jérôme Bacon-St-Onge rappelle que depuis l'envoi de la mise en demeure à Québec, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs a été scindé.

Il faut interpeller Québec plus formellement suivant la nouvelle conjoncture politique. C’est ce que nous nous apprêtons à faire avec nos conseillers juridiques [...] Ce sont des réalités qui nous amènent à repositionner et à faire évoluer nos stratégies en fonction de ce qui se passe sur le terrain, lance M. Bacon-St-Onge.

Il précise que toutes les solutions juridiques demeurent envisageables pour protéger les caribous forestiers.

Au moment d’écrire ces lignes, le gouvernement du Québec n’a pas encore répondu aux demandes d’entrevue de Radio-Canada.

La COP15 va avoir lieu à Montréal du 7 au 19 décembre. Elle doit réunir jusqu'à 15 000 participants.

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