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Élections de 2019 : aucune preuve d’ingérence ne justifiait une enquête, selon la GRC

La commissaire de la GRC affirme qu'une enquête est en cours sur l'ingérence étrangère au pays, mais elle refuse de fournir des documents.

Brenda Lucki en uniforme devant plusieurs drapeaux du Canada.

Brenda Lucki, commissaire de la Gendarmerie royale du Canada

Photo : La Presse canadienne

Radio-Canada

La commissaire de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), Brenda Lucki, affirme que ce corps de police ne détenait aucune preuve d’ingérence d’un gouvernement étranger lors des élections fédérales de 2019 et qu'il n'enquêtait pas à ce moment-là sur des activités criminelles liées à ce scrutin.

Toutefois, dans une lettre adressée au greffier du Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre, citée par le quotidien The Globe and Mail et obtenue par CBC News, Mme Lucki reconnaît que la GRC enquête désormais sur des activités d'ingérence étrangère au Canada.

Elle a d’ailleurs refusé de remettre au comité des documents caviardés sur le contenu de ces enquêtes.

Lors d'une réunion tenue le 14 novembre, le Comité a adopté une motion qui exige que les ministères et organismes du gouvernement fédéral produisent des documents expurgés sur l'ingérence étrangère dans les élections fédérales de 2019.

Cette décision a été prise à la suite d'un article de la chaîne Global News qui révélait que le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) avait informé le premier ministre Justin Trudeau en janvier 2022 des efforts de la Chine pour s'ingérer dans ce scrutin. L'ingérence aurait inclus le financement occulte par le gouvernement chinois d'au moins 11 candidats en vue de ces élections.

Pourtant, dans la lettre adressée au Comité, datée du 25 novembre, Brenda Lucki avait déclaré que la GRC ne disposait d'aucune preuve de ces activités à l'époque sans toutefois préciser si la police fédérale enquêtait maintenant sur ces activités.

« Dans le contexte du scrutin fédéral de 2019, la GRC n'a pas tenu d'enquête criminelle sur des activités liées aux élections, car il n'y avait pas de preuve à l'époque. »

— Une citation de  Brenda Lucki, commissaire de la Gendarmerie royale du Canada

Cependant, ajoute-t-elle, la GRC est au courant de l'ingérence d'acteurs étrangers en ce qui concerne un large éventail d'activités, y compris l'ingérence dans les processus démocratiques.

En ce qui a trait à ces dossiers, M. Lucki a déclaré que la GRC ne pouvait pas fournir de documents au Comité sur ses enquêtes en cours, car cela pourrait en compromettre le déroulement.

Affirmant ne pas prendre ces activités à la légère, la commissaire de la GRC a rappelé que les enquêtes sur l'ingérence d'acteurs étrangers sont parmi les dossiers de sécurité nationale les plus sensibles que mène la GRC et qu'elle doit par conséquent faire tout son possible pour protéger l'intégrité de ces enquêtes.

Trudeau et la Chine nient les allégations de Global

Lors d'une mêlée de presse avec les journalistes à la Chambre des communes mardi, le premier ministre Justin Trudeau n'a pas fait de commentaires spécifiques sur la lettre de Brenda Lucki au greffier du Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre.

Toutes nos organisations et agences, y compris la GRC, continueront à faire leur travail pour assurer la sécurité des Canadiens et à prendre des décisions conformes à leurs responsabilités, s'est contenté de déclarer le premier ministre.

M. Trudeau a par ailleurs ajouté qu'il n'a jamais reçu les présumés breffages et notes de service du SCRS, comme le prétend la chaîne Global News.

« Je tiens à préciser que je ne dispose d'aucune information et que je n'ai pas été informé qu'un candidat fédéral a reçu de l'argent de la Chine. »

— Une citation de  Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Le gouvernement chinois, de son côté, a nié toutes allégations d'ingérence dans les élections canadiennes. Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijan, a déclaré au début du mois que la Chine n'a aucun intérêt dans les affaires intérieures du Canada.

Le gouvernement Trudeau a récemment dévoilé sa stratégie indo-pacifique, qui comprend un plan pour faire face à une Chine de plus en plus perturbatrice.

L'opposition demande des précisions

Le chef de l'opposition officielle, Pierre Poilievre, a reproché au premier ministre de contourner le cœur de ses questionnements.

M. Trudeau a répété que des experts ont confirmé que l'intégrité des élections n'avait pas été compromise et qu'il n'avait jamais reçu d'information sur un quelconque candidat qui aurait touché des fonds en provenance de la Chine.

Évidemment, l'argent ne voyage pas sur un gros bateau de l'autre côté du Pacifique pour aller sur la rive et pour être acheminé à un candidat, a lancé M. Poilievre.

« La question est [de savoir] si oui ou non le premier ministre a reçu de l'information [...] sur une quelconque ingérence par Pékin dans nos élections. »

— Une citation de  Pierre Poilievre, chef de l'opposition officielle conservatrice

Le leader bloquiste Yves-François Blanchet a pour sa part demandé à M. Trudeau d'indiquer quels candidats pourraient avoir été visés par des tactiques d'ingérence de la Chine.

La patronne de la GRC dit qu'ils n'avaient pas à enquêter mais que maintenant ils enquêtent. [...] Est-ce que, pour protéger la démocratie et la confiance dans les institutions, le premier ministre ne devrait pas révéler de quelles circonscriptions il s'agit?

M. Trudeau a alors rétorqué qu'il n'avait eu vent d'aucuns fonds perçus par des candidats électoraux, que ce soit directement ou indirectement.

Questionné en point de presse sur le contenu de la lettre de la commissaire Lucki, le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, a répondu que toute forme d'ingérence dans notre démocratie au Canada doit être prise très au sérieux.

Avec les informations de La Presse canadienne

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