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Le Manitoba suspend temporairement les nouvelles opérations de cryptomonnaies

Trois jetons arborant les logos de certaines cryptomonnaies sont jointes ensemble.

La forte demande d'énergie incite le Manitoba à suspendre temporairement l'installation de nouvelles activités liées aux cryptomonnaies.

Photo : afp via getty images / JUSTIN TALLIS

Radio-Canada

La forte demande d'énergie nécessaire au fonctionnement de l'industrie des cryptomonnaies incite le gouvernement du Manitoba à interrompre, temporairement, tout nouveau raccordement de ce type d'entreprise au réseau électrique. Le gouvernement provincial invoque un potentiel de besoins énergétiques trop importants pour le réseau et un faible rendement économique.

Cette pause de 18 mois n'aura pas de conséquences négative sur les 37 entreprises actuellement en activité dans la province, mais mettra temporairement en attente les demandes croissantes provenant de société qui pourraient consommer une part non négligeable de électricité produite de la province.

Nous ne pouvons pas simplement dire : "Tout le monde peut prendre ce qu'il veut [d'énergie] et nous allons juste construire des barrages.", a déclaré, lundi, le ministre des Finances, Cameron Friesen, qui est aussi responsable d'Hydro-Manitoba.

Le dernier a coûté 13 milliards de dollars si l'on tient compte de la ligne électrique, a-t-il précisé.

Des prix de l'énergie attractifs

La technologie à l'origine des crypto-monnaies - les chaînes de blocs - nécessite une grande quantité d'électricité pour effectuer des transactions financières complexes. Le Manitoba est un endroit attrayant pour les utilisateurs d'énergie élevée, car c'est la province où les tarifs d'électricité sont les plus bas au Canada, après le Québec.

Ce mois-ci, Hydro-Québec a annoncé qu'elle demandait à son régulateur provincial de suspendre le processus d'allocation d'énergie à l'industrie des chaînes de blocs.

Cameron Friesen indique que 17 autres exploitants ont récemment présenté au Manitoba des demandes qui nécessiteraient 371 mégawatts d’énergie, soit plus de la moitié de l’énergie produite par la centrale de Keeyask, qui est devenue pleinement opérationnelle cette année.

Il y a également eu d'autres demandes moins officielles qui totaliseraient plus de 4600 mégawatts, selon M. Friesen.

Hydro-Manitoba est toujours endettée en raison de sa dernière série de travaux de construction. La dette de l'entreprise a triplé en 15 ans pendant la construction de deux mégaprojets - la centrale de Keeyask et la ligne électrique Bipole III - qui, tous les deux ensemble, ont dépassé le budget de 3,7 milliards de dollars.

Une partie de la préoccupation du gouvernement progressiste-conservateur vient du fait que les activités de chaînes de blocs peuvent ne pas produire beaucoup d'emplois, selon le ministre des Finances. Elles peuvent utiliser des centaines de mégawatts avec une poignée de travailleurs, ajoute-t-il.

Cependant, Jade Alberts, le vice-président du consortium canadien des chaînes de blocs (Canadian Blockchain Consortium), estime que l'exploitation des serveurs offre des emplois bien rémunérés. Quelqu'un va devoir les entretenir, les vérifier, s'assurer qu'ils fonctionnent, déclare-t-il.

Le groupe industriel a comme objectif d'unir la communauté diversifiée de la technologie des chaînes de blocs du Canada et les personnes désireuses d'explorer le potentiel de cette technologie, selon la page LinkedIn de Jade Alberts.

Les exploitants de cette technologie ont également la capacité de s'adapter aux besoins du réseau, indique ce dernier. Au Texas, par exemple, ils s'arrêtent lorsque des chaleurs ou des froids extrêmes font grimper la demande d'énergie de la population.

L'examen du gouvernement manitobain analysera, entre autres, l'impact économique des cryptomonnaies et un éventuel cadre réglementaire pour l'approbation de nouveaux raccordements importants au réseau.

Cameron Friesen souligne pour sa part que, actuellement, Hydro-Manitoba ne peut pas prendre de décisions discrétionnaires sur les entités à brancher.

Avec les informations de La Presse canadienne

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