•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Nathalie Roy élue à la présidence de l’Assemblée nationale

Nathalie Roy tient des feuilles et parle devant le fauteuil de la présidente au Salon bleu.

Nathalie Roy est devenue mardi la deuxième femme à occuper le poste de présidente de l'Assemblée nationale.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Radio-Canada

Les députés élus à l’Assemblée nationale le 3 octobre ont commencé à siéger mardi en l'absence des représentants péquistes. Ce sera une courte session parlementaire de seulement huit jours puisque les députés vont siéger seulement jusqu’au 9 décembre, ce qui ne laisse pas énormément de temps pour légiférer.

La reprise des travaux a laissé toute la place à l’élection de la nouvelle présidente de l’Assemblée nationale, la députée de Montarville, Nathalie Roy.

L’ex-ministre de la Culture et des Communications est la deuxième femme à occuper cette fonction après Louise Harel (2002-2003). Elle a été nommée par le doyen de l'Assemblée nationale, le député de Drummond–Bois-Francs, Sébastien Schneeberger.

Il n’y avait aucun autre candidat en lice pour la présidence de l’Assemblée nationale. Mme Roy a donc été élue sans opposition.

Mme Roy, qui est âgée de 58 ans, en est à son quatrième mandat à l’Assemblée nationale. Elle est avocate de formation, mais elle a principalement pratiqué le métier de journaliste à la télévision avant de se lancer en politique, en 2012, en portant les couleurs de la Coalition avenir Québec (CAQ). Elle faisait partie de la première cohorte de députés qui se sont présentés sous la bannière de ce parti fondé en 2011 par le premier ministre actuel, François Legault.

C’est un très grand honneur que vous me faites, a affirmé d’emblée Mme Roy, qui a dit vouloir faire tout en son pouvoir pour être à la hauteur de cette tâche.

Je serai la défenderesse de vos droits et privilèges et j’exercerai cette fonction avec toute la passion que vous me connaissez, a lancé Mme Roy aux députés présents au Salon bleu.

Je serai également la protectrice de l’institution [...] avec ses traditions, ses lois et sa jurisprudence, a affirmé Mme Roy.

Présider l’Assemblée nationale, présider les débats des élus du peuple québécois, c’est un grand privilège, a convenu le premier ministre François Legault. Mais je pense que pour vous, madame la présidente, c’était une suite logique dans votre carrière.

Merci d’avoir accepté ce défi [...], qui ne sera pas toujours un fleuve tranquille, a déclaré le chef de l’opposition libérale, Marc Tanguay. Vous pourrez compter sur l’opposition officielle pour ne pas ajouter trop de vagues aux débats, qui peuvent parfois être houleux, a-t-il lancé.

Enfin, cette session parlementaire commence. Elle sera courte mais productive, a pour sa part indiqué le co-porte-parole de Québec solidaire (QS), Gabriel Nadeau-Dubois, qui a profité de l’occasion pour saluer l’ancien président de l’Assemblée nationale, François Paradis, dont le mandat sous la précédente législature a été ponctué par des débats corsés et par la pandémie de COVID-19.

Dans ses nouvelles fonctions, Mme Roy est entourée de trois vice-présidents. Chantal Soucy, la députée de Saint-Hyacinthe, est première vice-présidente, et Sylvain Lévesque, élu dans Chauveau, est deuxième vice-président. Le rôle de troisième vice-président, un poste réservé à un membre de l’opposition officielle, est occupé par Frantz Benjamin, député libéral de Viau.

Les trois rôles du président de l’Assemblée nationale

Tout d'abord, le président de l’Assemblée nationale doit arbitrer les débats et s’assurer du bon déroulement des travaux en appliquant le règlement de l’Assemblée. Il veille également à l’évolution de ce règlement.

Le président est aussi responsable d’administrer les services de l’Assemblée. Il répond aux besoins des députés, communique avec les leaders et les whips des divers groupes parlementaires et prépare un budget. C’est à la présidence qu’incombe notamment la sécurité des biens et des personnes dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.

Enfin, le président représente l’Assemblée nationale, notamment sur la scène internationale, et entretient des liens avec d’autres parlements dans le monde entier. Il fait la promotion des valeurs démocratiques et fait connaître le travail des députés.

Les trois députés péquistes absents

Durant le premier mandat caquiste, Mme Roy avait la réputation de parfois céder à la partisanerie, mais son nouveau poste implique un devoir de neutralité et d’impartialité. Elle devra donc s’assurer que chaque député ait une place en Chambre et puisse être entendu. Elle devra aussi avoir la confiance des élus des trois autres groupes parlementaires, sans quoi ses décisions seront contestées.

Mme Roy devra rapidement apprendre son métier puisqu’elle devrait être appelée à se prononcer dès le début sur des sujets délicats, notamment le sort qui sera dévolu aux trois députés du Parti québécois (PQ), qui n’ont pas prêté serment au roi Charles III.

Lorsque la nouvelle présidente de l’Assemblée nationale a été nommée, les trois députés du PQ étaient absents. Paul St-Pierre Plamondon n’a donc pas reconduit Nathalie Roy à son siège avec les chefs des autres groupes parlementaires, comme le veut la tradition.

Gabriel Nadeau-Dubois (à gauche) et Manon Massé (à droite).

Les deux co-porte-paroles de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois et Manon Massé, se sont exprimés sur l'élection de Nathalie Roy à la présidence de l'Assemblée nationale. « [Elle] devra distribuer des cartons jaunes », a noté M. Nadeau-Dubois dans une analogie sportive.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Quant à la décision du président sortant de l’Assemblée nationale, François Paradis, d’exclure les trois députés du PQ du Salon bleu s’ils ne prêtent pas serment au roi, M. Nadeau-Dubois a dit espérer que la nouvelle présidente va prendre cette décision en délibéré.

La présidence de l’Assemblée nationale devra aussi déterminer quelle sera la place qui sera accordée au chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime. Celui-ci n’a pas été élu aux dernières élections et souhaite recevoir des privilèges parlementaires.

La pertinence de procéder à une vaste réforme parlementaire, réclamée par la classe politique tous partis confondus, est d'ailleurs invoquée.

Sur les 125 députés qui faisaient leur entrée à l'Assemblée nationale mardi, 41 siègent pour la première fois. C'est le cas d'Audrey Bogemans, nouvelle députée d'Iberville. Reportage de Véronique Prince.

Court menu législatif

Les travaux parlementaires vont véritablement prendre leur envol avec le discours d'ouverture du premier ministre François Legault au Salon bleu, qui sera prononcé mercredi, où il devrait énoncer ses priorités.

Cependant, en mêlée de presse mardi, M. Legault a abordé les deux grands défis de son gouvernement, soit de transformer l'économie du Québec en économie verte et d’arrêter le déclin du français, en particulier à Montréal.

M. Legault s’est dit préoccupé par la perte de terrain du français, mais il a souligné que les deux clés passeront par l’immigration et par la loi 96. À terme, le premier ministre a affirmé qu'il voudrait que la grande majorité des immigrants parlent français et qu’on doit tendre vers 100 %.

En novembre 2018, lors de son premier discours d'ouverture, M. Legault avait insisté sur l'importance de ne pas avoir peur du changement et de faire preuve d'audace. Toutefois, le premier ministre devrait miser mercredi sur la continuité, comme le suggère le slogan de la dernière campagne électorale de la Coalition avenir Québec (CAQ), Continuons.

Seulement deux projets de loi devraient être déposés dans les prochains jours. Le premier est destiné à lutter contre l’inflation en fixant un plafond annuel d’augmentation des tarifs gouvernementaux – comme les permis de conduire et les droits d'immatriculation – à 3 %.

La seconde pièce législative devrait rendre facultatif le serment au roi Charles III, une condition essentielle pour siéger à l’Assemblée nationale.

Pour le présent mandat, l’éducation devrait être la grande priorité, notamment avec le problème de la pénurie de main-d'œuvre.

La santé occupera aussi une place prépondérante avec l’accès à un médecin de famille, les délais d’attente dans les urgences du Québec et les délais pour obtenir une chirurgie, entre autres.

Enfin, la réduction du fardeau fiscal des contribuables québécois devrait être un autre chantier majeur pour le gouvernement du Québec. Le ministre des Finances, Eric Girard, devrait d'ailleurs faire le point le 8 décembre sur la situation économique et financière du Québec. Plusieurs mesures destinées à alléger le fardeau fiscal devraient être annoncées à ce moment-là.

Avec les informations de La Presse canadienne

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

En cours de chargement...