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Archives

Le 4 décembre 2002, le chorégraphe Jean-Pierre Perreault nous quittait

Jean-Pierre Perreault interviewé en 1976.

Le chorégraphe Jean-Pierre Perreault est décédé le 4 décembre 2020.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Il y a 20 ans décédait, à l’âge de 55 ans, celui que beaucoup considèrent comme le père de la danse contemporaine au Québec. Nos archives permettent de découvrir son processus de création.

Pas à pas, briser les barrières artistiques

« Perreault concevait l’art de la danse comme un art global. Il partait de dessins, d’esquisses, et s’occupait de tout. »

— Une citation de  Louise Lafontaine, 2002

Il voulait être un artiste visuel lorsqu'il était jeune.

Sa vision de la création s'explique-t-elle parce qu’il a côtoyé au cours de sa vie des artistes provenant de plusieurs horizons? Françoise Sullivan, la peintre Marcelle Ferron et le chef d’orchestre et compositeur Serge Garant étaient ses amis.

Durant toute sa carrière de chorégraphe de danse contemporaine, Jean-Pierre Perreault a voulu briser les barrières entre les différentes disciplines artistiques.

Reportage biographique de la journaliste Louise Lafontaine diffusé lors du décès de Jean-Pierre Perreault

Cet aspect fondamental du travail de Jean-Pierre Perrault est relevé par la journaliste Louise Lafontaine dans la biographie qu’elle présente le 4 décembre 2002 à l’émission Le téléjournal/Le point pour rendre hommage à l’artiste qui vient de décéder.

Une démarche déjà visible dans les années 1970…

Né en 1947, Jean-Pierre Perreault s’intègre comme danseur en 1967 au Groupe de la Place Royale que dirige la chorégraphe Jeanne Renaud.

Il devient, en 1971, le codirecteur de cette compagnie de danse d’avant-garde et y entreprend une carrière de chorégraphe qui sera des plus prolifiques.

Entrevue du chorégraphe Jean-Pierre Perrault à l'occasion de la présentation d'une de ses oeuvres à l'Université d'Ottawa

Le 3 novembre 1976, Jean-Pierre Perreault accorde une entrevue alors que le Groupe de la Place Royale offre une prestation publique de sa chorégraphie Danse pour sept voix dans un pavillon de l’Université d’Ottawa.

Jean-Pierre Perreault indique dans cette entrevue l’importance qu’il accorde à l’intégration de la musique dans le processus de création chorégraphique.

Il parle aussi de l’importance d’expliquer au public la danse contemporaine pour qu'il puisse mieux l’apprécier.

... qui prend de la maturité dans les années 1980...

En 1981, Jean-Pierre Perreault quitte le Groupe de la Place Royale et devient chorégraphe indépendant.

En 1984, il fonde sa propre compagnie de danse, la Fondation Jean-Pierre Perreault.

Il enseigne en parallèle au Département de danse de l’Université du Québec à Montréal jusqu’en 1992.

Ses créations se révèlent aux antipodes de l’esthétique du ballet classique et interprètent le mouvement de façon plus moderne.

Sont nées de l’esprit de Jean-Pierre Perreault une quarantaine de chorégraphies dont Stella (1985), Piazza (1988), Adieux (1993), L’EXIL-L’OUBLI (1996).

Joe (1983) est la production la plus célèbre de Jean-Pierre Perreault.

C’est une œuvre de grande ampleur.

Une masse de 32 danseurs anonymes, habillés de chapeaux mous, d’imperméables sombres et de bottes de soldats, martèlent une scène sonorisée.

Brève entrevue du chorégraphe Jean-Pierre Perreault sur l'utilisation des pas de danseurs comme musique dans sa création Joe

L’absence de musique fait partie intégrante de Joe, comme le raconte Jean-Pierre Perreault dans cette brève entrevue qu’il accorde à l'animateur de Télex Arts, Winston McQuade, le 23 novembre 1984.

La percussion répétée du pas des danseurs, qui se substitue à la musique, ajoute à l’aspect dramatique de la chorégraphie.

Joe est acclamé par la critique et le public et repris un peu partout au Canada ainsi que dans plusieurs autres pays.

… et 1990

« Le premier contact que le danseur a avec une nouvelle œuvre, c’est le dessin. […] Il voit les dessins et ça le lance sur des pistes. »

— Une citation de  Jean-Pierre Perreault, 1997

Le 3 avril 1997, l’émission La vie d’artiste présente une entrevue avec Jean-Pierre Perreault qui discute de son processus de création.

On comprend à son écoute que les arts graphiques, notamment le dessin, font partie intégrante du processus de construction chorégraphique chez ce dernier.

L’artiste accorde aussi beaucoup d’importance à la maturité. Il préfère des danseurs qui ont du vécu.

Les jeunes danseurs n’ont pas connu assez d’expériences et, de ce fait, possèdent un registre qui n’est pas très large, selon Jean-Pierre Perreault.

Le chorégraphe aime aussi toujours faire participer le public au processus créatif.

Il confie qu’il a déjà invité cinq ou six personnes pour faire des suggestions sur une œuvre qu’il était en train d’élaborer.

Un autre aspect du legs de Jean-Pierre Perreault est d’ordre patrimonial.

Pendant des années, le chorégraphe a regretté que sa troupe occupe des locaux inadéquats.

C’était un entrepôt.

Jean-Pierre Perreault raconte à la journaliste Louise Rousseau la genèse de L'Espace chorégraphique sur le point d'être inauguré à Montréal.

On manquait de douches et le sous-sol était infesté de rats, raconte-t-il dans une entrevue accordée à la journaliste Louise Rousseau et présentée le 22 mars 2001 à l’émission Le téléjournal/Le point, que Stéphan Bureau anime ce jour-là.

En 1993, Jean-Pierre Perreault fait l’acquisition de l’église Saint-Robert-Bellarmin, à l’angle de la rue Sherbrooke et de l’avenue De Lorimier à Montréal, afin d’y installer ses studios en permanence.

En mars 2001, après bien des péripéties, la Fondation Jean-Pierre Perrault inaugure L’Espace chorégraphique pour héberger sa troupe.

C’est encore de nos jours un centre culturel vital pour la création de la danse au Québec.

Jean-Pierre Perreault a reçu maintes distinctions en reconnaissance de son travail de pionnier, notamment le Prix du Gouverneur général du Canada, quelques semaines avant son décès.

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