•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un rapport de la police relève l’augmentation de la défiance envers l’autorité à Winnipeg

Des policiers en ligne entre les deux groupes devant le Palais législatif à Winnipeg.

Des appels à la réduction du financement de la police ont été lancés lors des manifestations contre les restrictions en rapport avec la COVID-19 l'hiver dernier (archives).

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le sentiment anti-gouvernement et anti-autorité représente un défi croissant pour la police, selon un nouveau rapport du Conseil de police de Winnipeg, qui porte sur les conditions générales auxquelles sont confrontés les policiers de la capitale manitobaine.

Le rapport, publié lundi, indique que la police fait face à une baisse de confiance dans les institutions.

Certains des effets persistants concernent la confiance dans les institutions publiques, pas seulement dans la police, mais dans toutes les grandes institutions. La méfiance à l'égard des médias traditionnels et des sources de discours public autrefois fiables (universitaires et experts) n'a jamais été aussi élevée, dit le rapport.

La COVID-19 comme élément déclencheur

Cette méfiance s'est manifestée de diverses manières, notamment des appels à la réduction du financement de la police ou encore les manifestations contre les restrictions en rapport avec la COVID-19. Des manifestants ont, en effet, protesté devant le Palais législatif, dans le centre-ville de Winnipeg, pendant trois semaines l’hiver dernier.

Le rapport mentionne d'ailleurs la pandémie de la COVID-19 comme un des facteurs qui ont miné la confiance du public dans plusieurs institutions et que la situation a atteint son paroxysme pendant les manifestations devant le Palais législatif.

Le rapport qualifie cependant de satisfaisante la réponse de la police à ces manifestations.

La police était déterminée à collaborer avec les manifestants réunis à Winnipeg pour s'assurer que la manifestation et son issue soient pacifiques, indique le rapport.

27 % du budget de Winnipeg consacrés à la police

Zilla Jones, une avocate pénale de Winnipeg, remet en question cette conclusion du rapport et a rappelé que la police semblait, par moments, sympathiser avec les manifestants. La perception était qu'ils n'étaient pas aussi proactifs qu'ils auraient pu l'être, dit-elle.

Elle critique aussi la manière dont les ressources policières sont allouées. La Ville de Winnipeg a prévu 320 millions de dollars pour les services de police en 2022, ce qui représente 27 % de son budget de fonctionnement de 1,2 milliard de dollars.

Le rapport du Conseil de police reconnaît qu'il y a toujours un certain nombre de partisans de la réduction du financement ou de l'abolition de la police, en raison de préoccupations concernant son coût et son efficacité.

Le coût des services de police fait l'objet de recherches considérables. Il est largement estimé qu'il n'est pas viable sous sa forme actuelle, indique le rapport, qui rejette néanmoins les initiatives visant à réduire le financement des forces de l'ordre.

Un modèle à revoir

De son côté, le président du Conseil de police, Markus Chambers, croit que l'opinion publique revient en faveur de l'octroi de plus de ressources à la police.

Je pense que le pendule est en train de se déplacer vers la défense de la police, par opposition à la réduction du financement de la police. Il y a des gens qui réclament une plus grande présence policière, indique le conseiller municipal de Saint-Norbert–Rivière-Seine.

Cependant, l’avocate Zilla Jones n'est pas d'accord avec cette affirmation. Je pense qu'il est très simpliste de dire que, parce que les gens sont mécontents des temps de réponse de la police, cela signifie qu'ils veulent plus de policiers, affirme-t-elle.

L'avocate se demande aussi pourquoi le président du Conseil, censé superviser la police, défend ce service.

Les policiers n'ont pas besoin d'être défendus par le public. Ils devraient nous défendre, et s'ils ne le font pas, alors il y a un problème avec le modèle, il y a un problème avec la formation, et il y a un problème avec le concept même de la police, ajoute-t-elle.

Avec les informations de Bartley Kives

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

En cours de chargement...