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Le financement de la ville de Moncton à la Maison Nazareth se fait attendre

Des lits superposés dans un dortoir.

Le refuge de la Maison Nazareth, à Moncton au Nouveau-Brunswick, en janvier 2020.

Photo : Radio-Canada

Alors que le nombre de personnes en situation d’itinérance augmente à Moncton, la Maison Nazareth, un des plus importants refuges de la région, ne reçoit plus de subvention de la municipalité. La ville dit attendre que l’organisme puisse démontrer qu’il suit les meilleures pratiques dans la gestion d’un refuge avant d’octroyer les fonds.

En entrevue vendredi, le président du conseil d’administration de la Maison Nazareth, Rosaire L'Italien, a déploré l’absence de financement offert par la municipalité à son organisme alors que les besoins en matière d’itinérance sont criants dans la région du Grand Moncton.

Rosaire L'Italien

Rosaire L'Italien, président du conseil d’administration de la Maison Nazareth (archives)

Photo : Radio-Canada

Je ne veux attaquer personne. Je donne des exemples. Ça fait trois ans qu’on a beaucoup de reproches de la ville de Moncton. Ça fait trois ans qu’on n’a pas eu un sou de la part de la ville de Moncton, mais on a eu des reproches, a lancé M. L’Italien en entrevue à l’émission La matinale d'ICI Acadie.

La Maison Nazareth a reçu une dernière subvention de l’ordre de 25 000 $ de la Ville de Moncton en 2021. Depuis, les vivres ont été coupées.

En janvier 2021, le directeur général du refuge, Jean Dubé, avait démissionné. L’établissement était vivement critiqué par le conseil municipal à ce moment, qui affirmait que l’organisme ne répondait pas aux attentes.

Depuis, la Maison Nazareth a une nouvelle directrice générale, Zineb Elouad.

Une subvention, mais à certaines conditions

L’organisme a demandé à la municipalité de renouveler sa subvention pluriannuelle. Chose à laquelle Moncton a acquiescé à deux conditions, selon la porte-parole de la Ville, Isabelle LeBlanc.

En 2022, le conseil municipal a voulu que l’organisme lui présente un plan opérationnel adéquat et puisse démontrer que le refuge suit et adopte les meilleures pratiques de gestion d’un refuge avant de débourser le montant de la subvention, explique par courriel Mme LeBlanc.

Isabelle LeBlanc, la directrice des communications de la Ville de Moncton.

Isabelle LeBlanc, la directrice des communications de la Ville de Moncton.

Photo : Radio-Canada

Ce plan n’a toujours pas été présenté. Or, la Maison Nazareth soutient avoir retenu les services de la firme de consultation ontarienne OrgCode et que son rapport a été remis à la municipalité.

Depuis, aucune réaction de la part de la ville. La direction de la Maison Nazareth a demandé des rencontres avec le conseil de ville, pas de réponses non plus, indique M. L’Italien par écrit.

Isabelle Leblanc soutient que l’argent retenu pour 2022 sera déboursé immédiatement et versé au refuge dès que les conditions seront remplies. D’ailleurs la subvention annuelle passerait de 25 000 $ à 37 000 $ par année pour trois ans.

Malgré une promesse de fonds adéquats, la ville de Moncton n’a jamais rempli ses engagements, ce qui a provoqué un déficit budgétaire pour l’organisme, conclut M. L’Italien.

Mme Elouad avance que le rapport de la firme de consultation indique que le refuge va au-delà des attentes avec le petit financement reçu et que pour améliorer les services, il faudrait plus de fonds.

La Maison Nazareth héberge actuellement 80 personnes en situation d’itinérance à Moncton alors que sa capacité est de 100.

L’organisme reçoit un financement du gouvernement provincial.

Une tendance à la hausse dans les villes du N.-B.

De récentes données montrent que la ville de Moncton compte maintenant plus de 500 itinérants. Il y a quelques mois, ils étaient environ 400, selon une estimation du YMCA du Grand Moncton.

Le conseil de ville de Moncton vient tout juste d’approuver le réaménagement du Centre communautaire Moncton Lions sur la rue St-Georges en centre de réchauffement d’urgence, cet hiver. Le refuge devrait ouvrir ses portes vers la mi-décembre et pourra accueillir entre 100 et 125 personnes.

À Fredericton, la tendance est aussi à la hausse. Selon le directeur de l'organisme Fredericton Homeless Shelters, Warren Maddox, près de 200 personnes sont sans domicile fixe, et ce nombre ne cesse d’augmenter.

Une femme qui semble être une sans-abri avec une couverture sale dans la main et de multiples sacs accrochés au bras descend une côte de terre pour se rendre vers ce qui semble être un ancien campement démantelé puisque plusieurs objets sans valeur se trouvent au sol, dont une chaise, une vieille valise, un pneu brisé et deux bidons en plastiques d’essence.

La police de Fredericton, au Nouveau-Brunswick, a démantelé quatre campements de sans-abri en 2022.

Photo : Radio-Canada / Aidan Cox

Il précise que les deux refuges de la municipalité peuvent accueillir environ 120 personnes.

À Saint-Jean, le directeur par intérim de la croissance de la ville, David Dobbelsteyn, affirme qu'en octobre, au moins 133 personnes étaient sans abri dans la ville, dont 48 d’entre eux dormaient régulièrement dehors.

Les refuges dans la ville peuvent accueillir 40 personnes en situation d’itinérance. La ville de Saint-Jean vient d’annoncer que l’ancien aréna Hilton Belyea servira de centre de réchauffement d’urgence cet hiver, de décembre à la fin mars. Il sera supervisé par l'Armée du Salut et pourra accueillir 35 itinérants.

Avec des informations d’Alix Villeneuve et de CBC

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