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Éliot Grondin, le prodige devenu grand

Éliot Grondin célèbre sa médaille d'argent en snowboard cross aux Jeux de Pékin.

Reportage de Guillaume Piedboeuf sur Éliot Grondin, qui a obtenu la médaille d'argent en snowboard cross aux Jeux de Pékin.

Photo : The Canadian Press / Sean Kilpatrick

À 21 ans, Éliot Grondin est déjà le planchiste le plus expérimenté de l’équipe canadienne de snowboard cross. Après avoir gagné des médailles d’argent et de bronze aux Jeux de Pékin, l’athlète de Sainte-Marie entame la nouvelle saison avec un objectif clair : la plus haute marche du podium.

Plus que jamais, c’est dans un rôle de meneur que Grondin amorce la saison de Coupe du monde, samedi, dans les Alpes françaises. Meneur sur la piste, où tous le voient comme l’un des principaux aspirants au trône, mais également en dehors, avec ses nouveaux coéquipiers.

L’équipe a beaucoup changé. Je suis encore le deuxième plus jeune, mais je suis maintenant le vétéran du groupe. C’est un peu spécial, admet le principal intéressé.

Meryeta Odine et Eliot Grondin montrent fièrement leur médaille de bronze.

Meryeta Odine et Éliot Grondin, du Canada, ont remporté la médaille de bronze à la compétition de snowboard cross en équipe mixte aux Jeux olympiques de Pékin.

Photo : afp via getty images / MARCO BERTORELLO

Depuis ses débuts sur le circuit de la Coupe du monde, à 16 ans, le prodige beauceron était un peu le bébé de l’équipe nationale. Des planchistes comme Kevin Hill et Tessa Critchlow lui ont en quelque sorte servi de grand frère et grande sœur.

Même si Grondin était le meilleur du groupe depuis déjà quelques saisons, il n'était pas celui vers qui tout le monde se tournait. Les récentes retraites de Hill, Critchlow et Zoe Bergemann ont changé la donne.

Ce n’est pas déterminé que je suis le leader, mais c’est un peu écrit entre les lignes. Si je fais quelque chose, normalement, les autres gars vont suivre. C'est un rôle que j'aime bien, montrer différentes façons de faire les choses et de s'entraîner.

Un globe de cristal dans la mire

Perfectionner son entraînement est le fer de lance d'Éliot Grondin en route vers le pinacle de son sport. Ses objectifs cette saison ne pourraient être plus élevés : le titre de champion du monde et le globe de cristal donné au meneur du classement cumulatif de la Coupe du monde.

« Le fait d’avoir gagné la dernière Coupe du monde de la saison m’a laissé un désir d’en faire plus. Oui, j’ai eu une belle saison l’an dernier, mais j’ai envie de faire encore mieux. »

— Une citation de  Éliot Grondin

Mais le Québécois est le premier à admettre que sa progression fulgurante des dernières années est destinée à ralentir.

Éliot Grondin passe le fil d'arrivée de l'épreuve de snowboard cross des Jeux de Pékin.

Éliot Grondin passe le fil d'arrivée de l'épreuve de snowboard cross des Jeux de Pékin.

Photo : The Canadian Press / Sean Kilpatrick

J’essaie de continuer sur ma lancée, mais à mon niveau actuel, c’est plus difficile de prendre un gros step. Il y a quelques années, je pouvais gagner une seconde juste en changeant une pièce d’équipement. Maintenant, il faut vraiment travailler sur tous les petits détails. C’est la constance à l'entraînement qui fait la différence.

Le dilemme des départs rapides

Depuis la saison dernière, le Beauceron voyage avec son propre technicien pour prendre soin de ses planches en compétition. Des planches faites sur mesure par l’entreprise Kessler, en Suisse, selon les préférences de l’athlète. Rien n’est laissé au hasard dans sa préparation.

Une fois sur la piste, c’est un peu différent. Le snowboard cross reste un sport imprévisible où les contacts entre les planchistes sont fréquents et où la chute de l’un peut couler son adversaire. C’est là où l’expérience peut faire la différence.

Eliot Grondin célèbre sa performance sur le podium après avoir remporté la médaille d'argent en snowboard cross en surf des neiges aux Jeux de Pékin.

Éliot Grondin après avoir remporté la médaille d'argent à l'épreuve de snowboard cross aux Jeux olympiques de Pékin.

Photo : Getty Images / Clive Rose

On a de plus en plus de parcours où il faut être stratégique. Gagner le départ n’est plus tout le temps la meilleure façon de gagner la course, indique Grondin.

Cela lui pose parfois problème, admet-il. Car personne sur la planète ne sort plus vite du portillon de départ que lui. Si bien que l’ex-champion du monde junior devra possiblement, à certaines compétitions cet hiver, laisser la porte tomber et volontairement attendre une seconde supplémentaire.

C’est un grand risque. Si ça marche, ça sonne un peu arrogant de dire que tu as laissé les gars partir devant, mais il y en a qui le font. Si tu penses que c’est la meilleure façon de gagner, c’est correct de le faire. Le meilleur gagne à la fin de la journée.

Une Coupe du monde à la maison

Rencontré par Radio-Canada une semaine avant de partir vers un camp d'entraînement en Autriche, mi-novembre, Éliot Grondin ne cachait pas que ses deux médailles olympiques remportées l’hiver dernier ont changé certaines choses dans sa vie.

Il se fait reconnaître beaucoup plus souvent, les demandes médias affluent et les commanditaires sont nombreux à vouloir s’associer à lui. L’adolescent timide des Jeux olympiques de Sotchi, en 2018, est devenu un imposant athlète duquel émane une confiance tranquille. Déjà, un plan pour le mener à l’or olympique en 2026 a été ébauché.

Éliot Grondin lors de son entretien avec Radio-Canada, mi-novembre.

Éliot Grondin lors de son entretien avec Radio-Canada, mi-novembre

Photo : Radio-Canada

Il sera assurément la coqueluche des amateurs lors de la Coupe du monde tenue au mont Sainte-Anne, les 4 et 5 février prochains. En fait, c’est principalement à cause de l’intérêt du public pour Grondin que cette nouvelle compétition voit le jour.

Mais le principal intéressé reste fidèle à lui-même, un amateur de plein air et de vitesse qui préfère les flancs de montagne au devant des caméras.

Du vélo à la planche

Il a passé une bonne partie de l’été à faire du vélo de montagne. Un sport dans lequel, selon certains, il aurait également pu faire carrière.

Ça se rapproche quand même du snowboard cross. Les choix de ligne à la dernière seconde en descendant, c’est un bon entraînement, explique-t-il.

Eliot Grondin lors de la finale de snowboard double mixte à Pékin.

Éliot Grondin aux Jeux olympiques de Pékin

Photo : Getty Images / Cameron Spencer

Contrairement à ses rivaux européens, qui font des camps d'entraînement sur la neige à l’année, le planchiste de Sainte-Marie ne veut rien savoir de sa planche au milieu de l’été. Je pense que c’est important de décrocher. On passe tellement de temps sur notre planche durant l’année. Je n’irai pas faire un camp de snowboard au mois de juillet, dit celui dont la mentalité à ce sujet se rapproche de celle de la superstar du patinage de vitesse Nils van der Poel.

Changer de sport, changer le mal de place si on veut, ça fait du bien. Et là, j’ai hâte d’être sur ma planche et de courser.

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