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Le Canada et deux autres pays soutiennent la création d’un tribunal anticorruption

Un maillet de juge repose sur des billets de banque éparpillés.

Le nouveau tribunal anticorruption fonctionnerait de la même manière que la Cour pénale internationale, mais quelques améliorations seraient apportées.

Photo : iStock / alfexe

Agence France-Presse

Le Canada, les Pays-Bas et l'Équateur ont soutenu lundi des appels à la création d'un tribunal mondial anticorruption, affirmant que cela aiderait à lutter contre les « cleptocrates » à la tête des gouvernements.

Les ministres des Affaires étrangères de ces trois pays ont soutenu une campagne en vue de la création d'un tribunal anticorruption qui, selon ses partisans, fonctionnerait de la même manière que la Cour pénale internationale (CPI).

Un tel tribunal fournira à la communauté internationale un outil supplémentaire pour faire appliquer les lois anticorruption existantes, a écrit sur Twitter le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Wopke Hoekstra, après une rencontre à La Haye, ville néerlandaise qui abrite une multitude de tribunaux mondiaux.

Quelque 2000 milliards de dollars américains en dépenses d'approvisionnement dans le monde sont perdus chaque année à cause de la corruption, selon les chiffres de l'ONU.

Le juge principal américain Mark Wolf, qui dirige la campagne, a déclaré que le tribunal se concentrera sur les plus hauts fonctionnaires et sur les personnes qu'ils soudoient.

La culture de l'élimination de la corruption commence par le haut, a-t-il déclaré lors d'une table ronde en marge de la réunion ministérielle.

Un espace pour les lanceurs d'alerte

Quelque 189 parties, dont 181 pays, ont signé la Convention des Nations unies contre la corruption, qui vise à mettre un terme à ces pratiques condamnables dans le monde.

Pourtant, les cleptocrates jouissent de l'impunité parce qu'ils contrôlent l'administration de la justice dans les pays qu'ils dirigent, a déclaré M. Wolf.

Ce tribunal pourrait être un lieu où des lanceurs d'alerte très courageux pourraient, par exemple, apporter leurs preuves s'ils ne peuvent pas le faire dans les pays où ils vivent, a-t-il ajouté.

Toutefois, les partisans du tribunal ont admis qu'il reste encore un long chemin à parcourir avant qu'il ne devienne une réalité et qu'il devrait surmonter des embûches similaires à celles rencontrées par la CPI.

La CPI, créée en 2002 pour juger les pires atrocités commises dans le monde, n'a pas la capacité, par exemple, d'arrêter des suspects et compte sur ses États membres pour le faire, avec un succès variable.

Nous voulons examiner ce qui a fonctionné et ce qui n'a pas fonctionné et quelles pourraient être les prochaines étapes, a déclaré lors de la table ronde Maja Groff, conseillère principale en matière de traités pour Integrity Initiatives International, l'ONG à l'origine de l'appel à la création du tribunal anticorruption.

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