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La production de gaz naturel dans l’Ouest canadien atteint un sommet

Deux travailleurs travaillent à un forage gazier.

Les producteurs gaziers de l'Ouest canadien ont battu un record de production journalière au mois de novembre.

Photo : La Presse canadienne

Une demande élevée, des prix solides et une bonne capacité de transport propulsent la production de gaz naturel dans l’Ouest du pays. Selon l’Institut de recherche ARC Energy, la production quotidienne de gaz naturel a dépassé plus de 509 millions de mètres cubes par jour au mois de novembre, son plus haut niveau dans l’histoire canadienne.

Nous avons eu 10 années difficiles. [...] Mais nous sommes aujourd’hui plus solides que jamais, s’est félicité le président de l’entreprise gazière Advantage Energy, Mike Belenkie, lors d’une table ronde sur l’énergie la semaine dernière.

Si les résultats financiers des entreprises pétrolières ont attiré de nombreux regards et critiques, les producteurs gaziers jouissent aussi de très bons profits. La société Tourmaline a ainsi enregistré 2,1 milliards de dollars de bénéfices nets au troisième trimestre 2022. Ses résultats sur les neuf premiers mois de l’année ont été 300 % plus élevés que pour la même période en 2021.

Selon le directeur général de la recherche en énergie à la firme d'analyse Raymond James, Jeremy McCrea, la raison principale derrière ce marché robuste demeure la situation géopolitique en Europe. Le prix du gaz naturel et la demande pour du gaz naturel liquéfié y demeurent très élevés, ce qui se répercute en Amérique du Nord et incite les entreprises gazières à accroître leur production.

L’Association canadienne des entreprises de l’énergie prévoit ainsi une hausse des forages en 2023.

Le directeur de recherche à Wood Mackenzie, Dulles Wang, note particulièrement un élan de production du côté de la Colombie-Britannique où le nombre de forages est de 50 % à 70 % plus élevé cet hiver par rapport à l'hiver dernier. Il croit que des entreprises tentent de se faire une place dans ce marché avant la mise en fonction du pipeline Coastal GasLink et du projet LNG Canada en 2025.

Place supplémentaire dans les gazoducs

Un des facteurs décisifs a également été l’accroissement des capacités de transport de ce gaz naturel, souligne Jackie Forrest, la directrice générale de l’Institut de recherche ARC Energy.

Au cours de l’été, des opérations de maintenance et des travaux d’expansion sur les gazoducs ont créé un goulot d’étranglement dans l’Ouest canadien, créant une réduction des prix pratiqués au sein du prix de référence dans l'Ouest, le prix AECO. Certaines entreprises avaient même réduit leur production en conséquence. Les travaux finis, les producteurs peuvent exporter beaucoup plus de gaz naturel et obtenir un meilleur prix pour leur produit.

Au cours de l’été, la différence entre le prix de référence Henry Hub et le prix AECO avait atteint entre 4 $ et 5 $. Elle n’est plus que 2 $ selon Mme Forrest.

Ce sont des prix qui incitent à la production, souligne-t-elle. Je m’attends à ce que la production reste à ce niveau cet hiver grâce à cette combinaison de capacité de transport et de demande locale.

Un retour de bâton possible

Elle estime toutefois difficile d’évaluer si les prix du gaz naturel augmenteront davantage. Tout dépendra de la météo, notamment sur la côte est des États-Unis.

En Alberta, le gouvernement ne s’attend pas à ce que le prix du gaz naturel dépasse les 6,5 $ le gigajoule, le seuil à partir duquel les Albertains bénéficieront d’un rabais. Tant que nous avons des vagues de froid, nous arriverons à absorber cette forte production régionalement grâce à la demande en chauffage. Les réserves de gaz naturel sont également à un niveau inférieur à la moyenne sur cinq ans, estime Dulles Wang.

L'analyste voit toutefois des difficultés poindre à l'horizon pour les producteurs gaziers. Selon lui, les prix pourraient plonger au printemps aussi bas qu'un à deux dollars le gigajoule, à cause de cette production très élevée.

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