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La STM dévoile un trou de près de 78 millions $ dans son budget pour 2023

Une personne seule sur un quai de métro à la station Berri-UQAM.

La baisse de l'achalandage provoquée par la pandémie de COVID-19 a fait mal à la STM, qui peine à trouver de nouveaux revenus.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

La Société de transport de Montréal (STM) annonce un manque à gagner de 77,7 millions de dollars pour 2023, ce qui devrait déboucher sur une diminution de son offre de services, a-t-on appris lundi lors du dépôt du budget annuel de la Société, qui s'élève à 1,7 milliard de dollars.

Notre planification financière 2023 a été établie de façon rigoureuse et responsable dans un contexte où tout coûte plus cher, a plaidé la directrice générale de la STM, Marie-Claude Léonard, en point de presse lundi.

Selon elle, la hausse des dépenses de la Société s'explique principalement par trois facteurs, soit l'indexation des salaires, de même que celle des biens et services, dans un contexte d'inflation galopante, en plus de l'ajout de dépenses opérationnelles incontournables, notamment le démarrage des programmes d'entretien des trains AZUR.

À cela s'ajoute la réduction des revenus en raison de la baisse de l'achalandage provoquée par la pandémie de COVID-19. La STM évalue en effet que l'achalandage se situe à environ 70 % de son niveau prépandémique.

Malgré tout ça, on a l'objectif de maintenir une offre de services similaires à celle de 2022, a indiqué Mme Léonard à plusieurs reprises, évoquant toutefois une optimisation de l'offre de services pour s'ajuster aux besoins du client.

« On est à comprendre les habitudes post-pandémie. C’est important qu’on soit capables d'optimiser [là] où il y a de la croissance et d’ajuster [là] où il y a moins d’achalandage. »

— Une citation de  Marie-Claude Léonard, directrice générale de la STM

On est en discussions avec nos bailleurs de fonds pour le manque à gagner, a ajouté Mme Léonard. Quand je parle de discussions, c’est de regarder comment, ensemble, on peut combler ce manque à gagner, autant en regardant des pistes à l’interne que des financements additionnels.

Réductions ciblées

Parmi ces pistes à l'interne, on compte la réduction de la fréquence des passages sur certaines lignes d'autobus, par exemple des dessertes vers le centre-ville, où les habitudes de télétravail viennent vraiment marquer l’achalandage.

Mme Léonard assure toutefois que l'offre, pour l'hiver 2023, sera très, très similaire à celle de l'hiver 2022 et que 80 % des lignes d'autobus ne seront pas touchées par les réductions de services.

En ce qui concerne le métro, les trains continueront de passer toutes les six minutes en dehors des heures de pointe pendant l’hiver 2023 sur la ligne orange et sur la ligne verte. La fréquence sera toutefois légèrement diminuée aux heures de pointe.

La ligne bleue et la ligne jaune ne seront pas touchées par les réductions de services : un wagon sera même ajouté aux heures de pointe entre Montréal et Longueuil pendant la durée des travaux de réfection du tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine.

Quant au transport adapté, il ne sera pas affecté par les réductions de l'offre de services.

À Trajectoire Québec, un organisme qui fait la promotion des droits des citoyens en matière de transports collectifs, on qualifie ces réductions de légères et on dit comprendre qu'elles étaient nécessaires.

« On a quand même l'impression que la STM réussit à sauver les meubles pour l'instant, mais on aurait espéré être capables de n'avoir aucune réduction de services. »

— Une citation de  Sarah V. Doyon, directrice générale, Trajectoire Québec

La directrice générale de l'organisme, Sarah V. Doyon, craint toutefois que ces réductions ne créent un effet pervers à moyen ou long terme.

Personne n’a envie de prendre les services s’ils ne sont pas adéquats, donc chaque fois qu’on coupe dans le service, on vient créer la spirale de la réduction de l’achalandage, indique-t-elle, ajoutant que le gouvernement provincial n'aura d'autre choix que d'augmenter le financement de la STM.

Le manque de transparence critiqué

La mairesse de l'arrondissement de Montréal-Nord, Christine Black, qui est porte-parole de l’opposition officielle en matière de transport en commun à l'Hôtel de Ville, a pour sa part décrié le manque à gagner dans le budget de la STM pour une deuxième année consécutive.

Pour 2022, le déficit est évalué à 43 millions de dollars sur un budget total de1,57 milliard. Un financement supplémentaire de 25 millions a permis de réduire ce trou budgétaire à 18 millions, un déficit qui est ainsi reporté à 2023.

« Le pire dans cette mauvaise gestion, c’est que l’administration n’a même pas l’honnêteté de dire aux Montréalais où elle coupera dans l’offre de services. »

— Une citation de  Christine Black, mairesse de l'arrondissement de Montréal-Nord et porte-parole de l’opposition officielle en matière de transport en commun

Tout ce qu’elle fait, c’est attendre après l’argent de Québec, alors que les négociations avec le gouvernement sont dans un cul-de-sac, a aussi déploré Mme Black.

La seule chose que je contrôle, ce sont mes dépenses, s'est défendue Marie-Claude Léonard en entrevue au 15-18 en fin de journée. C’est l’ARTM qui est en discussion avec le gouvernement du Québec. On a des signes positifs, on attend un suivi pour la suite des choses, a précisé la directrice générale de la STM.

Du côté du cabinet de Geneviève Guilbault, nouvellement nommée ministre des Transports, on fait remarquer que les choix budgétaires de la STM relèvent de l’administration municipale et non du gouvernement provincial.

La mobilité durable et le transport collectif sont des priorités de notre gouvernement, ajoute-t-on. Nous appuyons la Société afin qu'elle offre des services adéquats aux citoyens.

La semaine dernière, Radio-Canada avait dévoilé, grâce à une note interne de la STM, que la Société évaluait la possibilité – parmi d'autres – de diminuer son offre de services afin d'équilibrer son budget.

Avec des informations de Carla Oliveira et de Jean-Philippe Hughes

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