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Le N.-B. a obtenu une étude de faisabilité sur le transport municipal des élèves

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À Moncton, un projet pilote avait permis de transporter certains élèves dans des autobus de Codiac Transpo jusqu'en 2012 (archives).

Photo : Radio-Canada / Guy Leblanc

Au Nouveau-Brunswick, le gouvernement provincial a demandé une étude de faisabilité sur l’utilisation du transport collectif pour transporter des élèves.

Le premier ministre Blaine Higgs a évoqué pour la première fois le 18 novembre dernier l’idée d’utiliser des autobus municipaux pour transporter les élèves. Il répondait aux questions des journalistes après que Radio-Canada a dévoilé que la province avait envisagé un système d'autobus scolaires bilingue et privé.

Un rapport daté de juillet détaille les avantages et obstacles à l’utilisation des autobus de ville dans le système scolaire. Le rapport, dont Radio-Canada a obtenu copie, a été rédigé par un comité formé de représentants des municipalités, des districts scolaires anglophone et francophone et du ministère de l’Éducation.

En fin de journée mardi, le ministre de l'Éducation Bill a précisé qu'il n’envisage pas d’avoir recours aux services de transport en commun des principales villes pour transporter des élèves dans les écoles.

Une option compliquée pour le secteur francophone

Le comité a étudié la possibilité d’utiliser les services municipaux dans les villes qui possèdent déjà un système de transport en commun, soit à Moncton, Saint-Jean, Fredericton et Miramichi.

Les exploitants des transports collectifs des régions participantes ne sont pas en mesure de garantir un service en français pour tous les conducteurs, peut-on lire.

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Il serait impossible d'assurer que tous les chauffeurs des autobus municipaux soient bilingues, selon le rapport.

Photo : Autre banques d'images / Guy Leblanc

« L’impossibilité de garantir des services en français aux districts scolaires francophones est un obstacle important. »

— Une citation de  Extrait de l'étude de faisabilité sur le transport collectif municipal

On y indique qu’une mise en œuvre nécessiterait des modifications juridiques, ce qui serait clairement un désavantage pour les districts scolaires francophones.

Le rapport suggère de conserver le système actuel pour le secteur francophone ou de rendre le transport scolaire facultatif pour ces districts, s’il existe un intérêt de leur part.

Michel Côté, président du Conseil d'éducation du District scolaire francophone Sud, a été surpris de voir l'étude et l'accueille plutôt tièdement.

S'ils sont capables de garantir un service avec un environnement francophone, un chauffeur francophone et tout, il pourrait y avoir une portion de notre clientèle pour qui ça pourrait être intéressant, [mais] je ne crois pas qu'une municipalité soit capable de garantir un service en français dans ces autobus de ville, affirme-t-il.

Un système plus cher

Les auteurs du rapport estiment qu’un maximum de 880 élèves anglophones aurait accès au système municipal, ce qui représente moins de 1 % des élèves de ce secteur.

Ils ont comparé les coûts des services de transport scolaire actuel avec ceux des villes.

En zone urbaine, le coût du transport scolaire actuel est de 58,28 $ en moyenne par élève pour un mois.

En tenant compte du nombre d’élèves admissibles et du coût du transport municipal, on estime que le coût moyen mensuel par élève serait de 62,22 $ par mois.

« Par conséquent, en comparant le coût moyen du transport collectif municipal à celui du service de transport scolaire en zone urbaine, on constate que le transport collectif pourrait avoir un coût additionnel net de 34 188 $ par année comparativement au budget actuel. »

— Une citation de  Extrait de l'étude de faisabilité sur le transport collectif municipal

Dans la région de Saint-Jean, on estime qu’un maximum de deux autobus scolaires pourrait être mis hors service, mais selon les analyses, cela ne permettrait pas de réaliser des économies, puisque les autobus et les conducteurs seraient réaffectés ailleurs pour respecter les conventions collectives actuelles.

Des inquiétudes au niveau de la sécurité

Le rapport s’est penché sur deux expériences antérieures au Nouveau-Brunswick. Le District scolaire anglophone Est et la ville de Moncton ont réalisé un projet pilote qui s’est terminé en 2012.

Un autobus circule au centre-ville

Des chauffeurs pourraient avoir de la difficulté à assurer la discipline (archives).

Photo : Radio-Canada / Catherine Allard

Selon le rapport, cette expérience a révélé plusieurs défis, dont le principal était le comportement et la discipline des élèves.

Des plaintes ont été déposées auprès du district scolaire qui, n’ayant pas de contrôle direct sur les élèves dans les autobus de ville, n’avait que très peu d’options de mesures disciplinaires, ce qui s'est traduit par des tensions chez les conducteurs d’autobus, les districts scolaires et les parents, peut-on lire.

Des enjeux de sécurité ont été évoqués, puisque les autobus étaient souvent pleins et que des élèves devaient rester debout.

Le programme s’est terminé en raison d'une grève du syndicat des employés municipaux.

Des avantages pour des familles défavorisées

Le comité s’est aussi penché sur l’expérience du District scolaire anglophone Sud et de la ville de Saint-Jean, en cours actuellement.

Un autobus de la société de transport de Saint-Jean.

Certains avantages ont été notés lors d'un projet entre la ville de Saint-Jean et le District scolaire anglophone Sud (archives).

Photo : CBC

Un nombre limité d’élèves y reçoit un titre mensuel de transport en commun.

Même si le coût par élève est plus élevé, on y remarque des avantages. Les élèves qui utilisent le transport en commun ont plus de flexibilité pour se rendre à des activités périscolaires ou à d'autres activités, comme des stages en entreprise.

Le district a remis des cartes d’abonnement à des familles qui habitent dans des quartiers moins favorisés, ce qui leur permet de bénéficier des services en dehors des heures du transport scolaire.

D’autres obstacles

Selon l’analyse d’un consultant, demandée dans le cadre de cette étude de faisabilité, le nombre de trajets qui pourraient être remplacés varie selon les régions.

Nombre de trajets pouvant être éliminés :

Fredericton : 2 le matin, 1 l’après-midi

Miramichi : 0

Moncton : 3 l’après-midi

Saint-Jean : 5 le matin, 11 l’après-midi

Le rapport souligne également que des modifications devraient être faites à la Loi sur l’éducation et que les changements devraient respecter les conventions collectives actuelles.

On note aussi certains enjeux de confidentialité si des districts devaient partager des informations avec les municipalités.

Enfin, on indique qu’un délai d’au moins un an serait nécessaire pour la mise en œuvre de telles mesures.

Les auteurs du rapport concluent que le passage panprovincial à un système de transport hybride collectif-scolaire représenterait un défi de taille sur le plan opérationnel et coûterait plus cher que le modèle actuel de transport scolaire.

La mise en œuvre d’un service complémentaire plutôt que d’un service de remplacement obligatoire permettrait d’éliminer en partie les points sensibles stratégiques du système actuel.

À noter que le rapport a seulement considéré que les élèves du niveau secondaire seraient en mesure d’utiliser les autobus municipaux, puisque les enfants du primaire et de l’intermédiaire n’ont pas la même autonomie.

Dans une réponse écrite obtenue mardi après-midi, le ministère de l’Éducation indique qu'il n’envisage pas d’avoir recours aux services de transport en commun des principales villes pour transporter des élèves dans les écoles.

Avec des informations de Nicolas Steinbach

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