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Deux nouveaux meurtres résolus à Toronto grâce à la généalogie génétique

Joseph George Sutherland a été arrêté pour les meurtres de Susan Tice et d'Erin Gilmour, commis en 1983.

Deux photographies des victimes en noir et blanc.

Erin Gilmour, 22 ans (à gauche), et Susan Tice, 45 ans, ont été assassinées à quatre mois d'intervalle dans leur résidence respective à Toronto en 1983.

Photo : AVEC L'AUTORISATION DE SEAN McCOWAN ET LA FAMILLE TICE

La généalogie génétique, qui consiste à combiner l'ADN d'un suspect et l'arbre généalogique d'un parent éloigné, a permis d'identifier le suspect des meurtres de Susan Tice et d'Erin Gilmour, agressées et assassinées à Toronto en 1983. Joseph George Sutherland a été arrêté la semaine dernière par la Police provinciale de l'Ontario (PPO) à Moosonee, dans le nord de la province.

Il aura fallu 39 ans pour identifier le suspect, Joseph George Sutherland, dont des traces d'ADN avaient été découvertes sur les victimes. Sutherland, qui a maintenant 61 ans, n'avait même pas été soupçonné à l'époque.

La science n'était pas encore assez avancée en 1983 pour le permettre. Il a fallu attendre le début des années 1990 pour que la technologie de l'ADN fasse ses preuves.

Depuis lors, la récente technologie de la généalogie génétique a permis des avancées indiscutables dans les enquêtes criminelles non résolues en Ontario.

Stéphane Berthomet, en studio à Toronto.

L'expert en affaires policières, Stéphane Berthomet, est le créateur et scénariste du balado «Disparu(e)s.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Bouchard

Le chef de police James Ramer a expliqué que l'arrestation de Sutherland ne ramènera pas les deux victimes à la vie, bien que son service soit soulagé de ce dénouement.

Le 17 août 1983, un parent de Susan Rice lui rendait visite à son domicile de la rue Grace, à Toronto, lorsqu'il a découvert le corps de la femme de 45 ans dans la chambre à l'étage.

Mme Rice avait été agressée sexuellement et poignardée à mort. Elle était mère de quatre adolescents.

Photo d'époque et photo de police du suspect.

Le suspect quand il était un jeune homme (à gauche). Maintenant âgé de 61 ans, il porte sa tenue orange de prisonnier après son arrestation (à droite).

Photo : Radio-Canada

Quatre mois plus tard, le 20 décembre 1983, un ami s'est rendu à l'appartement d'Erin Gilmour, sur l'avenue Hazelton, dans le quartier huppé de Yorkville, pour y faire la même découverte macabre.

La jeune femme de 22 ans avait également été agressée et poignardée à de multiples reprises. Elle était la fille du célèbre magnat des mines David Gilmour.

Le frère d'une victime de meurtre.

Le frère d'Erin Gilmour, Sean McCowan, s'est adressé à la presse pour parler de sa sœur.

Photo : Radio-Canada

Sean McCowan, le frère d'Erin Gilmour, était présent à la conférence de presse de la police à Toronto. Il s'est dit très heureux de l'arrestation du suspect.

C'est un jour que notre famille et moi attendions depuis presque toute une vie, a-t-il précisé. Nous avons maintenant le nom et le visage de quelqu'un qui n'était encore pour nous qu'un fantôme, a-t-il ajouté.

D'une certaine façon, c'est un soulagement qu'un suspect ait été arrêté, mais cette bonne nouvelle nous rappelle le souvenir d'Erin et de son meurtre brutal et insensé, reconnaît-il.

La police de Toronto avait offert une récompense de 200 000 $ pour tenter d'identifier et d'appréhender un suspect dans cette affaire lorsqu'elle s'est rendu compte que les meurtres avaient été commis par le même individu.

Elle avait renouvelé son offre de récompense en 2016, mais en vain.

Un détective en conférence de presse à Toronto.

Le sergent-détective Steve Smith, de l'escouade des homicides et des personnes disparues du Service de police de Toronto

Photo : Radio-Canada

Le sergent-détective chargé de l'enquête, Steve Smith, a affirmé que Sutherland n'aurait jamais été retrouvé sans le recours à la généalogie génétique.

Il ajoute que Sutherland a sa propre famille ainsi qu'une famille élargie dans le Nord de l'Ontario.

Le sergent-détective Smith a néanmoins précisé qu'un interdit de publication l'empêchait d'en dire davantage sur le suspect, si ce n'est qu'il vivait à Toronto à l'époque et qu'il a par la suite déménagé dans plusieurs localités de la province.

Il a affirmé que son équipe a travaillé à rebours en construisant un arbre généalogique à partir des données d'ADN des proches du suspect qui avaient sollicité des services comme Ancestry.ca sur Internet.

Un portrait de Christine Jessop.

La généalogie génétique a permis d'identifier le véritable meurtrier de Christine Jessop, tuée en 1984. Guy Paul Morin avait été condamné pour le meurtre de cette enfant de neuf ans à la place de Calvin Hoover, qui a été arrêté en 2020.

Photo : CBC

En rétrécissant le champ de ses recherches généalogiques jusqu'à Sutherland, le sergent-détective Smith lui a remis un mandat pour que son ADN soit testé à des fins de comparaison avec les échantillons récupérés sur les lieux du crime.

Le sergent-détective Smith a souligné que les corps policiers vont maintenant voir s'il existe des rapprochements entre cet homme et des meurtres non résolus qui ont été perpétrés dans les endroits qu'il a fréquentés depuis 1983.

Joseph George Sutherland devra comparaître au palais de justice du centre-ville de Toronto le 9 décembre pour répondre à des accusations de meurtre prémédité.

D'ici là, il restera en détention dans une des prisons de la métropole.

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