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Ville de Winnipeg : des dossiers relatifs à l’échange de terrains détruits, selon la GRC

Des conclusions d'une enquête de la Gendarmerie royale du Canada portent sur la construction de quatre casernes de pompiers paramédicaux à Winnipeg ainsi que sur 33 transactions immobilières importantes de la Ville.

La caserne de pompiers et d'ambulanciers n° 12 de Winnipeg.

Le terrain où se trouve actuellement la caserne de pompiers et d'ambulanciers de Winnipeg devait faire l'objet d'un échange de terrains à raison de trois pour un, selon la GRC.

Photo : Radio-Canada / Bartley Kives

Radio-Canada

Des documents internes de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) révèlent que les dossiers relatifs à l'échange de terrains en vue de la construction de casernes de pompiers à Winnipeg ont été détruits, tandis que la valeur des propriétés a été modifiée et qu'un employé municipal a subi des pressions pour mentir sur la valeur de terrains.

Ces documents, obtenus par CBC/Radio-Canada grâce à la Loi sur l'accès à l'information, dressent un tableau de ce que la GRC a appris entre 2014 et 2015 dans le cadre de l'opération Dioxyde, l'une des deux enquêtes sur les scandales de construction d'immobilisations et d'immobilier qui ont touché l'Hôtel de Ville il y a 10 ans.

Aucune arrestation, mais des accusations éventuelles

L'enquête n'a donné lieu à aucune accusation. Toutefois, la police n'a pas fermé la porte à la possibilité de futures accusations criminelles liées aux transactions immobilières.

Si un dénonciateur ou un informateur fournit des renseignements, cette affaire pourrait être examinée en vue d'une action ultérieure, a mentionné la caporale Breanne Chanel, de la GRC, dans un document datant de mai 2015.

Parmi les chefs d'accusation envisagés par la police figurent l'abus de confiance par un agent public, la corruption municipale, la fraude de plus de 5000 $ et le versement de commissions secrètes.

Les enquêteurs de l'opération Dioxyde ont examiné les politiques et procédures de la Ville, les commissions secrètes et le processus de passation des marchés. Ils ont également examiné si des éléments de preuve attestent de conflits d'intérêts non divulgués ou si quelqu'un avait tiré des avantages de ces transactions.

Échange de terrains : trois pour un

Les révélations les plus spectaculaires contenues dans les documents de la GRC concernent le programme de remplacement des casernes de pompiers et d'ambulanciers de Winnipeg, dans le cadre duquel la Ville a construit de nouvelles casernes à River Heights, à Sage Creek, à St. James et à Charleswood.

L'ancien chef des pompiers et ambulanciers de Winnipeg, Reid Douglas.

L'ancien chef des pompiers et ambulanciers de Winnipeg, Reid Douglas, a déclaré qu'il avait aidé à organiser l'échange de terrains que le conseil municipal a ensuite refusé.

Photo : Radio-Canada

Ce programme a connu des dépassements de coûts et a fait l'objet d'un scandale à l'Hôtel de Ville en 2012, lorsque CBC/Radio-Canada a affirmé que le chef des pompiers de l'époque, Reid Douglas, avait aidé à négocier un échange de terrains à raison de trois pour un avec la société immobilière Shindico Realty de Winnipeg.

Cette dernière possédait un lot de terrain sur l'avenue Taylor, qui est maintenant le lieu de la caserne de pompiers et d'ambulanciers n° 12.

L'échange proposé aurait permis à la Ville d'acquérir ce terrain en échange de propriétés lui appartenant sur l'avenue Grosvenor, la rue Berry et l'avenue Mulvey Est.

Une fois que le plan a été rendu public en 2012, le conseil municipal a annulé l'accord. Cela a obligé la Ville à exproprier Shindico du terrain de l'avenue Taylor en avril 2014.

Depuis, les deux parties sont en désaccord sur la compensation que la Ville doit à Shindico pour ce terrain.

Justin Zarnowski, le conseiller juridique de Shindico, mentionne qu'une date d'audience devrait être fixée au cours des six premiers mois de 2023 pour régler cette question, selon une déclaration transmise vendredi.

Des transactions effectuées avant l’achat

D'après les documents obtenus, la GRC examinait les actions d'employés occupant divers postes de la Ville de Winnipeg ayant travaillé sur le projet de la caserne de pompiers et d'ambulanciers.

Le rapport d'enquête indique que le chef des pompiers et des ambulanciers avait négocié un accord pour le terrain de la station de Sage Creek et que l'accord d'achat était déjà signé avant qu'un employé municipal ne soit affecté au dossier.

Le rôle de cette personne était de faciliter l'acquisition, ce que la GRC a décrit comme étant inhabituel, étant donné que le terrain avait déjà été acheté.

Des avances ont été versées, alors qu'elles n'auraient pas dû l'être sans l'approbation du conseil municipal [et] il était évident à ce moment-là que l'échange de terrains allait avoir lieu, peut-on lire dans le rapport.

Une autre employée a déclaré à la police qu'elle avait entendu quelqu'un demander à un employé de la Ville de rédiger un rapport indiquant que les évaluations des parcelles de terrain concernées par l'échange avec Shindico étaient de même valeur.

Cette personne a refusé d'écrire le rapport, a-t-elle dit, mais il a quand même été rédigé.

La police a néanmoins déclaré que les mesures prises par les responsables de la Ville ne suffisent pas à prouver qu'un crime a été commis.

Avec les informations de Caroline Barghout, Bartley Kives et Joanne Levasseur

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