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La Ville d’Ottawa toujours « sérieusement préoccupée » par la performance du train léger

Le train léger d'Ottawa.

La Ville d'Ottawa a déposé un grand nombre de preuves auprès du tribunal, le 4 novembre, en prévision d’une audience de trois jours qui aurait dû avoir lieu à la mi-novembre (archives).

Photo : Radio-Canada / Francis Ferland

Radio-Canada

Selon des documents judiciaires, la Ville d’Ottawa est toujours sérieusement préoccupée par le rendement de la ligne de la Confédération et se demande si elle a été conçue, construite et entretenue correctement.

Ces documents, déposés plus tôt ce mois-ci, seront probablement présentés au conseil municipal par l’équipe juridique de la Ville, lundi matin, lors d’une réunion à huis clos.

Le conseil, qui vient à peine d’entrer en poste, sera également mis au parfum de la publication très attendue, mercredi, du rapport final de la Commission d’enquête sur le train léger. Il sera aussi question des efforts déployés par la Ville pour qu’un tribunal déclare que le constructeur du train léger, le Groupe de transport Rideau (GTR) est en défaut de paiement de son contrat de 30 ans.

La Ville a déposé, le 4 novembre, un grand nombre de preuves auprès du tribunal en prévision d’une audience de trois jours qui aurait dû avoir lieu à la mi-novembre. Mais l’audience a été reportée à 2023, à la demande de la Ville qui voulait inclure les problèmes survenus en juillet dernier.

La performance du système continue de poser des problèmes importants et la Ville reste sérieusement préoccupée par la performance du GTR, peut-on lire dans les documents judiciaires.

Défaut de paiement : l’affaire s’éternise

Cela fait presque un an que la Ville s'est tournée vers la Cour supérieure de l'Ontario, lui demandant de confirmer que le Groupe de transport Rideau ne respecte pas ses obligations dans le cadre du contrat du train léger.

Si la Cour accepte, cela permettrait à la Ville de se dégager de son contrat de 30 ans avec la branche maintenance de GTR, d'une valeur d'environ un milliard de dollars.

Le GTR soutient, entre autres, que la Ville a lancé sa bataille en partie pour détourner l'attention de l'enquête publique qui avait été lancée par la province, le mois précédent.

Si cela est vrai, la bataille judiciaire n'a pas été une grande distraction. Elle avance beaucoup plus lentement que l'enquête, sans aucun des témoignages spectaculaires en personne que les audiences publiques de l'été dernier ont permis d'obtenir.

Mais les documents récemment déposés donnent un aperçu de l'inquiétude des responsables de la Ville - ou du moins de leurs avocats - quant à la fiabilité de la ligne de la Confédération.

Voici le point de vue de la Ville sur la gravité des problèmes liés au train léger en juillet dernier, selon les documents judiciaires.

Un wagon arrive à une station du train léger d'Ottawa.

Le Groupe de transport Rideau soutient que la Ville ne peut pas faire des «affirmations générales» non fondées au sujet du réseau de train léger (archives).

Photo : La Presse canadienne / Spencer Colby

La panne de courant du 16 juillet

Une panne de courant a interrompu la ligne entre les stations Tunney's Pasture et Lyon.

Les pannes de courant peuvent survenir sur n'importe quel réseau de transport électrique, explique la Ville, mais dans ce cas, les deux systèmes de secours ont également fait défaut : les batteries de la source d'alimentation sans coupure et le générateur.

L'incident a soulevé une multitude de questions où il semble que le système n'a pas été entretenu correctement ou peut-être pas conçu et construit correctement, selon une lettre du 18 août du directeur des opérations d'OC Transpo, Troy Charter, au PDG de GTR, Nicholas Truchon, incluse dans les documents judiciaires.

Le Groupe de transport Rideau soutient que la Ville ne peut pas faire des affirmations générales non fondées au sujet du réseau de train léger.

Portrait de Troy Charter.

Troy Charter, directeur des opérations d'OC Transpo (archives)

Photo : Radio-Canada / CBC/Matthew Kupfer

De plus, le GTR dit avoir informé la Ville que les batteries tombaient en panne prématurément, que certaines ont été remplacées et qu’un plan pour prévenir d'autres pannes prématurées a été établi.

Le Groupe de transport Rideau dit adapter les générateurs pour qu'ils n'aient pas à être redémarrés par un ingénieur agréé, un processus de conversion qui, selon l'entreprise, devrait être terminé vers la fin de cette année.

Défaillance d'un roulement d'essieu le 21 juillet

La défaillance d'un roulement d'essieu sur un véhicule sur rail léger, découverte après la mise hors service du wagon et le signalement par l'opérateur de vibrations dans son train, est sans doute le problème le plus préoccupant de l'été.

La Ville fait valoir que les mesures prises par l'opérateur ont permis d'éviter ce qui aurait pu être un troisième déraillement sur la ligne principale.

Quelques semaines plus tard, le fabricant de trains Alstom a confirmé que la défaillance était similaire à celle qui a provoqué un déraillement à la station, en août 2021, en raison d'essieux qui n'étaient pas bien alignés.

L'analyse des causes profondes de cet incident, qui remonte à 15 mois, n'est toujours pas terminée.

Deux personnes portent une veste de sécurité et un casque, sur des rails.

Des employés du fabricant de trains Alstom (archives)

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Dans un rapport préliminaire remis en mai 2022, Alstom a largement blâmé la conception de la voie, suggérant que les virages serrés imposaient trop de contraintes aux composants des trains. À ce jour, le train circule à une vitesse beaucoup plus lente dans les courbes situées dans l’est du système.

Le GTR n'est pas d'accord avec l'évaluation du fabricant et a demandé au Conseil national de recherches du Canada d'enquêter. Le Bureau de la sécurité des transports du Canada étudie également le problème.

Pour la Ville, la défaillance d'un essieu survenue le 21 juillet est un signe plus récent de la persistance de problèmes inquiétants sur la ligne de la Confédération.

La Ville a de sérieuses inquiétudes quant à la performance du GTR et de son sous-traitant. La Ville prend très au sérieux tous les problèmes qui peuvent causer des défaillances sur le système et en particulier, tous les problèmes qui augmentent le risque de déraillement, a écrit M. Charter, dans la lettre du 18 août envoyée à M. Truchon.

La foudre du 24 juillet

Ce qui semble avoir été un coup de foudre direct sur le système de caténaire a endommagé 900 mètres de câble aérien entre deux stations. Il a fallu des jours pour les réparer.

Le GTR peut difficilement être blâmé pour le fait que son système ait été frappé par la foudre, et a déclaré dans les documents du tribunal que les affirmations de la Ville selon lesquelles les dommages au système ont été prétendument causés par un coup de foudre sont incendiaires et injustifiées.

La vidéo de sécurité de la Ville, obtenue par CBC, montre clairement les dommages causés par la foudre.

Deux trains.

La Ville d’Ottawa a pris possession du système de train léger sur rail d’une valeur de 2,1 milliards de dollars le 31 août 2019 (archives).

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Pourtant, la Ville souhaite un examen complet des systèmes de sauvegarde pour se protéger contre des problèmes tels que la foudre, ce qui suggère que les dommages causés étaient plus importants que prévu.

Le Groupe de transport Rideau affirme que les plaintes de la Ville, envoyées directement au consortium par lettres ainsi qu'au tribunal, sont inutiles pour son travail et ne servent qu'à détériorer davantage la relation entre les parties.

Avec les informations de Joanne Chianello, de CBC News

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