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Engorgement des urgences : des améliorations, mais rien n’est gagné

Gros plan sur une affiche indiquant la direction pour se rendre à l'urgence d'un hôpital.

La Fédération des médecins omnipraticiens du Québec doute que 50 % des personnes qui se présentent à l'urgence puissent être réorientées ailleurs dans le réseau de la santé pour recevoir des soins.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Un mois après que le gouvernement Legault eut présenté trois mesures visant à désengorger les hôpitaux, des améliorations sont notables, mais pas suffisamment pour sortir les hôpitaux de la zone rouge.

Dimanche, selon les données gouvernementales, le taux d'occupation dans les urgences était considéré comme très élevé dans 12 des 16 régions du Québec (Nouvelle fenêtre). Radio-Canada a tenté d’évaluer les résultats obtenus jusqu’ici par les trois mesures phares annoncées début novembre par le ministre de la Santé, Christian Dubé.

Mesure 1 - Un millier de lits libérés

Afin de libérer 1730 lits d’hôpital actuellement occupés par des patients âgés ne nécessitant plus de soins hospitaliers, le gouvernement Legault s’était donné comme objectif de trouver des places en CHSLD, mais aussi dans des cliniques de réadaptation et des résidences intermédiaires pour aînés.

Au dernier relevé, 1053 places sont ouvertes, soit 61 % de l’objectif, indique le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) par courriel. Pour la région de Montréal, le nombre de patients NSA (c'est-à-dire qui doivent être relogés dans un endroit adapté à leurs besoins en soins) est passé de 756 à 634, note le ministère qui souligne qu’il s'agit d’une baisse de 16 % depuis le 1er septembre.

Historiquement, au Québec, 8 % des lits d’hôpitaux sont pris par ces patients-là, puis ça a monté jusqu’à 13-14 % cet été. Alors c’est vraiment devenu un gros problème, explique le Dr Gilbert Boucher, président de l'association des spécialistes en médecine d'urgence du Québec.

« Les choses s’améliorent graduellement, mais ça va dans la bonne direction. »

— Une citation de  Dr Gilbert Boucher, président de l'ASMUQ

Au début de novembre, le ministre de la Santé Christian Dubé faisait l'annonce de trois mesures visant à désengorger les urgences au Québec, sous forte pression. Un mois plus tard, il y a de l'amélioration, mais les défis demeurent nombreux. Reportage de Marie Isabelle Rochon.

Lorsque l’état de santé des patients le permet, les autorités de santé essaient de privilégier l’attente à la maison plutôt qu’à l’hôpital pour ceux en attente d’une place en hébergement (CHSLD, résidences pour aînés, etc.) Pour Montréal, nous observons actuellement une diminution de 30 % du nombre d’usagers en attente d’hébergement à partir des centres hospitaliers, passant de 212 usagers au 1er septembre à 148 usagers, indique une porte-parole du MSSS. Cela libère des lits pour des patients en ayant réellement besoin.

Mesure 2 - 17 500 appels par semaine au 811

Afin que les usagers puissent avoir accès à un médecin sans passer par les urgences des hôpitaux, le gouvernement mise sur la centrale téléphonique 811, où un agent administratif oriente le citoyen vers le professionnel de la santé qui répondra le mieux à son besoin.

Pour la semaine se terminant le 12 novembre, 17 522 demandes avaient été reçues et 93 % de ces demandes (Nouvelle fenêtre) ont été traitées en moins de 36 heures par le GAP (Guichet d’accès à la première ligne). Mais à Montréal, seulement 78 % des demandeurs ont pu obtenir un rendez-vous.

Dans les cinq régions du Grand Montréal ayant accès au GAP, le degré de satisfaction semble d'ailleurs varier si l’on se fie aux témoignages recueillis par Radio-Canada. Si certains se félicitent d'avoir obtenu un rendez-vous deux heures après un appel ou le lendemain, d’autres sont plus circonspects.

Une femme répond aux questions.

Faute d'avoir pu joindre quelqu'un au 811, Karen Leon s'est tournée vers l'hôpital Sainte-Justine pour son enfant malade.

Photo : Radio-Canada

J'ai pas réussi à parler avec un être humain... Ça fait deux jours que j'essaie de communiquer avec quelqu’un, confie Karen Leon, rencontrée à l’hôpital Sainte-Justine faute d’avoir pu obtenir de rendez-vous ailleurs pour son enfant.

Dans cet hôpital, le taux d’occupation des urgences était de 150 % dimanche.

D’autres essaient de déjouer le système pour obtenir le précieux sésame. Le 811 de Montréal, c'est beaucoup mieux que le 811 de Laval. Moi, j'habite à Laval et, des fois, il faut mentir et dire que j'habite à Montréal, confie un père de famille rencontré au même hôpital.

Médecin de famille dans l’est de Montréal, la Dre Pascale Breault indique que les patients qu'elle reçoit sont généralement satisfaits du nouveau système. C'est sûr qu’il peut y avoir un certain embourbement sans les lignes (téléphoniques), car on est dans une période de demande accrue.

Mais ceux qui ont des conditions qui requièrent vraiment d'être évaluées rapidement sont rapidement transférés vers des rendez-vous, ajoute-t-elle.

Une femme répond aux questions.

Dre Pascale Breault

Photo : Radio-Canada

La Dre Breault reste toutefois lucide. Si c'était simple, ça fait longtemps que ce serait réglé, dit-elle.

Par contre, chaque petite mesure est susceptible d'apporter des avantages et celle-ci, je pense, en est une qui est importante. Surtout du point de vue des patients, parce que ça simplifie leur cheminement dans le système, et donc ils ont une alternative assez facile à trouver par rapport à l'urgence.

Mesure 3 - Bientôt trois nouvelles cliniques spécialisées

La troisième mesure phare présentée au début novembre par le ministre Dubé concerne l’ouverture de cliniques gérées par des infirmières praticiennes spécialisées capables de prodiguer certains soins médicaux autrefois réservés aux médecins.

Une première ouvrira le 1er décembre au CLSC Olivier-Guimond, dans l'arrondissement de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve. Deux autres ouvriront d’ici la fin du mois de décembre au CLSC de Verdun et à l’hôpital Notre-Dame.

L'entrée de l'hôpital Notre-Dame

L'hôpital Notre-Dame est situé rue Sherbrooke Est, à Montréal

Photo : La Presse canadienne / Peter McCabe

Ces nouvelles cliniques ne seront pas de trop, car la hausse des cas de grippe actuelle chez les enfants annonce une vague future chez leurs parents aux alentours de Noël.

C'est ça qui nous fait un petit peu peur. On le voit dans les urgences depuis 4 à 7 jours, il y a beaucoup plus d'influenza, selon le Dr Gilbert Boucher. On le sait, historiquement, 4 à 6 semaines après que les enfants l'ont, c'est au tour des adultes de l’attraper. Puis malheureusement, la prochaine vague ce sera probablement des personnes plus à risque.

Un hypothétique cadeau de Noël malvenu, aussi bien pour les familles que pour le système de santé.

D'après les informations de Marie Isabelle Rochon

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