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Le caribou de la rivière George est toujours vulnérable, mais de l’espoir pointe

L’inventaire de cet été permet un « optimisme prudent » pour l’espèce en danger, qu’il est interdit de chasser depuis une dizaine d'années.

Des caribous de la rivière George aperçus dans la région de Nain au Labrador en 2017.

Des caribous de la rivière George aperçus dans la région de Nain au Labrador, en 2017.

Photo : Brandon Pardy

Radio-Canada

Les caribous migrateurs du troupeau de la rivière George, qui ont été pratiquement anéantis, ne sont pas encore sortis du bois. Le dernier recensement effectué au Labrador et dans le Nord-du-Québec laisse cependant place à un « optimisme prudent » pour l’espèce.

On a dénombré 7200 caribous lors du plus récent recensement, effectué en juillet par les gouvernements de Terre-Neuve-et-Labrador, du Nunatsiavut et du Québec.

Les trois gouvernements indiquent que la population de caribous de la rivière George reste à un niveau bas, et que l’espèce est toujours vulnérable.

Depuis 2020, la population totale a diminué de 11 %. Cependant, la population de caribous adultes a augmenté de 7 % par année, en moyenne, de 2018 à 2022.

Selon le ministère des Pêches, de la Foresterie et de l’Agriculture de Terre-Neuve-et-Labrador, cela est une raison pour envisager avec optimisme les chances de résilience de l’espèce et le rétablissement éventuel d’un cheptel de caribou qui lui permettra de ne pas disparaître complètement.

Ce n’est qu’en 2020 que l’inventaire du caribou de la rivière George avait enfin permis de discerner une augmentation de sa population, la première en 27 ans. Il y avait 5500 caribous en 2018; deux ans plus tard, on en a dénombré 8100.

Le recensement fait cet été indique que les veaux représentent 22 % de la population totale, des niveaux relativement similaires à ceux de 2016 et 2018.

Ces dernières années, on a remarqué des améliorations considérables du taux de survie des femelles adultes et du nombre de faons dénombrés à l’automne, comparativement à ce que l’on voyait avant l’interdiction de la chasse au caribou de la rivière George, en 2013, indique le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador.

Au Québec, la chasse sportive du troupeau de la rivière George a été suspendue en 2012 pour une durée indéterminée, selon le gouvernement québécois. Terre-Neuve-et-Labrador a décrété un moratoire sur la chasse à cet animal depuis 2013.

Ces décisions furent prises après le déclin abrupt de l’espèce. La population a en effet diminué d’au moins 98 % depuis 2001.

Dans la seconde moitié du 20e siècle, on estimait que la population de caribous dans cette région était de plus ou moins 800 000 têtes. Selon le gouvernement québécois, la chasse, la présence accrue de prédateurs comme les ours noirs et la détérioration de certains habitants sont parmi les facteurs qui ont causé le déclin.

Nunatsiavut : obligation morale de sauver le caribou

Le moratoire sur la chasse est aussi un sujet délicat pour les Autochtones, car toute chasse, y compris celle de subsistance, est interdite.

Dans un communiqué le 23 novembre, le ministère des Pêches, de la Foresterie et de l’Agriculture de Terre-Neuve-et-Labrador a indiqué que de la chasse illégale se faisait toujours dans la région. Elle est pratiquée par un petit nombre de personnes, ce qui continue de retarder et de menacer le rétablissement du caribou, sermonne le ministère.

Le gouvernement du Nunatsiavut, au Labrador, demande aux bénéficiaires de l’accord sur les revendications territoriales entre les Inuit du Labrador et les gouvernements provincial et fédéral de respecter l’interdit sur la chasse au caribou de la rivière George.

En décrétant le moratoire, le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador affirmait vouloir rétablir les populations de caribous à des niveaux qui permettraient à des générations d’Autochtones de reprendre leurs activités traditionnelles de chasse, puisqu’il s’agit d’une activité importante pour ceux de cette région.

En tant qu’Inuit du Labrador, nous devons nous engager à assurer la viabilité de ce troupeau, à défaut de quoi nous perdrons une autre partie importante de notre culture et de notre mode de vie, a déclaré Terry Vincent, ministre des Terres et des Ressources naturelles au gouvernement du Nunatsiavut, dans un communiqué le 24 novembre.

Nous avons une obligation morale de protéger ce troupeau pour que les futures générations d’Inuit du Labrador puissent récolter cette ressource de façon durable, a-t-il ajouté.

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