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Toronto ne fermera pas le magasin Shroomyz, mais la police pourrait traquer les vendeurs

La façade du magasin Shroomyz à Toronto.

Le magasin Shroomyz a ouvert ses portes en septembre dernier sur la rue Queen Ouest.

Photo :  CBC News / Sara Jabakhanji

Radio-Canada

La Ville de Toronto ne prévoit pas fermer le seul magasin de champignons hallucinogènes de la ville malgré une perquisition et l’arrestation de deux personnes qui y travaillaient plus tôt ce mois-ci.

Alors que la vente de psilocybine – l'ingrédient actif des champignons hallucinogènes – est illégale en vertu de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances (LRDS), le magasin Shroomyz a ouvert ses portes en septembre dernier sur la rue Queen Ouest.

Ce commerce fonctionne dans une sorte de zone grise et des avocats estiment qu’il est absolument nécessaire de combler ce vide, même si cela peut comporter des risques pour le public.

Paul Lewin, un avocat spécialisé dans les questions entourant le cannabis et les drogues psychédéliques, n’est pas surpris que Shroomyz ait ouvert ses portes dans la ville compte tenu de l’accès difficile à la psilocybine pour les personnes qui en ont besoin à des fins médicales. Il s’attendait toutefois à ce que la police intervienne.

De nombreux patients pourraient bénéficier de la psilocybine à des fins médicales, mais ils n’y ont pas accès. C’est une substance qui peut faire beaucoup de bien, mais le gouvernement rend son accès très difficile, déplore-t-il.

« Il y a un sentiment général que la loi est déconnectée. »

— Une citation de  Paul Lewin, avocat spécialisé en drogues psychédéliques

Jusqu'à la législation de 2018, la Ville de Toronto sanctionnait les commerces de cannabis lorsqu’ils étaient illégaux. Mais depuis, elle a adopté une approche non interventionniste.

D'ailleurs, la Ville confirme que le magasin Shroomyz n'avait pas de permis commercial mais que toute répression de ses activités serait une affaire de police.

La Ville de Toronto n'a pas compétence pour appliquer la Loi réglementant certaines drogues et autres substances (LRDS) et aucune licence commerciale n'est délivrée pour ce type d'entreprise, a déclaré Naomi Ahmad, porte-parole de la Ville, dans un communiqué.

Dans une précédente entrevue, le gérant de Shroomyz avait déclaré, sous le couvert de l’anonymat, que son magasin existait en tant que protestataire médical.

Il avait expliqué que son commerce vendait des produits à base de psilocybine à des fins strictement médicales, en admettant que cela n'empêche pas les utilisateurs récréatifs d'acheter dans le magasin.

D'après le site Web de Shroomyz, les clients doivent remplir un formulaire médical dans le magasin pour acheter des produits à base de psilocybine.

Intervention policière

Le 13 novembre dernier, la police de Toronto a perquisitionné le commerce et arrêté puis inculpé deux hommes pour la première fois depuis l'ouverture du magasin.

La police a déclaré qu'il n'y avait pas d'enquête en cours. Elle est consciente que le commerce a rouvert et elle affirme qu’elle continuera d’appliquer la loi au besoin.

Jusqu'à présent, cette année, la police a procédé à 38 arrestations pour des accusations liées à des hallucinogènes comme la psilocybine, le LSD et le DMT.

Des études sur la psilocybine sont toujours en cours et des experts médicaux ont déclaré que les risques réels liés à l'utilisation de cette substance sont toujours à l'étude.

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