•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Paul St-Pierre Plamondon « en mode solution » pour extirper le PQ du banc de touche

À l'avant-veille de la rentrée parlementaire, l'avenir des trois députés péquistes élus demeure un mystère.

Paul St-Pierre Plamondon devant les micros des journalistes.

Paul St-Pierre Plamondon n'a pas précisé si les députés élus du Parti québécois allaient finalement prêter serment pour siéger au parlement à compter du 29 novembre.

Photo : Radio-Canada

À deux jours de la rentrée parlementaire, le suspense reste entier en ce qui a trait à la décision des trois députés péquistes de prêter serment – ou non – au roi Charles III, passage obligé pour siéger à l'Assemblée nationale.

Pour pouvoir participer aux travaux parlementaires et notamment siéger au Salon bleu, tous les députés doivent prononcer deux serments. Or, les trois députés du Parti québécois n'ont prêté serment qu’au peuple québécois et pas à Charles III. Donc, en principe, il ne peuvent pas siéger pour l'instant.

Si le chef du Parti québécois (PQ) n'a pas voulu s'exprimer à ce sujet dimanche, il songe néanmoins à enrichir ses équipes de « co-porte-paroles extraparlementaires » pour appuyer les élus. Au nombre de 10 à 15, ils ne seront pas rémunérés mais pourront assister aux réunions du caucus et représenter l'opposition péquiste à certaines occasions. Leur mandat précis et les modalités de leur rôle demeurent à définir. Sauf erreur, ce type de fonctionnement constitue un précédent.

On a toute la légitimité pour représenter les citoyens dès mardi prochain, a de son côté assuré le député péquiste Joël Arseneau. On va s'assumer, a-t-il ajouté.

Une annonce officielle assez imminente devrait être effectuée par le parti, a promis son chef en marge d'une conférence interne du parti dimanche en indiquant seulement que toutes les options sont sur la table.

Un des trois députés péquistes pourrait par exemple « se sacrifier » et prêter serment au roi Charles III afin de pouvoir participer aux travaux et poser des questions en Chambre en attendant que le gouvernement Legault dépose un projet de loi pour mettre fin à l'obligation de prêter serment à la monarchie britannique.

Reste à voir si le gouvernement agira dans ce sens avant les Fêtes, sachant que le délai sera très court, puisque les députés ne siégeront que pendant huit jours d'ici Noël. C'est un peu de la comédie dans les deux prochaines semaines. Huit jours, dont les vœux de Noël, dont l'élection de la présidence, dont le discours du premier ministre, a confié le député péquiste Pascal Bérubé en mêlée de presse.

Pas la reconnaissance parlementaire souhaitée

Autre pierre d'achoppement qui l'isole davantage, le PQ n'a pas réussi à obtenir la reconnaissance parlementaire souhaitée dans l'opposition officielle.

En ce qui concerne les droits de parole, l'opposition péquiste voulait obtenir la garantie de pouvoir poser une des neuf questions par jour en provenance des rangs de l'opposition. On lui a offert de pouvoir poser cinq questions par cycle de 100 questions. La chose a été réglée à sept questions par cycle, soit deux par semaine dans les faits.

Le PQ tenait aussi à avoir un siège au Bureau de l'Assemblée nationale (BAN), chargé de gérer notamment les différends entre les parlementaires et de prendre les décisions relatives au fonctionnement de l'Assemblée. On le lui a refusé, lui offrant en échange un statut d'observateur sans droit de parole.

Sans cacher son amertume devant cette décision pénalisante, Paul St-Pierre Plamondon a reproché aux partis adverses un manque de solidarité et un manque de sens du devoir démocratique dans le fait de ne pas reconnaître le PQ, de ne pas lui laisser une place pour poser une question une fois par jour.

Pour un parti d'opposition, la reconnaissance officielle constitue en effet une question fondamentale. Elle a un impact direct sur le financement accordé au groupe parlementaire et sur le temps de parole alloué pour qu'il puisse se faire entendre en Chambre, notamment à la période de questions.

« C’est très difficile de comprendre comment un parti d’opposition, qui a obtenu près de 15 %, [...] n’a pas le droit de prendre la parole ni de poser des questions sur l’actualité. »

— Une citation de  Paul St-Pierre Plamondon, chef péquiste

Dans ce contexte, le Parti québécois, qui n'a fait élire que trois députés en recueillant 14,6 % du vote populaire, devra se tourner vers d'autres sources de financement pour compenser un budget très, très faible et chercher d'autres moyens de se faire entendre à l'Assemblée nationale.

Être innovant

Les solutions évoquées dimanche par M. St-Pierre Plamondon incluent le lancement d'une campagne de sociofinancement afin d'embaucher de un à deux employés supplémentaires en récoltant 120 000 $ d'ici deux mois.

À nous de travailler en étant innovants, a fait valoir M. St-Pierre Plamondon.

Quant à l'espace accordé aux partis à la période de questions, un espace de choix pour le débat critique en politique, le chef péquiste a évoqué la possibilité de transmettre ses questions... aux journalistes.

« Les partis se sont entendus pour tout s’accaparer ensemble, [...] c’est assez grave et décevant. Ce qui s’est passé, ce n'est pas bon pour l’image de la démocratie et de la politique. »

— Une citation de  Paul St-Pierre Plamondon, chef du PQ

Québec solidaire a augmenté son budget de presque un million de dollars alors qu'ils n'ont qu'un député de plus. Ils ont obtenu [satisfaction à] toutes leurs demandes. Les libéraux vont avoir pas moins de 4,5 millions de budget alors qu'ils ont eu moins de votes que le Parti québécois, a constaté le chef péquiste en entrevue à La Presse canadienne. Il a rappelé que pendant ce temps, lui-même devra se contenter d'un budget annuel de 570 000 $ pour diriger la troisième opposition.

Même déception au PCQ

De son côté, le chef du Parti conservateur (PCQ) a indiqué qu'il enverrait dès mardi, à l'ouverture des travaux parlementaires, une lettre à la présidence de l'Assemblée nationale pour réitérer ses demandes. Éric Duhaime veut aussi pouvoir tenir des points de presse à l'intérieur de l'Assemblée nationale, y avoir un bureau pour y recevoir des représentants de groupes d'intérêt et pouvoir participer aux discussions à huis clos entre les partis reconnus. Les demandes financières ne figurent plus au menu.

Dimanche, M. Duhaime a appelé ses collègues politiciens à s'élever au-dessus de la partisanerie politique, comme l'avaient déjà fait certains anciens politiciens comme Françoise David (ex-cheffe de QS) et Jean-Pierre Charbonneau (ex-député du PQ).

Avec les informations de Véronique Prince, de Magalie Masson et de La Presse canadienne

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

En cours de chargement...