•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Sao Tomé-et-Principe : quatre morts dans une tentative de coup d’État

Carlos Vila Nova sort d'une voiture, masqué.

Le président de Sao Tomé-et-Principe, Carlos Vila Nova

Photo : Reuters / John Thys

Agence France-Presse

Quatre personnes sont mortes dans la nuit de jeudi à vendredi à Sao Tomé-et-Principe lors d'une tentative de coup d'État manquée.

Deux enquêtes ont été ouvertes, la première concernant l'attaque d'une caserne militaire et l'autre pour meurtre et torture de quatre auteurs présumés.

L'armée avait annoncé avoir déjoué vendredi une tentative de coup d'État dans ce petit archipel lusophone, considéré comme un modèle de démocratie parlementaire en Afrique.

Elle a précisé dimanche que quatre vies humaines ont été perdues, dont trois en raison de leurs blessures, après des échanges de tirs dans un site militaire, selon le chef d'état-major des forces armées cité par l'agence de presse gouvernementale STP-Press.

Ce dernier a affirmé que 12 soldats de l'armée sont impliqués dans la tentative de coup d'État.

L'une des victimes, Arlecio Costa, est un ancien mercenaire santoméen du sulfureux groupe sud-africain Bataillon Buffalo, démantelé en 1993 par Pretoria. Il est accusé par le premier ministre, Patrice Trovoada, d'être l'un des commanditaires.

Patrice Trovoada à une table de conférence.

Patrice Trovoada, premier ministre de Sao Tomé-et-Principe

Photo : Getty Images / Lintao Zhang

Quatre citoyens et 12 soldats de l'armée et du bataillon Buffalo ont tenté d'occuper des installations militaires et ont tous été neutralisés et capturés, avant que trois d'entre eux ne décèdent des suites de leurs blessures, a assuré la même source à l'agence santoméenne, affirmant que l'armée a tenté au maximum de préserver leurs vies en les conduisant à l'hôpital.

L'arrestation de M. Costa avait été annoncée par les autorités vendredi. Il est décédé après avoir sauté d'un véhicule, assure l'armée, sans donner de détails.

Une source judiciaire contactée par l'AFP n'a pas pu indiquer où se trouvait M. Costa au moment de son arrestation, mais a confirmé l'ouverture de deux enquêtes, l'une visant l'attaque présumée d'une caserne militaire dans la capitale, et l'autre pour des faits de torture et de meurtre de quatre auteurs présumés.

Des tentatives répétées

En février 2009, alors chef d'un petit parti d'opposition, Arlecio Costa avait déjà été arrêté et accusé d'être le meneur d'une tentative déjouée de coup d'État 12 jours auparavant.

Quatre hommes, dont l'ex-numéro 1 du Parlement, Delfim Nevès, ont été arrêtés vendredi après avoir été dénoncés par un commando de quatre hommes capturés après six heures d'échanges de tirs au quartier général de l'armée, qu'ils avaient attaqué dans la nuit, avait affirmé M. Trovoada après les événements.

M. Nevès était le président de l'Assemblée nationale sortante et a perdu cette fonction le 11 novembre lors de l'installation de la nouvelle chambre issue des législatives du 25 septembre, remportées à la majorité absolue par le parti de centre droit de M. Trovoada, l'Action démocratique indépendante (ADI).

Certains n'acceptent pas la volonté des urnes, avait lâché M. Trovoada.

À l'issue d'un conseil des ministres qui s'est tenu dimanche, le gouvernement a fermement condamné ce qu'il qualifie de tentative violente de subversion de l'ordre constitutionnel, assurant que toutes les enquêtes seront menées pour déterminer les causes et les circonstances des décès, outre les investigations pour déterminer les responsabilités lors de la tentative manquée de coup d'État.

Le gouvernement a notamment exhorté les services hospitaliers à préserver correctement les corps des victimes, ajoutant qu'une équipe internationale, comprenant un médecin légiste, doit rejoindre l'archipel pour appuyer les équipes d'enquêteurs.

Le président de la Communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC), Gilberto da Piedade Verissimo, et Abdou Abarry, chef du bureau de l'ONU pour l'Afrique centrale, ont effectué une mission d'information ce week-end dans l'archipel, ont annoncé les deux organisations dans un communiqué conjoint.

À la suite de plusieurs tentatives de coup d'État, les dernières en 2003 et 2009, le régime parlementaire s'est affirmé dans cet archipel pauvre, indépendant du Portugal depuis 1975, ce qui a permis plusieurs alternances entre deux partis: le Mouvement de libération du Sao Tomé-et-Principe-Parti social-démocrate (MLSTP-PSD, centre-gauche) et l'ADI de M. Trovoada.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

En cours de chargement...