•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Cinq familles d’accueil avant d’être adopté, Nico partage son histoire

Un enfant se balance sur une balançoire dans un parc.

Près de 650 enfants au Nouveau-Brunswick attendent d'être adoptés.

Photo : getty images/istockphoto / David Carpio

Radio-Canada

Nico est passé par cinq familles d’accueil avant de devenir officiellement un Lanteigne, lorsqu’il a été adopté à l’âge de 12 ans, au Nouveau-Brunswick. Maintenant âgé de 27 ans, il partage son parcours.

Nico Lanteigne avait environ 2 ans lorsqu’il a été placé dans sa première famille d’accueil.

Alors trop petit pour comprendre, ce premier entourage familial a été très marquant pour lui : Je n’avais jamais vraiment su que j’étais dans une famille d’accueil tout ce temps-là, dit-il. Les personnes qui étaient avec moi — la famille d’accueil — avaient déjà deux garçons, un peu plus vieux que moi. Pour moi, c’était mes frères parce que je ne savais pas que j’étais dans une famille d’accueil. Pour moi, la famille qui était là pour moi, c’était maman et papa, mais ce n’était pas vraiment maman et papa.

Si ce n’était pas officiellement maman et papa, c’est qu’il n’y avait pas encore eu d’adoption. Nico Lanteigne allait devoir vivre encore dans plusieurs autres maisons avant d’arriver chez lui.

« Ça a été vraiment difficile pour moi au début parce qu’on dirait que personne ne t’aime, on dirait que le monde veut juste se débarrasser de toi. »

— Une citation de  Nico Lanteigne

Tu sais, tu changes de famille d’accueil et c’est différentes règles, différentes manières de vivre. Ça a reflété sur mes notes scolaires, ça a reflété sur mon comportement aussi, se remémore-t-il.

La famille Lanteigne, enfin !

C’est à l’âge de 12 ans que Nico Lanteigne a finalement été adopté par la famille Lanteigne.

La famille Lanteigne.

Évelyne, Florence, René, Denis et Nico Lanteigne (à droite). Nico a été adopté à l'âge de 12 ans.

Photo : Gracieuseté

Ça a été vraiment vite dans ma tête que oui, je voulais faire partie de la famille, raconte Nico Lanteigne.

S’il avait toujours été le plus jeune ou enfant unique dans les autres familles d’accueil, il changeait maintenant de rôle, dit-il : avec un nouveau frère et une sœur plus jeunes que lui, il devenait maintenant le grand frère.

Je devenais la personne mature, la personne [qui devait montrer l’exemple], raconte-t-il. Je savais comment j’étais quand je suivais les autres […] alors je savais comment je devais agir pour pas qu’ils fassent les affaires que j’ai faites, ou que je ne devrais pas faire devant eux.

Les parents adoptifs de Nico, Florence Caissie et son conjoint René Lanteigne, savaient que ce dernier allait à la même école que leurs deux enfants Denis et Évelyne lorsqu’ils ont commencé les démarches pour l’adopter.

Je me souvenais qu’Évelyne avait fait un poème […] en première année. J’avais trouvé cela mignon et je l’avais collé dans une des armoires chez nous. […] elle avait été jumelée avec un petit garçon, qui à ce moment-là était en cinquième année, qui s’appelait Nico et le poème avait été écrit par Évelyne et Nico, raconte Florence Caissie.

Sans le savoir, Nico avait déjà depuis longtemps sa petite empreinte dans ce qui deviendrait plus tard son chez-soi permanent.

Traumatismes subis en début de vie

Novembre est le mois national de la sensibilisation à l’adoption. Au Nouveau-Brunswick, près de 650 enfants attendent d’être adoptés.

Les enfants sans parents peuvent passer parfois dans plusieurs familles d’accueil, avant de se faire adopter.

Les familles d’accueil, moi je leur lève mon chapeau parce que ce n’est même pas un travail, c’est une vocation. Il faut vraiment que tu aies la flamme pour le faire parce que c’est de toute beauté ce qu’une famille d’accueil peut apporter à un enfant, dit la coordonnatrice à la Fondation du Nouveau-Brunswick pour l’adoption, Candy Roussel.

Un ourson en peluche rose sur un plancher.

Novembre est le mois national de la sensibilisation à l’adoption.

Photo : Radio-Canada / Rick Gibbs

L’étape du passage en famille d’accueil permet de donner à des enfants une stabilité avant d’être adopté. Or, pour les enfants sans parents qui finissent par être adoptés, nombreux sont ceux qui sont ensuite aux prises avec des traumatismes complexes liés au développement, souligne Candy Roussel.

« Si on se met à leur place : les odeurs sont différentes, la nourriture est différente, les sens sont différents. Tout est différent pour ces enfants-là. Ils n’ont plus de repères de ce qu’ils connaissent. »

— Une citation de  Candy Roussel, coordonnatrice à la Fondation du Nouveau-Brunswick pour l’adoption

Des webinaires, des tables rondes et du partage de ressources pour aider les parents et les enseignants à mieux comprendre la situation des enfants vivant ce type de traumatismes sont d’ailleurs offerts tout au long du mois par la Fondation du Nouveau-Brunswick pour l’adoption.

De son côté, Nico Lanteigne constate tout de même que la famille d’accueil est une bonne étape pour un enfant qui cherche une famille. Les familles d’accueil venaient avec des frères ou sœurs avec qui jouer, faire du sport, dit-il.

Néanmoins, c’est un système assez complexe, dit-il, avec du recul.

C’est sûr que moi, avec tous ces événements-là, j’ai quand même beaucoup de facilité à m’attacher à quelque chose assez rapidement parce que ça a pris longtemps avant que j’aie pu avoir quelque chose ou quelqu’un qui s’accroche à moi, raconte-t-il.

Nico Lanteigne a maintenant 27 ans, est fiancé et compte fonder une famille.

Témoignages sur le processus d'adoption

ÉMISSION ICI PREMIÈRE • Michel le samedi

Une petite fille exhibe un dessin d'elle-même et de ses parents.

Avec les informations de Noémie Avidar et de l'émission Michel le samedi

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

En cours de chargement...