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Discussions sur l’agrandissement du parc marin du Saguenay–Saint-Laurent

Un béluga nage à la surface de l'eau.

Une grande lacune du parc actuel est qu'il ne couvre pas l’entièreté de l’aire essentielle des bélugas.

Photo : Courtoisie : Alexandre Shields

Le gouvernement du Québec confirme que des discussions ont cours avec Ottawa sur un éventuel projet d'agrandissement du parc marin du Saguenay–Saint-Laurent. Si ces négociations sont concluantes, les deux gouvernements pourraient en faire l'annonce dès le mois prochain. Ils le feraient à la faveur de la grande conférence internationale des Nations unies sur la biodiversité à Montréal.

C'est le quotidien Le Devoir qui a d'abord évoqué la possibilité d'une entente à ce sujet. Dans les milieux spécialisés comme le Comité de coordination du parc marin, on évoque librement ce scénario avec l'espoir qu'il se réalise rapidement.

Le directeur général de la Société pour la nature et les parcs (SNAP Québec), Alain Branchaud, affirme que tout est en place pour que les gouvernements annoncent des mesures concrètes de protection de la biodiversité lors de la COP15.

Le gouvernement fédéral a fait son camp. Il va opter pour l’agrandissement du parc marin, qui semble être l’option favorite du gouvernement du Québec. On espère que le gouvernement du Québec va saisir l’occasion et profiter de la COP15 pour annoncer conjointement avec le gouvernement fédéral l’agrandissement du parc marin, estime Alain Branchaud.

Selon lui, la COP15 est l'occasion pour les gouvernements canadien et québécois de pousser à la roue et d'envoyer un signal clair selon lequel ils sont engagés dans la protection des écosystèmes marins.

Alain Branchaud, directeur général de la Société pour la nature et les parcs du Canada, section Québec.

Alain Branchaud, directeur général de la Société pour la nature et les parcs du Canada, section Québec

Photo : Radio-Canada / Laurent Boursier

Professeur émérite à l’Institut des sciences de la mer de Rimouski (ISMER-UQAR) et président du comité de coordination du parc marin, Émilien Pelletier estime lui aussi que les négociations avancent rondement. Selon ses informations, les discussions sont très bien entamées entre Québec et Ottawa avec les autorités du parc marin pour présenter les paramètres d’un éventuel agrandissement.

Le cabinet du ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs indique que des échanges sont en cours entre les deux gouvernements sur plusieurs projets, dont celui du parc marin du Saguenay–Saint-Laurent.

Le gouvernement fédéral et Parcs Canada n’ont pas répondu à nos demandes d'entrevue.

Illustration d'un

Engagement clair demandé

La SNAP Québec demande depuis plusieurs mois l'agrandissement du parc marin. C’est un modèle qui est éprouvé, qui donne des résultats concrets pour la protection et la conservation de la biodiversité, avance Alain Branchaud.

Le parc marin du Saguenay—Saint-Laurent, créé en 1998 et fruit d'une collaboration entre le fédéral et le provincial, est de ce fait doté d'une structure qui implique les deux ordres de gouvernement.

L’option de l’agrandissement est ainsi plus facile à réaliser que la création d'une seconde zone de protection, qui impliquerait la création d’une nouvelle loi, selon les deux experts consultés. On peut simplement, par décret, modifier les limites du parc marin actuel, après des consultations évidemment, explique le directeur général de la SNAP Québec.

Techniquement et politiquement, c’est plus simple. Et c’est là que semblent s’aligner les planètes entre le gouvernement provincial et le gouvernement fédéral. On a mutuellement un intérêt politique et socioéconomique à agrandir les limites, ajoute Émilien Pelletier.

Émilien Pelletier répond aux questions de Radio-Canada.

Émilien Pelletier s'intéresse depuis plusieurs années aux aires marines protégées.

Photo : Radio-Canada

Cette expansion, si elle se concrétise, pourrait résoudre une grande lacune du parc actuel : il ne couvre pas l’entièreté de l’aire essentielle des bélugas, qui est pourtant le premier objectif de protection du parc marin, rappelle le professeur émérite et président du comité de coordination du parc marin.

On voit très clairement qu’on ne couvre même pas 50 % de l’aire d’occupation, donc on a toujours espéré que l'aire qui n'est pas protégée le sera éventuellement, explique Émilien Pelletier. D'ailleurs, il dit sentir une sensibilité accrue à Ottawa et une nouvelle écoute à Québec en ce qui a trait aux enjeux de protection du territoire maritime.

Une carte du fleuve montre le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent et l'aire d'habitat du béluga, beaucoup plus vaste.

Le parc marin ne couvre pas la moitié de l'aire d’occupation du béluga dans le Saint-Laurent, selon Émilien Pelletier.

Photo : Radio-Canada

Doubler la superficie

Alain Branchaud croit que la zone du parc marin pourrait doubler si l’habitat des bélugas est pris en compte dans les calculs d’expansion. Le parc pourrait s’étendre de Baie-Saint-Paul jusqu’à Trois-Pistoles et jusqu'aux Escoumins, selon Émilien Pelletier.

« Actuellement, le parc marin coupe l’estuaire en deux sur la longueur, ce qui n’a aucun sens du point de vue écologique. Le béluga, il ne sait pas qu’il y a une ligne au milieu. »

— Une citation de  Émilien Pelletier, professeur émérite à l’Institut des sciences de la mer de Rimouski

Il ajoute que l’expansion apporterait une protection majeure aux mammifères marins puisque les embarcations ne pourraient plus s'en approcher, comme c’est le cas dans le parc marin­.

Avec les informations de Camille Lacroix

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