•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Il faut adapter la Loi sur les mesures d’urgence aux nouvelles menaces, dit Mendicino

Le ministre fédéral de la Sécurité publique, Marco Mendicino, et l'animateur Daniel Thibeault.

Le ministre Marco Mendicino répond aux questions de Daniel Thibeault à l'émission « Les coulisses du pouvoir ».

Photo : Radio-Canada

Micheline Laflamme

Le gouvernement de Justin Trudeau tire déjà des conclusions de son recours à la Loi sur les mesures d’urgence (LMU) avant même d’avoir reçu le rapport du juge Paul Rouleau, chargé d’enquêter sur son invocation, l’hiver dernier. La loi doit être modernisée, selon le ministre fédéral de la Sécurité publique, Marco Mendicino.

L’occupation du centre-ville d'Ottawa et les barrages routiers aux frontières orchestrés par les sympathisants du convoi de la liberté démontrent que les outils à la disposition des forces de l’ordre ont besoin d’être actualisés.

Il y a une évolution des menaces à la sécurité publique au chapitre de l’idéologie et de la rhétorique extrémistes, a déclaré M. Mendicino dans une entrevue accordée aux Coulisses du pouvoir.

Les médias sociaux et les campagnes de sociofinancement n’existaient pas lors de l’adoption de la LMU, en 1988. Le contexte géopolitique a bien changé et l’ingérence étrangère ne se manifeste pas nécessairement de la même façon.

Le ministre Mendicino croit que le rapport du juge Rouleau donnera des pistes de discussion aux élus. Le commissaire Rouleau doit non seulement déterminer si le gouvernement Trudeau avait de bonnes raisons de recourir à la LMU, mais aussi évaluer s’il y a lieu d’y apporter des modifications.

Daniel Thibeault et Marco Mendicino.

L'animateur Daniel Thibeault écoute son invité, le ministre Mendicino.

Photo : Radio-Canada

Le ministre de la Sécurité publique affirme qu’Ottawa devait s’en servir compte tenu de l’ampleur du mouvement. C'était vraiment difficile pour les services policiers, non seulement pour restaurer, mais aussi pour maintenir la sécurité publique.

M. Mendicino, six autres ministres et le premier ministre Trudeau ont témoigné la semaine dernière devant la Commission pour expliquer en quoi la crise qui secouait le pays représentait un danger pour l’ordre public.

Chacun a détaillé les raisons qui l'ont poussé à appuyer la décision du gouvernement. Pour la ministre des Finances, Chrystia Freeland, la sécurité économique du pays était en péril. Pourtant, l’argument financier n’est pas mentionné dans la loi.

Dans le cas de M. Mendicino, c’est l’appel de la commissaire de la Gendarmerie royale du Canada (GRC). Brenda Lucki, le 13 février, soit la veille de l’invocation de la Loi sur les mesures d’urgence, qui a été déterminant.

Le ministre Marco Mendicino et l'animateur Daniel Thibeault.

Le ministre Marco Mendicino explique qu'il faut moderniser la Loi sur les mesures d'urgence.

Photo : Radio-Canada

Elle l’avait alors alerté de la présence à Coutts, en Alberta, d’une cellule de manifestants armés jusqu’aux dents et prêts à mourir pour la cause. C'était une situation très grave, très sérieuse. Et ce sont [les informations qu’elle m'a révélées] pendant cette conversation qui ont influencé mon avis.

Le directeur du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), David Vigneault, était lui aussi persuadé qu’il fallait recourir à l’état d’urgence, même s’il considérait que ni le convoi de la liberté ni les barrages routiers ne représentaient une menace à la sécurité nationale.

La présence d'individus idéologiquement motivés, des manifestations imprévisibles et l’absence de plan pour restaurer l’ordre l’ont amené à dire que les moyens en place n’étaient pas suffisants.

C’est un ensemble de facteurs qui ont fait pencher la balance, a déclaré M. Mendicino. Il y avait des lacunes dans les lois, a-t-il indiqué; il fallait empêcher des sympathisants de traverser la frontière pour rejoindre les manifestants, trouver des moyens pour remorquer les camions qui obstruaient les rues et utiliser des outils financiers pour convaincre les protestataires de rentrer chez eux. La LMU leur a permis de régler ces problèmes.

Tout le monde a fait pour le mieux dans des circonstances très difficiles. Et en tant que ministre de la Sécurité publique, mon job est de protéger tous les Canadiens et toutes les Canadiennes. Et ça, c'est exactement le résultat de la décision de l’invocation de la Loi sur les mesures d'urgence.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

En cours de chargement...