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Chine : un incendie meurtrier attise la colère contre le « zéro COVID »

Manifestation contre les mesures de lutte contre le coronavirus (COVID-19) dans la ville d'Urumqi, dans le Xinjiang-Uygur, en Chine, sur cette capture d'écran obtenue à partir d'une vidéo publiée le 25 novembre 2022.

La politique « zéro COVID » aurait ralenti les secours lors d’un incendie mortel dans le Xinjiang, ce qui a attisé la colère sur les réseaux sociaux.

Photo : Reuters

Agence France-Presse

Un incendie mortel dans le Xinjiang, dans le nord-ouest de la Chine, a attisé sur les réseaux sociaux la colère contre la politique « zéro COVID » pratiquée par Pékin, une mesure stricte accusée par les internautes d'avoir ralenti les secours.

Dix personnes sont mortes et neuf autres ont été blessées dans l'incendie d'un immeuble résidentiel jeudi à Urumqi, la capitale régionale du Xinjiang, selon l'agence Chine nouvelle.

Depuis vendredi, des messages circulant sur les réseaux sociaux en Chine et à l'étranger affirment que les confinements anti-COVID en vigueur dans la ville ont entravé l'arrivée des pompiers sur les lieux du drame. Des vidéos ont, dans le même temps, montré des groupes de personnes descendant dans les rues d'Urumqi pour protester contre les restrictions.

Politique anti-COVID draconienne

La lassitude s'accroît en Chine contre la politique draconienne de lutte contre la pandémie. Des protestations sporadiques et parfois violentes ont déjà eu lieu dans plusieurs villes ces derniers jours, notamment dans la plus grande usine d'iPhone du monde, située à Zhengzhou, dans le centre du pays, et propriété du géant taïwanais Foxconn.

Malgré divers vaccins offerts à la population, et à rebours du reste du monde, le pays asiatique continue d'appliquer de strictes restrictions pour éviter toute contamination et tout décès.

Cette politique consiste à imposer des confinements dès l'apparition de cas, à placer en quarantaine dans des centres les personnes ayant reçu un test positif et à exiger des tests PCR quasi quotidiens pour l'accès aux lieux publics.

Des images diffusées sur les réseaux sociaux et partiellement vérifiées par l'AFP montrent des centaines de personnes rassemblées dans la nuit devant la mairie d'Urumqi et scandant : Levez les confinements!

Dans une autre vidéo, on peut voir des dizaines de personnes défiler dans un quartier de l'est de la ville en criant le même slogan, avant de faire face à une rangée d'agents des autorités vêtus de tenues de protection antivirale et de les huer copieusement.

Manifestation en Chine.

Manifestation contre les mesures de lutte contre le coronavirus (COVID-19) dans la ville d'Urumqi, dans le Xinjiang-Uygur, en Chine, sur cette capture d'écran obtenue à partir d'une vidéo publiée le 25 novembre 2022.

Photo : Reuters

Les journalistes de l'AFP ont vérifié l'authenticité de ces vidéos en géolocalisant les immeubles qui y apparaissent, mais n'étaient pas en mesure de déterminer le moment exact où ces manifestations se sont déroulées.

Une vague de colère couvait sur le réseau social Weibo vendredi, certains affirmant que des véhicules électriques garés et laissés sans courant pendant les longues périodes de confinement avaient bloqué l'accès des camions de pompiers à une route étroite menant au bâtiment en feu.

C'est aussi moi qui me suis jeté du toit, qui suis resté coincé dans un bus [de quarantaine] renversé, qui suis sorti de l'isolement à l'usine Foxconn, peut-on lire dans un commentaire qui fait référence à plusieurs incidents récents imputés au zéro COVID.

Censure

Les autorités chinoises, qui censurent les contenus en ligne politiquement sensibles, semblaient avoir effacé de multiples publications et mots-clics relatifs à l'incendie dès samedi matin.

La police d'Urumqi a annoncé vendredi sur Weibo qu'elle avait arrêté une femme pour avoir diffusé des rumeurs en ligne au sujet du nombre de victimes de l'incendie.

Une enquête initiale a montré que l'incendie avait pris naissance dans une rangée de prises électriques dans une chambre à coucher d'un des appartements, selon la chaîne publique CCTV.

Les tentatives de sauvetage ont été compliquées par un manque de places de stationnement et un grand nombre de véhicules privés garés des deux côtés de la ruelle menant au bâtiment, a déclaré vendredi Li Wensheng, chef des pompiers de la ville, selon CCTV.

Fait rarissime, le maire d'Urumqi, Maimaitiming Kade, a présenté ses excuses officielles pour l'incendie, toujours d'après CCTV.

Mais les autorités ont également réfuté des allégations en ligne selon lesquelles les portes de l'immeuble étaient scellées à l'aide de fils de fer pour empêcher les habitants de sortir pendant le confinement.

Certains quartiers d'Urumqi, métropole de quatre millions d'habitants, ont été confinés pendant des semaines. Toutefois, après les protestations, les autorités ont annoncé samedi que la ville avait fondamentalement réduit les transmissions sociales à zéro et qu'elle allait rétablir l'ordre normal de la vie pour les résidents dans les zones à faible risque, de manière échelonnée et ordonnée.

La Chine a recensé samedi 34 909 nouveaux cas de COVID-19, dont la grande majorité étaient asymptomatiques, selon la Commission nationale de la santé.

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