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Comportements déplacés à l’Assemblée : des élus manitobains loin d’être des modèles

Des rappels à l’ordre, des élus qui se coupent la parole, des gestes déplacés et des attaques personnelles : ces comportements deviennent monnaie courante au sein de l’Assemblée législative du Manitoba.

Le palais législatif du Manitoba à Winnipeg (archives).

Jeudi, la période de questions à l'Assemblée législative du Manitoba a dégénéré en accusations de conduite inappropriée.

Photo : Radio-Canada / TREVOR LYONS

« Le député de Saint-Boniface a décidé de me faire un signe de la main pour me faire comprendre qu'il ne me porte pas dans son cœur », a assuré jeudi le ministre de la Justice du Manitoba, Kelvin Goertzen, lors de la période de questions à l’Assemblée législative.

Ce doigt d’honneur de la part de Dougald Lamont aurait presque pu passer inaperçu s'il n’avait pas été rattrapé par l’ironie de la situation.

Dougald Lamont en train de parler à l'Assemblée législative du Manitoba.

Le chef du Parti libéral s’est finalement excusé pour son geste et a expliqué qu’il avait agi sous le coup de la frustration.

Photo : La Presse canadienne / Ruth Bonneville

Quelques minutes avant cet incident, le député de Chemin Dawson, Bob Lagassé, avait tenu à raconter son combat contre la dépression. Il avait alors appelé ses collègues à construire un environnement de travail plus sain.

« Aux membres de cette Chambre, je n’ai qu’un message : soyez gentils les uns avec les autres, soyez inspirants. Dans cet environnement politique, nous avons tendance à être blessants au détriment de notre santé mentale. »

— Une citation de  Bob Lagassé, député et membre du Parti conservateur du Manitoba

Si le climat qui règne au sein de l’Assemblée législative n’est pas le seul élément à avoir contribué à ses problèmes de santé mentale, Bob Lagassé affirme que ce facteur a joué un rôle déterminant.

Des comportements loin d’être isolés

Un jour plus tôt, mercredi, la députée néo-démocrate Bernadette Smith avait déclaré craindre pour sa sécurité à l'Assemblée législative, tout particulièrement en tant qu’Autochtone, après que le député du Parti conservateur Blaine Pedersen eut frappé sa chaise. Celui-ci a affirmé qu’il essayait d'attirer l'attention de la députée Smith.

Blaine Pedersen s'adresse aux journalistes.

Le député progressiste-conservateur Blaine Pedersen s'est excusé d'avoir frappé la chaise d'une députée du NPD, ce qui, selon le leader parlementaire Kelvin Goertzen, était une tentative pour attirer l'attention de cette députée.

Photo : Radio-Canada / Tyson Koschik

Ces comportements ont été remarqués au palais législatif du Manitoba au cours des dernières années.

En novembre 2016, la députée de Fort Richmond, Sarah Guillemard, avait assuré avoir été victime de comportements misogynes de la part de membres de l’opposition.

En octobre 2018, le député provincial d'Emerson, Cliff Graydon, avait été exclu du Parti progressiste-conservateur manitobain après avoir tenu des propos inappropriés à l'endroit de plusieurs femmes membres du parti.

En avril 2019, Cindy Lamoureux, alors (Nouvelle fenêtre) membre du Parti libéral du Manitoba, avait assuré faire l’objet d'attaques personnelles (Nouvelle fenêtre) pendant les débats.

Pour Cécile Gagnon, doctorante en philosophie morale et politique, ce sont des comportements qui témoignent d’un problème de société plus vaste.

« Ce qui se passe à l’Assemblée législative est le miroir de ce qui se passe sur les réseaux sociaux, dans nos campus universitaires ou dans les médias. »

— Une citation de  Cécile Gagnon, doctorante en philosophie morale et politique

Selon elle, il faut vraiment voir cela comme des gens qui reflètent le climat et la culture politique dans laquelle ils sont plongés malgré eux.

Stratège en communication politique, Sophie Séguin-Lamarche note que les attaques décriées se transportent parfois hors des murs de l’Assemblée.

Au fédéral, dans la course à la chefferie du Parti conservateur par exemple, il y a eu beaucoup de situations comme ça on a dénoncé le fait que le climat était toxique pendant cette course, explique-t-elle.

En guise de début de solution, Mme Séguin-Lamarche donne l’exemple des sénateurs et des députés fédéraux, qui ont l’obligation de suivre une formation sur l’éthique.

Il reste cependant difficile d’en mesurer l’efficacité, nuance-t-elle.

Le règlement intérieur de l’Assemblée législative du Manitoba mentionne pour sa part l’interdiction de tenir des propos irrespectueux.

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