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Chemin Roxham : des « enquêtes » sur les passeurs, mais aucune accusation

Les autorités canadiennes avouent avoir peu de moyens pour limiter les réseaux américains qui facilitent le passage de milliers de migrants vers le Canada.

Des migrants débarquent d'un véhicule.

Des camionnettes blanches, immatriculées en Floride, conduisent des centaines de migrants, chaque semaine, jusqu'au chemin Roxham.

Photo : Radio-Canada

Des réseaux de passeurs sont bien en place pour amener des migrants au chemin Roxham, mais le Canada peut difficilement agir pour l’instant. Tel est le résumé présenté par les responsables de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) devant un comité fédéral.

Cette intervention fait suite à l’enquête de Radio-Canada, révélant l'existence d’un lucratif commerce, aux États-Unis, pour transporter des personnes jusqu’à ce passage situé entre l’État de New York et la Montérégie.

Les demandeurs d’asile constituent des proies faciles pour des réseaux de passage clandestin, a indiqué vendredi Michael Duheme, sous-commissaire à la GRC, devant les membres du Comité permanent de la citoyenneté et de l’immigration (CIMM). Celui-ci se penche, depuis plusieurs jours, sur les conditions d’arrivée de ces migrants.

Interrogés par plusieurs élus, les représentants de la GRC ont confirmé la présence régulière de plusieurs camionnettes blanches transportant, durant chaque trajet, une douzaine de personnes.

La dynamique a beaucoup changé à travers les années. Il y a aussi des organismes caritatifs qui sont impliqués, a ajouté Michael Duheme.

Les policiers canadiens attendent les migrants arrivant des États-Unis devant la frontière.

Les policiers canadiens attendent les migrants arrivant des États-Unis devant la frontière.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Des « lois différentes » aux États-Unis

Selon nos informations, ces véhicules arrivent plusieurs fois par semaine au chemin Roxham, en provenance principalement de Floride, mais aussi de l’Indiana ou de l’Ohio. En fin de semaine, il peut y avoir entre 200 et 300 demandeurs d’asile qui entrent au Canada.

Ce transport organisé de migrants peut constituer un crime au Canada, avait confié la GRC durant l’enquête menée par Radio-Canada. Ce crime, a détaillé le sous-commissaire Duheme, c’est [de] faciliter le passage.

Les policiers canadiens enquêtent sur ces réseaux de passeurs, a-t-il soutenu, après des questions du député bloquiste Alexis Brunelle-Duceppe.

Aucune accusation n’a cependant été déposée devant la justice canadienne à ce sujet, a néanmoins précisé la GRC, tout en avouant être à court de moyens pour agir, puisque ces actions se déroulent aux États-Unis où les lois sont différentes.

Ils [les Américains] n’ont pas le même cadre législatif, a assuré Martin Roach, responsable des enquêtes criminelles au Québec. On est en constante communication [avec les États-Unis].

Des migrants au chemin Roxham.

Depuis le début de l'année, plus de 30 000 personnes sont arrivées par le chemin Roxham.

Photo : Radio-Canada / Romain Schué

L’enquête journalistique est plus facile, dit la GRC

Étonnamment, en évoquant le reportage de l’émission Enquête (Nouvelle fenêtre), le sous-commissaire à la GRC a laissé entendre qu’il est plus facile pour les journalistes de se pencher sur ces réseaux.

L’enquête journalistique a plus d’aise ou de facilité pour obtenir certaines informations [...] que la police, a souligné Michael Duheme, en assurant qu’il est difficile pour la police canadienne de trouver des témoins collaboratifs.

« C’est un défi de forcer les gens qui traversent la frontière à parler. Leur objectif, c’était de passer la frontière. »

— Une citation de  Michael Duheme, sous-commissaire à la GRC

Au cours de cette intervention, la GRC a également, pour une rare fois, évoqué ses effectifs aux abords du chemin Roxham, où des installations temporaires ont été érigées en 2017, avant d’être agrandies et modernisées au fil des années.

Environ 120 policiers scrutent la frontière entre le Québec et les États-Unis, dont environ 90 % uniquement au chemin Roxham, a expliqué Martin Roach.

La GRC a aussi dû mobiliser des ressources provenant d’autres unités, a détaillé Michael Duheme. Ces agents pourraient lutter contre le crime organisé, le crime financier et [travailler pour] la sécurité nationale s’il n’y avait pas ce nombre record de demandeurs d’asile.

Entre janvier et octobre, près de 31 000 migrants ont été interceptés par la GRC au Québec, essentiellement au chemin Roxham.

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