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La police annonce à des parents la mort de leur fils... qui est bien vivant

Donna Price a vécu une gamme d'émotions lorsqu'elle a appris que son fils de 29 ans avait été retrouvé mort dans une toilette publique à Moncton, avant de découvrir que la GRC s'était trompée.

Donna Price dit qu'elle espère qu'une éventuelle poursuite contre la GRC aidera à éviter qu'une autre famille subisse le même traumatisme.

Donna Price dit qu'elle espère qu'une éventuelle poursuite contre la GRC aidera à éviter qu'une autre famille subisse le même traumatisme.

Photo : Contribution Donna Price

Radio-Canada

Blessé, traumatisé et insulté, un couple de Dieppe au Nouveau-Brunswick compte lancer une poursuite contre la GRC pour une erreur qui l'a fait sombrer dans le pire cauchemar que des parents puissent vivre.

Dans la nuit de lundi à mardi, des membres de la Gendamerie royale du Canada (GRC) au Nouveau-Brunswick ont cogné à la porte de Donna et David Price pour leur annoncer une terrible nouvelle.

Le fils adulte de Donna Price venait d’être retrouvé mort, ont dit les policiers. Aucun doute possible : ils avaient formellement identifié le défunt.

Mardi matin, des proches et des amis se sont rendus au domicile des Price pour offrir leur soutien au couple dévasté. Les grands-parents, très âgés, ont reçu le terrible coup de fil les informant de la disparition.

En dépit de la peine et du choc, les parents n’ont eu d’autre choix que de commencer à préparer les arrangements funéraires.

Puis, des employés du bureau du coroner ont fait une étonnante découverte lorsqu’ils se sont rendus chez le fils, mardi après-midi, pour recueillir certains articles et documents dont le coroner avait besoin.

L'homme apparemment décédé s’y trouvait, en chair et en os et bien vivant.

Persécution des moins nantis, selon l’avocat

L’homme qui a été, à tort, déclaré mort n’est pas nommé. Sa famille a fait savoir, par son avocat, qu’elle ne désire pas dévoiler son nom, afin de le protéger de l’attention du public.

C'est un cas flagrant de négligence policière qui cause de la souffrance morale. Pire encore, c'est un cas d'indifférence envers ceux qui sont dans une classe économique moins élevée, déclare Me Brian Murphy, l’avocat qui représente Donna et David Price.

Donna et David Price comptent poursuivre la GRC pour négligence. Parallèlement, ils vont entreprendre une démarche devant la Commission civile d'examen et de traitement des plaintes relatives à la GRC (Nouvelle fenêtre).

L'avocat Brian Murphy.

L'avocat Brian Murphy représente la famille Price dans cette affaire. (Archives)

Photo : Radio-Canada

Un communiqué du cabinet d’avocats Forté mentionne vendredi que le défunt a été trouvé lundi soir dans une installation de la Ville de Moncton. Ce soir-là, un homme a été retrouvé mort dans une toilette publique près de l’hôtel de ville. Plus tôt dans la journée, cet homme avait survécu à une surdose dans les locaux d’un organisme venant en aide aux personnes sans-abri.

Ces circonstances ont joué un rôle et ajoutent à l’odieux de l’affaire, selon l’avocat de la famille.

« S'il s'était agi d'un individu distingué, bien habillé, trouvé au même endroit, on sait tous qu'ils auraient fait plus attention. »

— Une citation de  Me Brian Murphy, avocat de Donna et David Price

À l’évidence, soutient l’avocat, la GRC ne s'est pas donné la peine de confirmer l'identité du défunt auprès de ses proches ou d'avoir recours à des méthodes fiables comme les empreintes digitales, ou même un test d'ADN.

Pas d’excuses, mais de la condescendance

Au-delà de la grotesque erreur, Donna et David Price sont furieux de la réponse de la GRC lorsque les policiers ont été confrontés à leur erreur.

Quand les Price ont communiqué avec la police, mardi, après avoir appris que leur fils était bien vivant, le membre de la GRC qui leur a répondu au téléphone se serait d'abord obstiné avec eux, insistant pour dire que leur fils n'était pas vraiment vivant.

Le corps policier aurait ensuite envoyé les Price au bureau du coroner puisque ce n'était plus son problème, selon l’avocat de la famille. Personne à la GRC ne s’est excusé de quoi que ce soit, soutient le couple de Dieppe.

Un petit édifice de trois étages.

Un poste de police de la GRC à Moncton

Photo : Radio-Canada / Shane Magee

Les employés du bureau du coroner se sont confondus en excuses et ont été très serviables, disent les Price. Ils ont expliqué qu'ils doivent agir en fonction des informations que leur donne la police.

Deux autres membres de la GRC se sont rendus au domicile des Price à Dieppe. À la mère et au beau-père, ils ont expliqué avoir fait une identification visuelle du défunt et cru reconnaître leur fils, dont ils avaient une photo dans leurs dossiers. Ils ont affirmé qu'il s'agissait d'une erreur regrettable, mais compréhensible.

La famille n’est pas de cet avis.

« L'expérience entière a été traumatisante. Le deuil et le choc, le fait d’avoir à informer nos proches, combinés à l'arrogance et au manque d'empathie de la GRC, c'est trop pour nous. »

— Une citation de  Donna Price

L’absence totale de remords ou d’excuses, leurs présomptions condescendantes et arrogantes au sujet de notre fils et de la personne qui est réellement décédée sont tellement insultantes, s’indigne le beau-père, David Price.

Une pensée pour le défunt et sa famille

Selon l’avocat qui a pris l’affaire en charge, les membres de la famille ont été traumatisés et certains ont cherché à obtenir de l'aide psychologique et médicale cette semaine.

Donna Price a aussi une pensée pour la personne qui est décédée et pour ceux qui l’aimaient. Nous sommes tristes pour les proches de cette personne, mentionne-t-elle. Mme Price déplore le temps perdu, qui aurait dû être consacré par la police à identifier correctement le défunt et à faire les démarches auprès de sa famille.

Malgré les émotions de cette semaine, les Price ont tenu à offrir leurs sincères condoléances aux proches de cette personne.

Une poursuite contre la GRC sera déposée, a indiqué vendredi le cabinet d’avocats qui représente le couple.

La GRC au Nouveau-Brunswick estime qu'il serait inapproprié de commenter puisque cette affaire pourrait bientôt faire l'objet de procédures judiciaires. La GRC du Nouveau-Brunswick est au courant de cette affaire et est en communication avec les membres de la famille au sujet de cette situation liée à ses procédures internes.

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