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L’opposition à Fredericton juge inutile le recours aux briseurs de grève

Des travailleurs dehors avec des pancartes.

Si les syndiqués ne respectaient pas le nombre de travailleurs désignés essentiels lors d'une grève, le gouvernement pourrait avoir recours à la Commission du travail et de l'emploi.

Photo : Radio-Canada / Guy LeBlanc

Radio-Canada

Il existe déjà un mécanisme pour régler les problèmes liés aux travailleurs essentiels lors d'une grève.

Si jamais, lors d’une grève, le gouvernement, en tant qu'employeur dans le secteur public, estimait qu’il manque de travailleurs essentiels, il pourrait se tourner vers la Commission du travail et de l’emploi pour faire entendre ses plaintes.

Cet organisme pourrait alors obliger le syndicat à s'assurer qu’il y a suffisamment de travailleurs syndiqués dans les postes essentiels.

Malgré tout, le premier ministre conservateur du Nouveau-Brunswick tient à donner au gouvernement le pouvoir d’embaucher des travailleurs non syndiqués pour remplacer des travailleurs syndiqués en grève.

Higgs répond aux questions des journalistes.

Le premier ministre Blaine Higgs estime important de pouvoir embaucher des travailleurs non syndiqués pour remplacer des grévistes, dans l'éventualité où le nombre de travailleurs essentiels ne serait pas respecté.

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

Blaine Higgs soutient que le recours à ce que plusieurs désignent comme des briseurs de grève ne vise qu’à s’assurer qu’il y ait un nombre suffisant de travailleurs essentiels en poste, lors d’une grève.

Selon le député vert Kevin Arseneau, le mécanisme actuel de règlement des différends fonctionne bien.

La commission du travail a statué des fois en faveur de l’employeur, des fois en faveur du syndicat, et donc je pense que le mécanisme est déjà équilibré, dit-il.

Questionné à ce sujet, le premier ministre Higgs reconnaît que la commission est une avenue pour régler les problèmes.

Vous avez raison, nous pouvons y aller [à la Commission du travail et de l’emploi], mais dans une situation de grève, quand vous avez un accord qui dit comment il est censé y avoir d’employés essentiels, avec des travailleurs désignés, vous ne devriez pas avoir à le faire, estime-t-il.

Pour Kevin Arseneau, cette façon d’éviter de recourir à la Commission du travail et de l’emploi, est clairement un débalancement du pouvoir vers l’employeur.

Un faux problème, selon l’opposition

Le premier ministre Higgs soutient que le recours à des travailleurs non syndiqués en cas de grève pourrait être nécessaire, si le syndicat refuse de fournir un nombre suffisant de travailleurs essentiels. Il n’a pas, toutefois, cité d’exemples précis où ce problème s’était présenté, ce que déplore le député libéral de Tracadie-Sheila, Keith Chiasson.

Keith Chiasson.

Le député libéral Keith Chiasson estime que le gouvernement voit un problème où il n'y en a pas, en ce qui concerne les travailleurs désignés essentiels lors d'une grève dans les services publics.

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

On a demandé au premier ministre de nous fournir des exemples, il n’a jamais pu nous fournir des exemples concrets où le niveau de désignation était sous le seuil recommandé, dit-il.

Selon le député libéral, le premier ministre a inventé de toutes pièces un faux problème.

Eux autres [les syndicats], ils m’ont rassuré que dans un moment de grève, nous autres on tient à ce que les niveaux sont respectés, donc par exemple, s’il y a quelqu’un qui appelle malade, ils vont prendre quelqu’un, dans le fond, qui est sur la ligne de piquetage et ils vont lui demander de rentrer au travail, soutient-il.

C’est aussi l’opinion de Kevin Arseneau, qui estime que les syndicats n’ont jamais brisé leur bout de ce contrat-là.

Le syndicat des infirmières s’inquiète

Par communiqué, le Syndicat des infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick a vivement dénoncé les mesures prises par le gouvernement conservateur de Blaine Higgs pour imposer des limites au droit de grève.

Paula Doucet.

Paula Doucet, présidente du Syndicat des infirmières et des infirmiers du Nouveau-Brunswick

Photo : CBC/Tori Weldon

La principale inquiétude du syndicat concerne justement l’introduction de travailleurs de remplacement, ou briseurs de grève. L’introduction de travailleurs de remplacement est la plus préoccupante. Cette mesure ne fera qu’entraîner de l’animosité et du stress dans des lieux de travail déjà stressés et en manque de personnel, peut-on lire dans le communiqué du syndicat.

Comment le gouvernement peut-il penser que ces changements ne nuiront pas à nos efforts de recrutement et de maintien en poste, se demande la présidente du syndicat, Paula Doucet.

Les conservateurs refusent de parler de briseurs de grève

Le ministre de l’Éducation postsecondaire, formation et travail, Trevor Holder, a rejeté l’expression briseur de grève. Il a aussi rejeté l’expression travailleur de remplacement. Selon lui, il faut appeler les travailleurs non syndiqués qui rempliront les postes des grévistes des travailleurs qui vont remplir un rôle désigné.

Le premier ministre Higgs refuse, lui aussi, de parler de briseurs de grève.

Ce n'est pas ça, parce que l'accord est que si vous avez une centaine de travailleurs, vous pouvez en avoir 80 en grève, et vous en avez 20 qui doivent être au travail, c'est l'accord, dit-il.

Kevin Arseneau répond aux questions.

Le député vert Kevin Arseneau dénonce vivement les changements législatifs liés au droit de grève dans les services publics.

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

L’opposition est plus directe avec la réalité de ce qu’ont annoncé les conservateurs.

Appelons-les ce que c’est, c’est des briseurs de grève, c’est des scabs, c’est clairement ce qu’il propose, c’est clairement écrit dedans qu’il peut faire appel à des entreprises privées pour venir remplacer des travailleurs syndiqués, c’est des briseurs de grève, point à la ligne, martèle Kevin Arseneau.

C’est des briseurs de grève, c’est sûr que les gens comprennent plus, briseurs de grève et scabs, mais ce que le gouvernement propose, c’est d’apporter des employés pour remplacer ceux qui sont sur la ligne de piquetage, c’est ça le problème, renchérit Keith Chiasson.

Le député libéral ne s’engage pas, toutefois, à retirer les modifications proposées par le gouvernement Higgs, si jamais son parti formait le prochain gouvernement, dans moins de deux ans.

Ce que je peux promettre, c’est qu’on va s’asseoir avec les syndicats, et on va leur demander qu’est-ce qui fonctionne, qu’est-ce qui ne marche pas, qu’est-ce qui est problématique, avance-t-il.

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