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Violence conjugale : le manque de ressources se fait sentir en Outaouais

Une femme regarde l'extérieur par l'ouverture des rideaux, debout devant une fenêtre.

Au Québec, l’organisme provincial SOS Violence conjugale a noté une augmentation de 125 % des demandes d’aide au cours des cinq dernières années (archives).

Photo : Getty Images / Roos Koole

Radio-Canada

Le manque de ressources pour les victimes de violence conjugale se fait sentir plus que jamais dans les maisons d’hébergement de l’Outaouais. En cette Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, une survivante de Gatineau aimerait qu’on leur accorde davantage de financement.

Après huit années sous l’emprise de son conjoint violent, Mélanie Glazer a pris son courage à deux mains et s’est enfuie avec ses trois enfants.

La réalité, c’est qu’il y a beaucoup de femmes qui se disent, tous les soirs, qu’elles veulent partir. Mais il arrive que, ce soir-là, il y ait quelque chose qui fait en sorte que tu te sens valorisée, un peu mieux, et ce soir-là vient enlever toutes les autres soirées de violence, explique-t-elle.

Mélanie Glazer en entrevue.

Mélanie Glazer a choisi d'aller chercher de l'aide lorsque son fils de 6 ans lui a fait écouter « Le secret », une chanson de Roxane Bruneau qui porte sur la violence conjugale.

Photo : Radio-Canada

La Gatinoise a su cogner à la bonne porte pour s’en sortir, et pour encadrer ses enfants. Elle a choisi les centres d’hébergement. J’ai fait pas mal tous les centres de l’Outaouais. J’ai adoré chaque parcours. Chaque centre m’a aidée d’une façon différente à combattre plusieurs choses.

« Les centres d’hébergement n’ont pas changé ma vie. Ils ont sauvé ma vie. »

— Une citation de  Mélanie Glazer, survivante de violence conjugale

Manque de ressources

Il existe sept centres d’hébergement pour les femmes victimes de violence conjugale en Outaouais. Pour ceux-ci, les demandes d’aide augmentent chaque année.

On voit que la violence est plus fréquente, et elle est plus intense, a constaté la directrice générale de la Maison d'hébergement pour Elles des Deux Vallées, Annick Brazeau.

Selon elle, les 85 places disponibles en Outaouais ne suffisent pas. Il en faudrait 40 de plus, dit-elle. Quand la population augmente, il faut plus de services. Il y a aussi l’enjeu du logement. Cela prend plus de temps pour en trouver, alors les femmes doivent demeurer plus longtemps en maison d’hébergement.

Annick Brazeau en entrevue.

Annick Brazeau, directrice générale de la Maison d'hébergement pour Elles des Deux Vallées

Photo : Radio-Canada

Du même souffle, la directrice générale interpelle les gouvernements : Ils doivent entendre qu’on ne réussit pas à répondre à la demande. On a la même problématique depuis 15 ou 20 ans.

Annick Brazeau insiste sur l’importance des maisons d’hébergement, qui servent à assurer la sécurité des femmes et de leurs enfants, le cas échéant.

Plus que jamais, le manque de ressources pour aider les victimes de violence conjugale se fait ressentir auprès des maisons d’hébergement. Plus de 2 000 femmes et enfants se sont vu refuser une place en raison des débordements.Camille Kasisi-Monet a discuté avec une survivante qui aimerait que l’on leur accorde plus de financement.

Augmentation de la violence conjugale

Au Québec, l’organisme provincial SOS Violence conjugale a noté une augmentation de 125 % des demandes d’aide au cours des cinq dernières années.

On est passés, annuellement, de 25 000 demandes à 58 000, dit la travailleuse sociale et responsable du soutien clinique à SOS Violence conjugale, Claudine Thibaudeau, qui a compilé ces données.

Une nouvelle équipe en Outaouais

Dans la MRC des Collines-de-l’Outaouais, la Sécurité publique a choisi, l’année dernière, de créer une nouvelle équipe afin de répondre adéquatement à l’augmentation de la violence conjugale.

Pour la première année d’opération, il y a eu un total de 87 dossiers en matière de violence conjugale où il y a eu des accusations au criminel, a souligné l’intervenante sociale en matière de violence conjugale pour la Sécurité publique locale, Stéphanie Macleod.

La violence conjugale n’a pas de frontières, rappelle-t-elle. Elle se trouve tant en milieu rural qu’en milieu urbain. Mais les défis ne sont pas les mêmes.

« L’isolement, le transport en commun… Il y en a très peu sur notre territoire. [...] Il y a des régions où il n’y a pas de réseau, donc comment demander de l’aide quand il n’y a pas de réseau [cellulaire] ni d’Internet? »

— Une citation de  Stéphanie Macleod, intervenante sociale en matière de violence conjugale, MRC des Collines-de-l’Outaouais

Malgré les embûches et le manque de ressources, Annick Brazeau supplie tout de même les victimes d'aller chercher de l’aide. Des organismes comme le sien savent cumuler les petits miracles.

Appelez-nous quand même. Nos maisons sont pleines, parfois, mais on a des solutions. On peut la transférer dans une autre région ou l’envoyer chez des amis quelques jours. Ce n’est pas une raison de ne pas quitter la violence conjugale.

La survivante Mélanie Glazer a également un conseil pour les victimes. Qu’est-ce qu’on peut faire pour s’en sortir? La première étape est d’accepter de demander de l’aide. Moi, c’est ce que j’ai fait.

Avec les informations de Camille Kasisi-Monet

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