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Elon Musk rétablira la plupart des comptes suspendus sur Twitter

Un téléphone intelligent affiche la page d'accueil du compte Twitter d'Elon musk, devant un écran noir sur lequel apparaît le logo du réseau social.

Elon Musk est largement critiqué pour ses décisions impulsives à la tête de Twitter.

Photo : afp via getty images / CHRIS DELMAS

Agence France-Presse

Le nouveau patron de Twitter, Elon Musk, a annoncé jeudi qu'il rétablirait dès la semaine prochaine les comptes suspendus sur la plateforme s'ils n'ont pas enfreint la loi, revenant ainsi sur des propos rassurants qu'il a eus lors de sa prise de contrôle.

À la question, publiée mercredi en forme de sondage sur son compte, de savoir si Twitter devrait proposer une amnistie générale aux comptes suspendus à condition qu'ils n'aient pas enfreint la loi ou envoyé de pourriels de façon scandaleuse, 72,4 % de quelque 3,16 millions de personnes ont dit oui.

Le peuple a parlé, l'amnistie débute la semaine prochaine, a écrit sur Twitter M. Musk jeudi, jour férié aux États-Unis pour l'Action de grâces, accompagnant sa publication du message Vox Populi, Vox Dei (la voix du peuple est la voix de Dieu).

C'est avec cette même expression qu'il avait, samedi, réhabilité le compte de l'ancien président américain Donald Trump, banni du réseau social après l'assaut du Capitole à Washington, survenu en janvier 2021.

Le dirigeant de Tesla et de SpaceX avait pris cette décision à la suite d'une consultation similaire sur le réseau à l'oiseau bleu, une méthode à la représentativité incertaine. Une courte majorité (51,8 %) s'était exprimée en faveur d'un retour du milliardaire républicain, qui n'a rien publié sur Twitter depuis le rétablissement de son compte.

Une vision absolutiste de la liberté d’expression

Elon Musk a expliqué à maintes reprises qu'il a racheté Twitter parce qu'il considère la plateforme comme une place publique numérique essentielle à la démocratie dans le monde.

L'homme le plus riche de la planète juge la modération des contenus trop restrictive, mais sa vision absolutiste de la liberté d'expression fait craindre un déferlement d'abus (désinformation, discours de haine, etc.) sur le réseau social.

De nombreuses marques, dont Volkswagen, General Motors et General Mills, ont déjà suspendu leurs dépenses publicitaires sur Twitter, qui en dépend à 90 % pour ses revenus.

L'entrepreneur libertaire a d'abord tenté de les amadouer, rappelant fin octobre que les règles n'avaient pas encore changé et promettant de ne prendre aucune décision sur le rétablissement de comptes avant la création d'un conseil de modération des contenus.

Cependant, les annonceurs qui avaient promis de maintenir leurs dépenses à la condition que ce conseil de modération soit créé ont rompu l'accord, a-t-il écrit mardi en guise de justification sur le retour des comptes évincés de la plateforme.

Alex Jones demeure suspendu

Elon Musk semble néanmoins avoir une limite : il a indiqué qu'il ne rétablirait pas le compte du complotiste d'extrême droite Alex Jones, poursuivi depuis plusieurs années par des parents de victimes de la tuerie de l'école primaire Sandy Hook, au Connecticut, pour avoir affirmé que le massacre n'était qu'une mise en scène.

Ayant vécu la mort de son premier enfant, Elon Musk a expliqué qu'il est sans merci vis-à-vis de quiconque utiliserait les morts d'enfants pour [engranger des] gains financiers, politiques ou de renommée.

Elon Musk est largement critiqué pour ses décisions impulsives à la tête de Twitter, qu'on pense à des licenciements massifs ou au lancement chaotique de nouvelles fonctionnalités.

Il écarte les critiques plusieurs fois par jour sur son compte aux 118  millions de personnes abonnées à coup de mèmes, d'émoticônes, de provocations, d'attaques personnelles et de pirouettes.

Mais le milliardaire risque d'être rattrapé par les régulateurs.

Twitter doit en effet respecter des lois européennes, dont celle sur les Services numériques, qui devrait obliger les plateformes à retirer rapidement les contenus illicites et à lutter contre la désinformation.

L’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (ARCOM), le régulateur français des médias, avait rappelé lundi au groupe californien ses obligations et lui avait demandé de lui confirmer d'ici jeudi s'il était mesure d'y faire face et de lui faire part de l'évolution à brève échéance des moyens humains et technologiques qui y sont consacrés.

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