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Le lait de base pourrait disparaître des dépanneurs

Un carton de deux litres de lait à la caisse d'un dépanneur.

De 2018 à 2022, le prix du litre de lait 2 % est passé de 1,85 $ à 2,15 $.

Photo : Radio-Canada

Audrey-Maude Vézina

Certains détaillants pourraient être contraints de retirer de leurs tablettes le lait de base, vendu dans des cartons sans bouchon ou dans des sacs, en conservant uniquement le lait dit « premium » si leur marge de profit continue à baisser en raison de l’inflation.

Yves Servais, directeur général de l’Association des marchands dépanneurs et épiciers du Québec (AMDEQ), demande des ajustements à la marge, qui n’a pas été indexée depuis 2018. Actuellement, les détaillants ont droit à 0,16 $ pour chaque litre de lait vendu, peu importe son prix.

De 2018 à 2022, le prix d’un litre de lait 2 % est passé de 1,85 $ à 2,15 $, mais toujours avec la même limite de 0,16 $. La marge de profit est donc passée de 11,35 % à 8,84 %. Et elle continue de diminuer.

C’est cet enjeu de profitabilité qu’il faut régler, selon M. Servais. Il demande donc à la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec (RMAAQ) d'indexer ce montant de 0,16 $ tous les ans, en plus d’un ajustement de 0,02 $, pour atteindre 0,18 $.

Il faudrait avoir une formule qui nous permet au moins une certaine rentabilité qui est raisonnable, qui permet de garder le lait en magasin, puis de le rendre accessible à tous les consommateurs. […] Il y a des gens pour lesquels c'est vraiment important dans leur quartier, souligne M. Servais.

Yves Servais pose devant la caméra.

Yves Servais, directeur général de l’Association des marchands dépanneurs et épiciers du Québec

Photo : Radio-Canada / Colin Côté-Paulette

Le directeur général de l’AMDEQ prévient toutefois qu’on n’assistera pas tout de suite à la disparition du lait. Mais il rappelle qu’il faut aussi permettre aux détaillants de réaliser un minimum de profitabilité.

Même son de cloche de la part de Stéphane Lacasse, vice-président aux affaires publiques de l’Association des détaillants en alimentation du Québec. Il ajoute que, si la Régie augmente de 2 % le prix du lait, la marge devrait également augmenter de 2 % pour s’assurer de conserver les mêmes bénéfices.

L'enjeu du prix maximum

Contrairement au lait de base, le lait dit premium, comme celui sans lactose, n’a pas de prix maximum donné par la Régie. Cela pourrait pousser certains détaillants à vendre uniquement ce type de lait pour faire une meilleure marge de profit.

Des pintes de lait dans un étalage d'épicerie.

Le lait dit « premium » n’a pas de prix maximum fixé au détail.

Photo : Radio-Canada / Marie-Pier Mercier

Les gens vont peut-être mettre l'accent plus sur le lait premium […] puis délaisser tranquillement le lait de base parce que, là, on est limité à une marge de profit qui baisse d'une année à l'autre.

M. Servais souligne que même les producteurs laitiers étaient d'accord pour indexer l'écart du 0,16 $.

D'après Sylvain Charlebois, directeur scientifique du Laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire à l’Université Dalhousie, à Halifax, augmenter les prix au détail n’est pas la solution.

Selon lui, il faut réfléchir à la façon dont les prix sont fixés au Québec et à la façon dont la tarte est répartie. Il mentionne au passage que les autres provinces ne réglementent pas le prix de vente au détail.

Les prix du lait sont déjà suffisamment élevés au Québec. Alors, il faut regarder le système au lieu de voir comment on peut augmenter les prix davantage, parce que là, actuellement, les consommateurs sont lourdement pénalisés.

Avec les informations de Colin Côté-Paulette

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