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La lutte contre l’inflation grignote le surplus anticipé de l’Alberta

Danielle Smith à Edmonton, le 24 octobre 2022.

Aider les Albertains à faire face à la hausse du coût de la vie est une des priorités de Danielle Smith qui aura un impact sur le budget de la province.

Photo : La Presse canadienne / JASON FRANSON

L’empreinte des politiques de la nouvelle première ministre albertaine, Danielle Smith, se fait sentir sur les finances de la province. L’Alberta devrait terminer avec un surplus en légère baisse par rapport à ce qui avait été prévu à la fin du mois d'août, notamment à cause d'une hausse plus importante des dépenses.

Le surplus devrait finalement atteindre 12,3 milliards de dollars à la fin de l’année fiscale, environ 900 millions de dollars de moins qu’à la dernière mise à jour économique.

Dépenses en hausse

La première ministre avait cependant préparé les choses, mardi, en annonçant une série de mesures à venir pour aider la population albertaine à faire face à l’augmentation des prix.

Si le détail du coût de chaque mesure n’est pas encore connu, le gouvernement a prévu 2,8 milliards de dollars sur trois ans pour payer ces coups de pouce à la population.

La première ministre évoquait plutôt mardi une facture de 2,4 milliards de dollars.

Les chèques d'aide directe aux familles, aux aînés et aux personnes handicapées, l'enveloppe pour les banques alimentaires et les autres mesures fiscales devraient coûter 1,3 milliard de dollars cette année et presque autant en 2023-2024.

Bien que certains, comme des étudiants et des adultes sans enfant, se soient sentis oubliés, le ministre des Finances, Travis Toews, a affirmé que la plupart des Albertains recevront du soutien d’une manière ou d’une autre. Nous offrons un soulagement important à la pompe et un soulagement important grâce au rabais sur l’électricité, a-t-il rappelé.

Cette enveloppe imprévue est la raison principale de la hausse des dépenses évaluées maintenant à 64,6 milliards de dollars pour 2022-2023.

La politique d’apaisement des relations avec les syndicats a aussi conduit à des ententes plus généreuses, ce qui a augmenté les dépenses en santé de 340 millions de dollars.

Pas de récession à l’horizon

Certaines de ces mesures, comme la réindexation des tranches d'impôt sur le revenu et l’élimination de la taxe provinciale sur l’essence, diminueront également les revenus.

La province peut cependant compter sur de solides rentrées d’argent. Les revenus devraient atteindre 76,9 milliards de dollars en date du 31 mars 2023.

La volatilité des prix du pétrole a fait diminuer légèrement les revenus anticipés des ressources naturelles non renouvelables. Les redevances devraient ainsi atteindre 28,1 milliards de dollars, soit 300 millions de dollars de moins que ce qu'on anticipait à la fin du mois d'août.

Un puits de pétrole en Alberta.

La province base ses prévisions financières sur un prix du pétrole à 91,5 $ US pour 2022-2023.

Photo : La Presse canadienne / Larry MacDougal

Cette réduction sera toutefois compensée par une hausse de l’argent provenant de l’impôt sur les sociétés. Ce revenu, estimé à 6,3 milliards de dollars, sera un record pour la province. Selon le ministre des Finances, c’est le signe d’une accélération de la diversification de l’économie, même si les finances provinciales restent très dépendantes des revenus du pétrole.

Le gouvernement a bon espoir que la bonne santé financière des entreprises se prolongera malgré les inquiétudes d’une récession économique mondiale. Il prévoit ainsi une croissance du produit intérieur brut de 4,8 %, cette année, et de 2,7 %, l’année prochaine.

Les excédents budgétaires devraient également se poursuivre en 2023-2024 et 2024-2025, même si c'est de manière moins importante. Le surplus est estimé à 5,6 milliards de dollars durant la prochaine année fiscale, et à 5,3 milliards de dollars, l’année d’après.

Le fonds du patrimoine retourne dans l’ombre

Comment ce surplus sera-t-il utilisé à l'avenir? La réponse a perdu de sa netteté.

Lors de la mise à jour économique du premier trimestre, le gouvernement avait donné la priorité au remboursement de la dette et au renflouement du Fonds du patrimoine.

Le dépôt de 1,7 milliard de dollars dans le bas de laine de la population albertaine qui a été évoqué a cependant disparu des documents budgétaires à la mise à jour économique du deuxième trimestre, qui lui substitue la possibilité plus vague d'épargnes.

Même s’il n’a pas voulu admettre qu'il s'agissait d'un changement de direction, Travis Toews a confirmé que ces décisions avaient été différées pendant l’élaboration d’un cadre fiscal dont les premiers éléments devraient apparaître dans le budget 2023. Nous voulons que les options restent ouvertes parce que nous nous sommes engagés à formuler un cadre fiscal transparent qui gouvernera notre utilisation des surplus, a-t-il indiqué. Nous gardons 5,8 milliards de dollars de côté pour de l’épargne, le remboursement de la dette ou même des investissements possibles dans des infrastructures.

Les gouvernements précédents ont été souvent critiqués pour ne pas avoir fait preuve de prévoyance durant les périodes de boom économique en épargnant plus.

Réactions mitigées

C’est comme cela qu’on gâche un boom économique, a réagi la porte-parole néo-démocrate en matière de finances, Shannon Phillips. 

Elle constate que cette mise à jour économique confirme encore la grande dépendance des finances publiques aux revenus pétroliers et gaziers, mais selon elle, rien n’est fait pour diminuer ce lien de cause à effet.

Les mesures d’aide aux Albertains ne trouvent pas non plus grâce à ses yeux. Cela [fournit] un peu d’actions avant les élections, mais ce n’est pas un plan très substantiel pour donner de la stabilité à l’investissement ou aider à lutter contre le chômage, a-t-elle ajouté.

L’économiste principal à l'établissement financier Alberta Central, Charles St-Arnaud, croit toutefois que le gouvernement a raison de prendre le temps d’étudier comment utiliser les surplus budgétaires parce que des changements structurels fondamentaux sont en cours en Alberta. Dans un rapport, l’économiste a démontré que les profits de l’industrie pétrolière ne provoquaient plus autant de retombées dans le reste de l’économie. 

C’est bien de prendre un peu de recul et d’étudier les façons les plus efficaces d’utiliser ces surplus pour aider notre économie à long terme, a-t-il souligné. 

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