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Les fausses revendications autochtones causeraient des préjudices à la communauté

Cindy Blackstock, directrice générale de la Société de soutien à l'enfance et à la famille des Premières Nations.

Cindy Blackstock, directrice générale de la Société de soutien à l'enfance et à la famille des Premières Nations, affirme que le fait de voir le certificat de naissance de William Turpel l'a persuadée que Mary Ellen Turpel-Lafond n'a pas de revendication légitime d'ascendance crie.

Photo : Radio-Canada / Olivia Stefanovich

Radio-Canada

Les fausses revendications d'ascendance autochtone causent un préjudice aux véritables victimes qui ont perdu le lien avec leurs racines et leurs communautés, selon une professeure de l'Université McGill, Cindy Blackstock.

De récentes révélations de CBC/Radio-Canada remettent en effet en cause la thèse de l'adoption du père de Mary Ellen Turpel-Lafond, thèse qu'elle a toujours avancée pour expliquer ses prétendues origines autochtones.

Selon Cindy Blackstock, la prolifération de cas de faux Autochtones éclipse l'histoire de ceux qui ont vraiment été coupés de leurs origines.

J'espère vraiment que les personnes qui font de fausses déclarations seront clairement dissociées de celles qui ont entrepris un périple légitime pour essayer de récupérer ce qui leur revient de droit, a déclaré Cindy Blackstock, spécialiste des Premières Nations et experte en protection de l'enfance de renommée internationale.

Cindy Blackstock fait ici référence à Mary Ellen Turpel-Lafond, une avocate reconnue pour être une championne des droits autochtones au Canada.

Mary Ellen Turpel-Lafond a souvent affirmé que son père était un enfant cri de Norway House, au Manitoba, qui a été adopté par le Dr William Nicholson Turpel et Eleanor Rhoda Turpel.

Mais, selon les récentes révélations de CBC/Radio-Canada, un certificat de naissance officiel du gouvernement prouve que William Turpel était l'enfant biologique de parents d'origine britannique, et non un garçon cri adopté de Norway House, de parenté indéterminée, comme le prétendait Mme Turpel-Lafond.

Mary Ellen Turpel-Lafond.

Mary Ellen Turpel-Lafond a souvent affirmé qu'elle était d'origine crie de par son père.

Photo : British Columbia Civil Liberties Association

Dans le cadre de son travail, Cindy Blackstock rencontre beaucoup d'Autochtones qui ont été adoptés ou qui ont perdu le contact avec leur famille biologique.

Il peut être très difficile de rétablir le contact et d'essayer de comprendre comment toutes ces étapes peuvent être reconstituées, explique-t-elle.

Ils ont vécu la prise en charge, ils ont peut-être connu plusieurs placements en famille d'accueil et ils consultent leur dossier d'enfant pris en charge pour essayer de trouver leur place. De quelle Première Nation viennent-ils? Qui étaient leurs parents? Quelle est leur histoire?, poursuit-elle.

Selon elle, ce travail est rendu plus difficile par l'incertitude créée par les histoires de personnes n'ayant aucune légitimité d'ascendance autochtone.

Elle explique que les jeunes coupés de leurs origines ont moins confiance en eux et sont plus susceptibles d'avoir des dépendances et des problèmes de santé mentale.

Si on connaît une de ces personnee, il faut vraiment l'encourager à poursuivre son chemin, a soutenu Mme Blackstock.

Mary Ellen Turpel-Lafond a aussi souvent affirmé qu’elle était née à Norway House, au Manitoba. Mais des documents publics indiquent cependant qu’elle est née à Niagara Falls, en Ontario.

Des relevés des votes au niveau fédéral indiquent aussi que ses parents habitaient en Ontario en 1962, en 1963 et en 1968. Mary Ellen Turpel-Lafond est née en février 1963.

Mary Ellen Turpel-Lafond a été accueillie dans la Première Nation crie de Muskeg Lake au milieu des années 1990, quand elle a épousé George Lafond, un homme cri ayant des racines profondes dans cette Première Nation.

Or, selon Cindy Blackstock, l'accueil fait par une communauté ne fait pas de quelqu'un un Autochtone.

Par ailleurs, peu après la publication de l'article de CBC/Radio-Canada, l'Union des chefs indiens de la Colombie-Britannique a apporté son soutien à Mary Ellen Turpel-Lafond.

Avec les informations de Geoff Leo

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