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Une baisse de fréquence des métros et bus envisagée à Montréal

Faute de revenus suffisants, le réseau de transport de la métropole songe à une réduction de service dès 2023, a appris Radio-Canada.

Des gens marchent sur le quai du métro, tandis qu'un train passe.

La STM envisage de diminuer la fréquence des bus et des métros à partir de 2023.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La baisse d’achalandage et les difficultés à trouver de nouvelles sources de revenus pourraient inciter la Société de transport de Montréal (STM) à réduire son offre de service dans les rues et les souterrains montréalais.

Selon des informations obtenues par Radio-Canada, plusieurs mesures qui permettraient d’équilibrer le budget sont étudiées sérieusement pour une implantation à partir de l’année 2023.

La plus importante concerne une diminution de la fréquence des métros et des autobus.

Une réduction de l’offre de service de 3,7 % [pour les] bus et de 4,8 % [pour le] métro par rapport à 2022 figure parmi les faits saillants d’un document que nous avons pu consulter, qui évoque un budget responsable dans un contexte économique difficile.

Une économie de 18 millions de dollars pourrait ainsi être réalisée, est-il ajouté.

Concrètement, ce scénario toucherait principalement les déplacements hors des heures de pointe et la fin de semaine, puisque la STM précise vouloir maintenir un niveau de service en pointe similaire à 2019.

D'ultimes discussions à venir

Contactée par Radio-Canada, la STM ne nie pas ces informations, tout en spécifiant que rien n’est encore ficelé.

Le temps presse, pourtant. En début de semaine, le budget final doit être présenté aux élus montréalais, explique en entrevue la directrice de l’organisme public, Marie-Claude Léonard.

On est toujours en discussion avec nos bailleurs de fonds. On n’a pas encore le scénario final aujourd’hui, indique-t-elle.

Ces négociations ont lieu avec la Ville de Montréal, le gouvernement du Québec et l'Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM), précise la directrice générale de la STM, nommée l’été dernier.

« Ça ne veut pas dire qu’on va toucher aux services [mais] ça va dépendre des sommes qu’on aura pour combler le manque à gagner. »

— Une citation de  Marie-Claude Léonard, directrice générale de la STM

Des analyses au scalpel sont toujours en cours pour trouver des moyens de réaliser des économies, affirme-t-elle.

Dans le réseau d'autobus, par exemple, on va réajuster [des] lignes où on avait une fréquence élevée sans beaucoup de clients. Mais du service pourrait aussi être ajouté dans des quartiers industriels où on ne fait pas de télétravail, reprend-elle.

Selon les documents obtenus par Radio-Canada, la STM devrait encore chercher de nouvelles sources de revenus à identifier estimées à plus de 51 millions de dollars.

Un montant plus élevé qu’en 2022, où un manque à gagner de 43 millions de dollars avait été constaté, détaille Marie-Claude Léonard.

On avait ajusté la fréquence hors pointe [du métro] et ça avait réduit la fréquence d’à peine une minute, assure la directrice générale de la STM.

Désormais, la STM est touchée, comme tous, par l’inflation et l’indexation des salaires, reconnaît-elle.

Budget en hausse, achalandage inconnu

Selon les documents obtenus par Radio-Canada, le prochain budget de la STM pourrait atteindre 1,67 milliard de dollars l’an prochain, contre 1,58 milliard en 2022.

Alors que le tarif des bus et du métro a augmenté, l’achalandage, quant à lui, stagne aux environs de 70 % dans le réseau souterrain, comparativement à la période prépandémique. Au maximum, anticipe la STM, cet achalandage remontera à 82 % en 2023.

Une nouvelle réflexion devra alors être menée, indique Marie-Claude Léonard. Probablement qu’à l’été 2023, les gens auront leurs habitudes de travail et ce sera à nous de refaire notre offre de service pour aller chercher de nouveaux clients.

Une volonté de maintenir les services

Quelles sont les différentes pistes de réduction budgétaire de la STM, qui rendra également l'an prochain le bus et le métro gratuits pour les aînés?

Outre la diminution de l'offre de service, les documents obtenus par Radio-Canada évoquent des coupures dans les campagnes publicitaires, une réduction des services professionnels externes ou encore un report de divers projets.

Par respect pour [sa] gouvernance, Marie-Claude Léonard refuse d’évoquer les autres hypothèses sur la table. Elle met néanmoins de la pression sur la Ville de Montréal et le gouvernement Legault.

La STM a la volonté, si l’argent est au rendez-vous, de proposer en 2023 une offre similaire à celle de 2022. C’est toujours notre objectif, répète-t-elle.

« On est toujours la solution à la crise climatique, on est un acteur clé là-dedans et on se doit de garder une offre de service attrayante. »

— Une citation de  Marie-Claude Léonard, directrice générale de la STM

Réduire l'offre de service est la dernière piste qu'on souhaite mettre en place.

Toutefois, admet-elle, j’ai quand même la responsabilité, en fonction de l’argent que je réussis à aller chercher, de faire des scénarios pour être capable d'équilibrer mon budget.

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