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Archives

Vie et mort du cours d’économie familiale

De jeunes filles en tablier cuisinant le long d'une table dans une classe.

Jusque dans les années 1970, les cours d'économie familiale étaient réservés aux jeunes filles au Québec.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Avez-vous suivi le cours d’économie familiale à l’école secondaire? Nos archives retracent les origines de cette formation devenue obligatoire pour tous les élèves au début des années 1970 avant d’être abolie avec la réforme de l’éducation au Québec.

Au Québec, dans les années 1950 et 1960, des cours d’arts ménagers sont offerts aux jeunes filles par les communautés religieuses.

Notre montage d’archives nous montre des filles d’âges divers s’adonnant au tricot, à la couture et à la cuisine sous la supervision de sœurs enseignantes, notamment à l’École supérieure Marie-Immaculée (ESMI).

Des religieuses supervisent de jeunes filles aux arts ménagers (tricot, broderie, couture et cuisine). Réalisation du montage d'archives : Patrice Pouliot.

En 1968, le ministère de l’Éducation du Québec révise ses programmes de niveau secondaire. Un comité est formé pour mettre sur pied un nouveau cours qui permettrait aux élèves de développer leur autonomie et d’être éduqués en tant que consommateurs.

Enseigné durant le premier cycle de l’école secondaire, le cours de sciences familiales est obligatoire pour les filles comme pour les garçons.

L'animatrice Aline Desjardins s'entretient avec soeur Mariette Préfontaine qui a participé à l'élaboration du cours d'économie familiale pour les étudiants et étudiantes de l'école secondaire.

À l’émission Femme d’aujourd’hui du 29 septembre 1970, l’animatrice Aline Desjardins s’entretient avec sœur Mariette Préfontaine.

Comme professeure adjointe au Département de diététique et de nutrition de l’Université de Montréal, elle a participé à l’élaboration de ce nouveau programme qui s’amorce dans les écoles secondaires du Québec.

Les garçons ne sont pas peut-être pas prêts à accepter un tel cours qu'ils associent avec de l'enseignement ménager, déclare la professeure d’entrée de jeu. Mais le cours de sciences familiales va bien au-delà des techniques de confection et de fabrication en couture ou en art culinaire.

Il prépare plutôt l’élève à faire des choix dans la société de consommation qui s’ouvre à lui avec toutes les pressions que cela représente.

Sœur Mariette Préfontaine considère aussi que les cours de sciences familiales peuvent être un outil pour l’émancipation des femmes. En connaissant les bonnes techniques, explique-t-elle, il est possible de faire notre travail en moins de temps, d'énergie et d'argent.

L’alimentation est au cœur du cours qui prendra le nom d’économie familiale en 1978 pour se conformer à l'appellation internationale.

On n’y enseigne pas seulement à cuisiner, précise la professeure, mais aussi à bien se nourrir et à choisir ses aliments. Puis, en plus de la nutrition, les élèves apprennent les principes de base en gestion des biens, du logement et de l’habillement.

À l’issue de ce programme de 180 heures, l’élève devra ainsi être en mesure d’améliorer sa prise de décision par rapport à l'utilisation des ressources personnelles ou familiales.

Le journaliste Denis Gagné rend compte de l'abolition du cours d'économie familiale en visitant une classe de l'École secondaire Roger-Comptois qui apprécie cette matière.

Dans les années 1980 et 1990, le cours d’économie familiale est obligatoire en 2e secondaire au Québec, puis optionnel en 4e ou 5e secondaire.

Toutefois, en 1997, la Commission des États généraux sur l’éducation conclut que les besoins en français, en mathématiques, en éducation physique et en histoire sont trop criants. Le cours d’économie familiale est aboli afin de prioriser ces autres matières.

L’émission L’Épicerie du 31 mai 2006 animée par Marie-Josée Taillefer et Denis Gagné souligne ainsi la fin du cours d’économie familiale au Québec.

Le journaliste Denis Gagné se rend dans une classe d’économie familiale de l’École secondaire Roger-Comtois pour constater que les élèves y découvrent la cuisine et l’alimentation, en plus d’apprendre à coudre et à gérer un budget.

Pour former un adulte qui va être capable de bien fonctionner en société, ça prend une grande diversité de connaissance, croit l’enseignante d’économie familiale Josée Lévesque.

« Tout ce qu'ils apprennent à l'école est important, tout ce qu'ils apprennent est utile. En revanche, ce qu'on voit en économie familiale, ils peuvent l'appliquer immédiatement. »

— Une citation de  L'enseignante Josée Lévesque

Interviewée par le journaliste, la professeure d’art culinaire sœur Angèle se désole également de la disparition du cours d’économie familiale à l’école secondaire. Un tremplin pour les jeunes qui donnait un sens vrai à l’alimentation.

On gérait nos ressources. On apprenait à tirer profit au maximum de ce qu'on a comme temps, comme argent, puis tout ce qu'il y a de disponible pour nous, témoigne Alexis Bédard Généreux, un élève qui avait choisi le cours d’économie familiale en option en 5e secondaire.

Les notions d’économie familiale seront désormais intégrées dans les autres matières, notamment en éducation physique, avec un volet santé et alimentation, assure Pierre Bergevin, sous-ministre adjoint au ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport.

Oui, mais en éducation physique, tu ne pourras pas pratiquer. Il n’y aura pas de cuisine, conclut l’étudiante Marie-Christine Paquin, lucide, en 2006.

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