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Enterprise Canada dément les allégations d’un avocat sur un drapeau nazi

La firme de relations publiques affirme que son associé a reçu des menaces de mort à la suite des allégations proférées par l'avocat Brendan Miller.

Me Miller quitte la salle d'audience.

L'insistance de l'avocat Brendan M. Miller lui a valu d'être escorté vers la sortie, mardi.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Radio-Canada

Entreprise Canada s'insurge contre ce qu'elle considère être des déclarations « irresponsables et imprudentes » faites par l'avocat Brendan Miller, qui représente les organisateurs du « convoi de la liberté » dans le cadre de la Commission d'enquête sur l’état d’urgence, au sujet d'un associé de la société.

Lundi, Me Miller a suggéré – sans citer de preuves – que Brian Fox, un associé de la firme de relations publiques, a brandi un drapeau nazi au milieu de la foule des manifestants à Ottawa, l'hiver dernier, afin que des photos soient prises pour discréditer le mouvement.

Le président d'Enterprise Canada, Jason Lietaer, a déclaré à l'émission Power & Politics sur les ondes de CBC News que M. Fox reçoit des menaces de mort en raison de l'allégation déjantée de Me Miller.

C'est absolument ridicule, a lancé Jason Lietaer. Cela a des répercussions réelles, je veux dire les menaces [...] il faut que cela cesse.

Dans une lettre adressée à Me Miller mardi, l'avocat d'Enterprise Canada, Jeff Galway, a déclaré que M. Fox n'était pas à Ottawa lors des manifestations qui ont eu lieu plus tôt cette année, et que sa dernière visite dans la capitale fédérale remontait à 2019.

Alors que, dans une série de questions dans le cadre de la commission, l'avocat Brendan Miller tentait de faire un lien entre la firme de relations publiques et le Parti libéral du Canada, la lettre a également précisé que M. Fox est un membre de longue date du Parti conservateur.

Me Galway a demandé à Me Miller de cesser ces allégations. Un avis officiel de diffamation est à venir, peut-on lire dans la lettre.

Mardi, Me Miller est revenu sur le sujet en affirmant qu'il n'était pas inquiet des démarches en justice que pourrait entamer Enterprise Canada. Devinez quoi? La vérité est une défense pleine et entière, a-t-il dit aux journalistes. Il a d’ailleurs affirmé qu'il aurait un témoin qui pourrait formellement identifier M. Fox comme l'homme au drapeau nazi.

M. Lietaer a déclaré que sa firme possède la preuve – sous forme de reçus et de témoins oculaires – que M. Fox était à Toronto pendant les manifestations à Ottawa. Vous ne pouvez pas tomber dans ce genre de canular. C'est manifestement faux et nous devons nous défendre contre ce genre de choses, a-t-il ajouté.

L’avocat Miller temporairement exclu de l'enquête

Lundi, le juge Paul Rouleau, qui préside la Commission sur l’état d’urgence, a reproché à Brendan Miller d'avoir laissé entendre que le directeur du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), David Vigneault, savait que M. Fox était l'homme brandissant le drapeau nazi. Le juge a déclaré que ce commentaire n'était pas une déclaration véridique.

Après un autre échange tendu mardi matin, le juge Rouleau a fait expulser Me Miller de la salle d'audience.

La Commission sur l’état d’urgence entendait mardi le témoignage du ministre de la Sécurité publique, Marco Mendicino. Alors que le juge Paul Rouleau était sur le point d'annoncer la pause habituelle du milieu de matinée, Me Miller a interrompu la séance pour dire qu'il avait parlé avec Alexander Cohen, l’attaché de presse de M. Mendicino, qui, selon l’avocat, se trouvait dans la salle d'audience.

Il a des preuves très pertinentes en ce qui concerne l'enquête, les circonstances et l'invocation de la Loi sur l’état d'urgence, a déclaré Me Miller.

Me Miller a affirmé que M. Cohen disposait de preuves concernant la désinformation au sujet d'un échange de messages texte qui aurait joué un rôle clé dans l'élaboration du récit selon lequel les manifestants à Ottawa étaient dépeints comme des extrémistes, dont certains brandissaient un symbole nazi.

Un homme s'entretient avec un autre homme vu de dos.

Le juge Paul Rouleau s'entretient avec l'avocat de Freedom Corp., Brendan Miller, avant de demander à la sécurité de le faire sortir de la salle.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Le juge Rouleau fait appel à la sécurité

Me Miller a ensuite demandé au juge Rouleau de permettre à M. Cohen, qui ne figure pas sur la liste des témoins de la commission, de témoigner auprès du ministre Mendicino. Je ne vais pas faire ça maintenant, a répondu le juge.

Eh bien Monsieur, nous avons 15 minutes pour contre-interroger et obtenir des preuves matérielles. Le gouvernement du Canada a expurgé sans autorisation légale toutes les déclarations de ces employés et a supprimé les dossiers, a soutenu Brendan Miller, visiblement en colère.

Le juge Rouleau a répondu que la commission avait un calendrier serré à respecter et a demandé à Me Miller de parvenir à un accord avec l'avocat de la commission pendant la pause. Monsieur, le calendrier n'est pas aussi important que d’obtenir la vérité, a rétorqué Me Miller.

Il n'y a aucun doute que nous voulons obtenir la vérité, mais vous savez quoi, c'est une question très complexe et il ne s’agit seulement pas de ce que vous voulez, a dit le juge Rouleau.

Après la pause, le juge a informé Me Miller que toute demande d'ajout d'un témoin devait être faite par écrit. Les deux hommes ont eu un bref échange avant que le juge demande une autre pause.

Je reviendrais dans cinq minutes, si la sécurité pouvait s'occuper de l’avocat, a-t-il dit.

Documents expurgés

Me Miller a ensuite quitté la salle d'audience. À l'extérieur, il s'est arrêté pour parler aux journalistes en mêlée de presse pour se plaindre de nouveau de certains des documents caviardés et présentés par le gouvernement fédéral comme preuves devant la commission.

Ils ont caviardé ces documents en prétendant qu'ils n'étaient pas pertinents ou qu'ils faisaient l'objet d'un secret ministériel, alors que la loi est parfaitement claire, indéniablement claire, sur le fait que le secret du Cabinet ne s'applique pas aux membres du personnel politique, a-t-il dit.

Ils ont essayé de transformer toute cette procédure en une enquête sur les échecs de [Peter] Sloly, l'ancien chef de police d'Ottawa, plutôt que sur l'invocation de la Loi sur les mesures d'urgence.

Me Miller est ensuite parti avec Tamara Lich, l'une des organisatrices du convoi de la liberté, qui a témoigné devant la commission au début du mois.

Lorsque les audiences ont repris, le juge Paul Rouleau a dit à l'avocat Keith Wilson, qui a également témoigné devant la commission, que le procureur représentant les organisateurs du convoi de la liberté aurait la possibilité de contre-interroger M. Mendicino après la pause du dîner.

Me Miller a été autorisé à retourner dans la salle d'audience et, juste avant 16 h, il a commencé à contre-interroger le ministre Mendicino. Avant de commencer, il a présenté de brèves excuses au juge Rouleau.

Avant de commencer, je m'excuse de vous avoir coupé la parole plus tôt dans la journée, a dit Brendan Miller.

D'après un texte de Darren Major, Alistair Steele et Catharine Tunney

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