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La Scala de Milan défend son opéra russe 

Photo au plan large de l'intérieur du théâtre italien, tout en rouge et en or.

La Scala ouvrira sa prochaine saison le 7 décembre avec l'opéra «Boris Godounov».

Photo : Getty Images / Vittorio Zunino Celotto

Agence France-Presse

Le premier opéra d’Italie, La Scala, est loin de « faire de la propagande » pour Vladimir Poutine en ouvrant sa saison avec l'opéra Boris Godounov, du compositeur russe Modeste Petrovitch Moussorgski, selon les propos exprimés mardi par son directeur, Dominique Meyer, critiqué pour cette programmation dans le contexte de la guerre en Ukraine.

Le consul ukrainien à Milan, Andrii Kartysh, avait demandé en vain au prestigieux théâtre de revoir la programmation pour sa traditionnelle première du 7 décembre, estimant qu'il existait un risque d'éléments propagandistes en faveur du président russe.

Nous ne faisons l'apologie de personne et certainement pas de M. Poutine, c'est ridicule, a déclaré M. Meyer à l'Agence France-Presse (AFP) en marge de la présentation à la presse de l'opéra de Moussorgski (1839-1881) sur le tsar russe Boris Godounov, basé sur le drame du même nom d'Alexandre Pouchkine.

M. Kartysh fait une erreur en attaquant des amis. Nous avons donné des preuves d'amitié, nous avons organisé un grand concert au profit des victimes de la guerre en Ukraine qui a rapporté 400 000 euros (environ 550 000 dollars canadiens), a souligné M. Meyer.

La Scala a également accueilli des enfants de l'école de danse de Kiev et hébergé leurs parents, a-t-il ajouté.

Une parabole sur la dictature

Nous jouons un opéra qui est un grand chef-d'œuvre de l'histoire de l'art et ceux qui doutent de ce projet devraient peut-être commencer par lire le livret, a estimé M. Meyer, rappelant que l'idée de présenter l'opéra russe était venue il y a trois ans, bien avant la guerre en Ukraine.

Ils verront que les dictateurs ne s'en sortent pas si bien que ça [dans cet opéra, qui est] une parabole sur la dictature, a-t-il relevé.

Quant aux critiques concernant le choix de chanteurs et chanteuses russes, M. Meyer a fait valoir que la basse Ildar Abdrazakov, dans le rôle-titre de Boris Godounov, ou la soprano Anna Netrebko, prévue pour un récital en mars à la Scala, sont des artistes et pas des personnages politiques.

À l'inverse, Valery Gergiev, célèbre chef d'orchestre russe réputé proche de Vladimir Poutine, est un grand artiste, mais aussi un homme politique, a-t-il souligné.

La Scala de Milan avait écarté M. Gergiev des représentations d'un opéra de Tchaïkovski, au début de mars, après son refus de prendre ses distances avec l'invasion de l'Ukraine par Moscou.

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