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Surdoses mortelles : des comprimés de drogue qui inquiètent au Saguenay-Lac-Saint-Jean

Une pilule sur laquelle il est écrit le chiffre 8.

Dans son « alerte surdoses » lancée samedi, le CIUSSS a publié des photos de comprimés semblables à ceux-ci.

Photo : Police régionale d'Halifax

Une intervenante en toxicomanie craint que les comprimés de drogue qui ont causé deux surdoses mortelles récemment dans la région ne fassent davantage de ravages, alors que ce mode de consommation est populaire chez les jeunes.

La santé publique régionale met en garde la population et les intervenants du milieu contre la consommation de comprimés de drogue triangulaires blancs, qui ont causé deux surdoses dans la région.

Les substances contenues dans ces comprimés sont pour l’instant inconnues, précise le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la région, dans une alerte surdoses lancée vendredi dernier.

L’avis a été transmis au lendemain de la médiatisation du décès récent de deux jeunes de 18 ans et de 19 ans, à Chicoutimi et à Hébertville, qui auraient succombé à une surdose de drogue.

Un communiqué avec une photo de comprimés.

Le CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean a publié cette alerte vendredi.

Photo : Capture d'écran

Le CIUSSS ne fait toutefois pas de lien direct avec ces événements dans la note. L’organisation rappelle que de la naloxone peut être utilisée en cas de surdose et qu'il faut composer le 911. La naloxone est administrée sous forme de vaporisateur et peut être obtenue en pharmacie.

Lundi, aucun intervenant du CIUSSS n’était disponible pour accorder une entrevue au sujet de l’alerte publiée.

Une situation inquiétante pour les jeunes

La situation inquiète Anaïs Vanessa Poirier, qui est intervenante sociale et agente de liaison à l’organisme communautaire Le Séjour, à Jonquière. La ressource est la seule maison d’hébergement du réseau public consacrée à la toxicomanie dans la région.

Ma clientèle est à risque de le faire aussi, de la voir passer, a-t-elle indiqué. Le milieu est petit, quand même, la drogue se propage assez rapidement. Donc, c’est quand même inquiétant.

Une femme pose assise dans son bureau.

Anaïs Vanessa Poirier est intervenante sociale et agente de liaison à la maison d’hébergement Le Séjour.

Photo : Radio-Canada / Myriam Gauthier

Elle s’inquiète en particulier pour les jeunes, qui sont attirés par la consommation de comprimés.

« C’est quand même important d’en parler, au niveau de l’impact, pour notre clientèle, puis pour les jeunes. [...] Ça circule beaucoup, ce genre de comprimés là, en fait, ça circule beaucoup chez les jeunes. »

— Une citation de  Anaïs Vanessa Poirier, intervenante à la maison Le Séjour

Le Service de travail de rue de Chicoutimi a également lancé un appel à la prudence samedi, en partageant l’alerte publiée par la santé publique. L’organisme a également rappelé ses services d’aide pendant la fin de semaine. Le Service de travail de rue a indiqué ne pas être en mesure d’accorder d’entrevue, lundi.

Pas nécessairement une nouvelle drogue

Anaïs Vanessa Poirier, qui travaille dans le milieu depuis 11 ans, estime toutefois que les comprimés triangulaires qui circulent ne sont pas nécessairement une nouvelle drogue.

Mon opinion, c’est que ce n’est pas nécessairement nouveau, mais c’est plutôt, peut-être, quelque chose qui est mal dosé ou quoi que ce soit, a-t-elle avancé. Probablement du fentanyl, parce qu’ils l’ont dit de toute façon dans le communiqué, c’est pas mal dans ce créneau-là. Puis, on sait qu’avec le fentanyl, c’est risque d’arrêt cardiorespiratoire.

De leur côté, la Sûreté du Québec (SQ) et le Service de police de Saguenay (SPS) n’ont pas voulu commenter le dossier de la mort des deux jeunes adultes, qui se retrouve maintenant entre les mains du coroner. Le SPS avait assuré la semaine dernière qu’aucune nouvelle drogue ne circulait sur le territoire.

Une augmentation des problèmes de consommation

Les problèmes de consommation ne touchent toutefois pas que les jeunes, rappelle l’intervenante Anaïs Vanessa Poirier, qui constate à la maison d’hébergement Le Séjour une augmentation des problèmes de consommation depuis le début de la pandémie.

En général, même chez les clients que, peut-être, on avait avant, il y a une augmentation claire qui est présente, souligne-t-elle.

Deux portes de bureau avec des stores.

Le Séjour est la seule maison d’hébergement en toxicomanie du réseau public du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Photo : Radio-Canada / Myriam Gauthier

L’isolement en a incité plusieurs à se tourner vers la consommation. Pour d’autres, le télétravail a augmenté la consommation d’alcool ou de drogues. Il y a des gens qui ont développé peut-être plus une dépendance ou une habitude, si on veut, pendant la pandémie, ajoute Mme Poirier.

La consommation de crack et d’alcool, en particulier, a augmenté, constate-t-elle.

Cette augmentation de la consommation et la réduction du nombre de lits pendant la pandémie ont augmenté les temps d’attente pour obtenir une place dans la maison d’hébergement.

J’ai à peu près une quinzaine de personnes sur ma liste d’attente. Donc, tant qu’il n’y a personne qui sort… Je peux vous dire que je vois plus de gens qui ont besoin d’aide au sevrage aussi, indique Mme Poirier.

L’organisme privilégie ainsi les séjours plus courts dans son offre de services. Le Séjour vient toutefois d’augmenter son nombre de lits de 8 à 12, alors que les mesures sanitaires ne permettaient pas d’accueillir plus d’une personne par chambre.

L'entrée extérieure d'une maison d'hébergement avec une longue rampe pour les personnes handicapées.

La maison d'hébergement Le Séjour est située à Jonquière.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Lamothe

Le centre de jour de l’organisme communautaire a aussi repris ses activités. L’endroit permet d’accueillir pendant la journée des personnes qui ne sont pas hébergées dans la ressource, que ce soit pour prendre un café ou pour parler à un intervenant.

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