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Un nombre record de 2400 infirmières d’agences privées à temps plein au Québec

Le président de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec, Luc Mathieu, estime qu’il est temps de « casser » cette tendance.

Des infirmières.

Un tel nombre d'infirmières d'agences privées n'avait pas été atteint depuis 10 ans.

Photo : iStock

Lors de l’Assemblée générale annuelle de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) tenue lundi, le ministre de la Santé, Christian Dubé, n'a pas manqué l’occasion de rappeler son expression consacrée depuis quelques mois : améliorer les conditions de travail pour « devenir un employeur de choix ».

Selon le dernier rapport sur l'effectif infirmier 2021-2022 de l'OIIQ consulté par Radio-Canada, plus de 3,2 % du personnel infirmier, soit 2400 personnes, exerçait la profession principalement auprès d’agences de placement ou de soins privés, en mars dernier.

Un tel niveau n’avait pas été atteint depuis 10 ans.

Selon le président de l'OIIQ, Luc Mathieu, il faut trouver les recettes de conciliation travail-famille [...] parce que si les infirmières et infirmiers se rendent trop captifs dans le réseau de la santé, ils vont continuer à faire ce qu’ils ont commencé à faire depuis quelques années : ils vont aller dans le privé, parce que dans le privé, ils peuvent choisir leur horaire et se montrer disponibles.

« L’effet de ça, c’est que ça coûte plus cher pour le réseau avec les contrats qu’ils ont avec les établissements de santé, donc il faut casser ça, il faut travailler sur les facteurs qui vont favoriser la rétention. »

— Une citation de  Luc Mathieu, président de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec

Lors de l’étude des crédits budgétaires, au mois d’avril dernier, le ministre Dubé se disait favorable à une réduction substantielle dans les prochains mois, les prochaines années, du recours aux agences.

Le taux de main-d'œuvre indépendante se maintient à environ 5 % pour les infirmières, d'après les données du ministère.

Un record de temps plein

Selon le dernier rapport sur l'effectif infirmier, on comptait fin mars 1134 infirmières et infirmiers de plus que l’année précédente, pour un total de 75 600 ayant un emploi.

Luc Mathieu.

Luc Mathieu, président de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec, souligne que l'effet des agences privées est notamment une augmentation des coûts.

Photo : Radio-Canada

La profession est toujours attractive [...] malgré des conditions d’exercice rendues encore plus difficiles avec la pandémie, qui ont notamment eu pour résultat de créer des situations de pénurie dans le réseau de la santé et des services sociaux, affirme Luc Mathieu.

Pour la première fois, plus de la moitié (51 %) des infirmières et infirmiers qui ont fait leur entrée dans la profession exerçaient à temps complet, ce qui représente une progression de 13 points de pourcentage. Un nombre inégalé d’infirmières et infirmiers travaillent à temps complet, soit 68,4 % de l’effectif.

Selon l’Ordre, ces hausses seraient en partie attribuables aux décrets et aux mesures incitatives du gouvernement pour faire face à l’urgence sanitaire.

À la veille de négocier de nouvelles conventions collectives, le ministre Dubé s’est dit ouvert, devant l’assemblée générale de l’Ordre, aux demandes concernant le travail à temps partiel.

18 600 permis en cinq ans

L’Ordre a également délivré 3565 nouveaux permis d’exercice en 2021-2022, pour un total de près de 19 000 en cinq ans.

Lors de l’étude des crédits en santé, au mois d’avril dernier, la sous-ministre adjointe Josée Doyon est venue expliquer aux députés que la diplomation, l’immigration et les autres mesures annoncées ne réussiront pas de façon certaine à combler les besoins.

Selon son évaluation, 28 000 embauches seront nécessaires au cours des cinq prochaines années.

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