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Une première en Amérique du Nord pour l’industrie du recyclage des batteries

La raffinerie promet des emplois plus stables que ceux que l’on trouve dans les mines, qui ont une durée de vie de 5 à 15 ans.

Un technicien de laboratoire secoue des flacons.

Electra utilise l’hydrométallurgie, dont le procédé repose sur l’utilisation d’acides forts, pour purifier, extraire et produire des éléments qui servent à fabriquer des batteries.

Photo : Radio-Canada / AYA DUFOUR

La minière Electra lance bientôt la production dans sa raffinerie de cobalt, des installations qui pourront aussi traiter des résidus électroniques pour en extraire des minéraux importants pour la transition énergétique.

À première vue, la bâtisse grisâtre qui abrite le parc de matériaux pour batteries d’Electra ne se distingue pas des autres bâtisses industrielles qui se trouvent dans la région de Cobalt, dans le Nord de l’Ontario.

Mais l’on trouve ici une infrastructure qui n’existe nulle part ailleurs sur le continent américain.

Bâtisse d'Electra Battery Materials, vue de l'extérieur.

Electra Battery Materials est la seule raffinerie de cobalt en Amérique du Nord.

Photo : Radio-Canada / AYA DUFOUR

Dans quelques mois, la minière Electra recyclera sur ce site les batteries trouvées dans les déchets électroniques pour en extraire du cobalt, un minerai important pour les véhicules électriques.

Le cobalt, les véhicules électriques, et la Chine

  • Avec sa résistance à la chaleur, à l’usure et à la corrosion, le cobalt prolonge la durée de vie des batteries lithium-ion qu’on utilise dans les cellulaires et les véhicules électriques.

  • La Chine domine actuellement le marché de raffinage de cobalt en produisant près de 80 % de l’approvisionnement mondial.

Trouver sa place dans la chaîne d’approvisionnement

Lorsqu’il a commencé à s’intéresser au Nord ontarien, le président-directeur général d’Electra Trent Mell espérait découvrir des gisements de cobalt et développer une mine.

Portrait de M. Mell.

Trent Mell est avocat de formation.

Photo : Radio-Canada / AYA DUFOUR

Mais la possibilité de racheter les installations d’une raffinerie de Cobalt s’étant placée à l’abri de ses créanciers en 2017 est venue bouleverser ce plan.

Les permis étaient déjà en place, alors que d’habitude ce genre de processus peut prendre des années, se souvient M. Mell.

Pour éviter le même sort que les anciens propriétaires de la raffinerie, dont la faible production a mené à la faillite, Electra a investi 100 M$ pour moderniser et agrandir les infrastructures existantes.

Des travaux de construction sur une structure métallique.

Les travaux devraient être terminés au début 2023, alors qu'Electra doit entrer en production pour respecter son entente avec le fournisseur sud-coréen LG Energy Solutions.

Photo : Radio-Canada / AYA DUFOUR

Ces travaux ont augmenté la capacité de production de l’entreprise par un facteur de cinq.

Récupérer les matériaux critiques des déchets électroniques

En plus de raffiner le cobalt, Electra s’est dotée des infrastructures nécessaires pour recycler les matériaux dans les batteries usées.

Un flacon.

Les acides forts permettent d'isoler les éléments qui servent à fabriquer des batteries.

Photo : Radio-Canada / AYA DUFOUR

Depuis deux ans, Electra étudie différentes façons d’extraire les matériaux stratégiques de ces déchets électroniques, qui arrivent au sein de l'usine sous la forme d'une poudre noire avant d'être transformés.

Le processus est relativement nouveau et expérimental, mais c’est un prolongement normal de ce que l'on veut faire en tant que raffineurs de Cobalt, explique M. Mell.

Une machinerie spécialisée.

En investissant dans de l’équipement de laboratoire spécialisé, Electra peut déterminer la pureté d’un échantillon le jour même de l’extraction.

Photo : Radio-Canada / AYA DUFOUR

L’entreprise a construit un laboratoire à l’intérieur même de l’usine pour étudier les échantillons de poudre noire et obtenir les résultats rapidement.

Les résultats des derniers mois sont très prometteurs, selon Graham Kinsman, un des technologues du laboratoire. Il y a une importante concentration de matériaux recouvrables dans ces batteries que l’on peut ensuite extraire et réutiliser.

Trois échantillons de poudre noire sur une table.

Cette poudre, également appelée black mass, est constituée de métaux rares comme le lithium, le graphite, le nickel, le cobalt et le manganèse, des éléments essentiels au fonctionnement des batteries.

Photo : Radio-Canada / AYA DUFOUR

Récupérer ces matériaux est une façon durable d’augmenter la production de cobalt, un minerai qui sera très prisé pour l’électrification des transports dans la prochaine décennie, se réjouit M. Kinsman.

Ça me rassure qu’on ait maintenant une façon de recycler ces matériaux, au lieu de les enfouir dans un dépotoir, confie M. Kinsman.

Peu d’entreprises ont les infrastructures requises pour faire ce genre de raffinage, mais la situation pourrait changer alors que de plus de plus de batteries usées font leur entrée dans le marché, croit M. Mell.

Des travaux de construction.

Les déchets qui ne peuvent être recyclés seront enfouis dans le dépotoir de résidus miniers derrière l'usine.

Photo : Radio-Canada / AYA DUFOUR

Ça va prendre environ huit Electra sur ce continent pour répondre aux besoins pour les véhicules électriques. Ce que l'on fait ici, ça va être répété au Québec et ailleurs. C’est vraiment le début d’une toute nouvelle industrie, affirme-t-il.

Se tailler une place dans la communauté

À Cobalt, le regain d’intérêt pour le minerai dont la ville porte le nom fait sourciller les résidents de la région.

Ces derniers ont subi les contrecoups de la baisse mondiale des prix du cobalt dans les années 1960, et la petite communauté d’environ 1000 habitants se trouve aujourd’hui entourée de mines abandonnées.

Des employés dans la salle de contrôle.

La raffinerie emploie présentement une soixantaine de personnes, et pourrait recruter davantage d'employés à l'avenir selon la demande.

Photo : Radio-Canada / AYA DUFOUR

La raffinerie promet toutefois des emplois plus stables que ceux que l’on trouve dans les mines, qui ont une durée de vie de 5 à 15 ans.

Les actifs des raffineries peuvent demeurer en fonction pendant une centaine d’années. Ce sont des carrières assez spécialisées, bien rémunérées et situées à proximité de la communauté, insiste M. Mell.

C’est le genre d’emploi qui attire de nouveaux résidents, comme M. Kinsman, qui a déménagé d’Ottawa pour s’installer dans le Témiscamingue ontarien.

Bâtir de bonnes relations avec la communauté est l’une des priorités de Cristy Knott, responsable de l’environnement pour Electra.

Des travailleurs discutent dans l'usine.

La réouverture de la raffinerie de Cobalt revitalise l'économie de la région.

Photo : Radio-Canada / AYA DUFOUR

Les résidents ont beaucoup d’espoir dans ce projet, dit-elle. Notre rôle est de respecter nos obligations envers l’environnement et de protéger l’air, le sol, et l’eau à long terme.

Selon Mme Knott, le risque le plus important pour l’environnement de la région est la gestion des eaux usées. On établit des plans et des procédures maintenant, avant que la production commence, pour qu’on puisse rapidement mettre des correctifs en cas d’incident.

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