•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Élection au Kazakhstan : le président Tokaïev réélu sans concurrence

Le président du Kazakhstan, Kassym-Jomart Tokaïev, lors d'une conférence

Le président du Kazakhstan, Kassym-Jomart Tokaïev

Photo : Getty Images / AFP/MIKHAIL KLIMENTYEV

Agence France-Presse

Le président sortant du Kazakhstan, Kassym-Jomart Tokaïev, a nettement remporté l'élection présidentielle, en l'absence d'opposition, confirmant son statut de nouvel homme fort du plus grand pays d'Asie centrale, au terme d'une année noire pour cet État riche en ressources naturelles.

Selon les résultats préliminaires donnés lundi par la Commission électorale, l’homme de 69 ans arrivé au pouvoir en 2019 a obtenu 81,31 % des voix. La participation au scrutin s'est élevée à 69,44 %.

Comme attendu, ses cinq opposants ont fait de la figuration, aucun d'entre eux ne dépassant les 3,42 %.

Quant à l'option de vote contre tous, nouveauté de ce scrutin, elle a séduit 5,8 % des électeurs et est arrivée en deuxième position.

Les observateurs internationaux de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ont regretté lundi l'absence de véritable concurrence lors de la campagne, appelant le gouvernement à des réformes.

Situé au carrefour d'importantes routes commerciales, le Kazakhstan a plongé dans le chaos en janvier lorsque des manifestations contre la vie chère ont dégénéré en émeutes, avant d'être brutalement réprimées. Bilan : 238 morts.

Le pays reste traumatisé par cette crise et, signe que les tensions persistent, les autorités ont annoncé jeudi avoir arrêté sept partisans d'un opposant en exil, accusés de fomenter un coup d'État.

Des gens vident une boîte de scrutin dans un bureau électoral du Kazakhstan.

Des membres de la commission électorale du Kazakhstan vident une boîte de scrutin dans un bureau de vote à Astana.

Photo : Getty Images / AFP / VYACHESLAV OSELEDKO

Dans la nuit de dimanche, M. Tokaïev, qui avait obtenu près de 71 % des voix en 2019, a appelé à l'unité pour réaliser le programme de sa réforme constitutionnelle de juin.

Cette élection ouvre une nouvelle ère et toutes les principales institutions du pouvoir seront réformées, a-t-il promis.

Il a répété son attachement aux réformes économiques et à la fin du monopole au pouvoir, comme l'a connu le Kazakhstan durant les trois décennies du règne de Noursoultan Nazarbaïev, démissionnaire en 2019.

Vers un Nouveau Kazakhstan

Le président-candidat avait fait campagne en portant son projet visant à créer un Nouveau Kazakhstan, plus juste. Mais les difficultés économiques persistent, tout comme les réflexes autoritaires.

M. Tokaïev, qui a fourbi ses premières armes en tant que diplomate soviétique, est devenu à l'indépendance un homme-clé du régime Nazarbaïev.

Après avoir été considéré comme l'homme de main de son prédécesseur, le président kazakh a officiellement entrepris de couper le cordon pendant la crise de janvier.

Il s'est mué cette année en dirigeant implacable, faisant tirer sur les émeutiers en janvier, arrêtant des proches du clan Nazarbaïev, puis tenant tête au président russe Vladimir Poutine.

Une lutte des clans qui n'a pas empêché M. Nazarbaïev d'être le premier à féliciter son ex-protégé pour sa réélection, preuve incontestable de la foi inébranlable du peuple dans (ses) réformes.

Un homme est arrêté par la police au Kazakhstan.

Une quinzaine de personnes ont manifesté à Almaty, au Kazakhstan, pour réclamer des élections libres. Elles ont toutes été arrêtées.

Photo : Getty Images / AFP / RUSLAN PRYANIKOV

Si l'identité du vainqueur était cousue de fil blanc, un léger suspens planait quant au pourcentage de voix que récolterait M. Tokaïev, pur produit de l'époque soviétique qui se veut l'homme du renouveau.

Ce Nouveau Kazakhstan que M. Tokaïev appelle de ses vœux, notamment avec la fin d'un régime superprésidentielle, a du mal à se débarrasser de ses réflexes autoritaires après trois décennies passées sous la coupe de l'omnipotent Noursoultan Nazarbaïev.

À l'image de cette élection dans la droite ligne de l'époque Nazarbaïev, qui avait récolté 98 % des voix en 2015, le paysage politique reste déserté et l'opposition muselée par la pression des autorités.

Et dimanche, l'AFP a vu plusieurs votants se prendre en photo devant des bureaux de vote, nombre d'électeurs invoquant l'obligation de montrer lundi la photo à leur employeur.

En dépit de ce score écrasant et de l'absence de concurrence, M. Tokaïev a estimé que cette campagne avait été équitable et ouverte.

Avant le scrutin, les observateurs électoraux internationaux de l'OSCE ont déploré que leurs recommandations relatives aux libertés fondamentales et aux conditions d'éligibilité et d'inscription des candidats soient restées sans suite.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

En cours de chargement...