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Dix ans après la fermeture d’Acadian Lines, le patron de Maritime Bus ne regrette rien

« On ne comprenait pas l’industrie du transport de longue distance, mais on y croyait. »

Un autobus voyageur bleu d'Acadian Lines circule sur une route rurale qui traverse un champ entouré de conifères, en été.

Un autobus voyageur d'Acadian Lines circule à Stewiacke, en Nouvelle-Écosse, le 8 août 2012.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Radio-Canada

Le 1er décembre, il y aura 10 ans que Maritime Bus existe.

En 2012, le Groupe Orléans Express, propriétaire d’Acadian Lines, annonçait qu’elle allait mettre fin au service d’autocar dans les provinces maritimes, disant avoir perdu 12 millions de dollars depuis son acquisition, huit ans plus tôt.

Acadian Lines sillonnait les routes du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse et de l’Île-du-Prince-Édouard depuis 1937.

Un coup de tête

Il n’a pas fallu beaucoup de temps pour qu’un entrepreneur des Maritimes, Mike Cassidy, saute sur l’occasion de rescaper le service.

C’était une décision spontanée, se souvient-il.

Mike Cassidy pose pour une photo, debout à côté d'un autobus voyageur.

Mike Cassidy, propriétaire de Maritime Bus

Photo : CBC / Steve Bruce

Dès qu’il a appris la nouvelle de la fermeture d’Acadian Lines, il s’était dit qu’il réussirait à faire fonctionner le service là où ses propriétaires québécois venaient d’échouer.

« On ne comprenait pas l’industrie du transport de longue distance, mais on y croyait. On croyait en nos trois provinces. »

— Une citation de  Mike Cassidy, propriétaire de MaritimeBus

On n’a même jamais fait de plan d’affaires, on n’a pas insisté pour voir les états financiers. On n’a jamais examiné pourquoi les propriétaires précédents avaient perdu de l’argent, a-t-il déclaré la semaine dernière, lorsqu’on lui a demandé au téléphone de faire le bilan de ses 10 ans à la tête du service de transport.

On a simplement dit : les autocars sont nécessaires dans la région et on va s’en occuper. C’est comme ça que Maritime Bus est né, a-t-il relaté.

Un autobus voyageur blanc stationné, avec une porte ouverte.

Un autobus de l'entreprise Maritime Bus à la gare de Moncton en juin 2021.

Photo : Autre banques d'images / Guy Leblanc

Mike Cassidy n’était pas un néophyte. Il avait une compagnie d’autobus nolisés et, depuis 2005, il gérait le service municipal de transport en commun à Charlottetown.

Mais faire circuler des autocars chaque jour à travers 40 communautés, dans trois provinces, était un tout autre animal.

Des débuts frénétiques en pleine période des Fêtes

Les autobus d’Acadian Lines sont rentrés au garage pour la dernière fois à minuit le 30 novembre 2012. À six heures le lendemain matin, Maritime Bus prenait la relève. On ne savait même pas s’il y aurait du monde! Mais ils sont venus, se rappelle Mike Cassidy.

Un autobus bleu d'Acadian Lines est stationné au terminus. Un homme est assis le long du bâtiment, la tête penchée sur un journal.
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Un homme attend l'autobus au terminus d'Acadian Lines, à Halifax en Nouvelle-Écosse, le 8 août 2012.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

La courbe d’apprentissage a été pour le moins abrupte, spécialement à ce temps de l’année.

Les colis, Noël, se remémore l’entrepreneur. Tout était à apprendre. En décembre 2012, la quantité de colis expédiés pour Noël à travers les Maritimes, au Québec et en Ontario, était phénoménale.

« C’était le chaos, mais c’était très exaltant. »

— Une citation de  Mike Cassidy, au sujet du premier mois de Maritime Bus

Les choses se sont placées dans les mois qui ont suivi. En 2013, Maritime Bus mettait sur pied un système de réservation, ce que son prédécesseur n’avait même pas.

Les passagers avaient maintenant leur siège garanti dans l’autobus, et l’entreprise savait combien de passagers elle était assurée de transporter quotidiennement.

En 2019, l’achalandage des autocars de Maritime Bus avait augmenté de 14 %. Le transporteur était passé de 167 000 passagers annuels à 191 000.

Enfin la relance après le choc de la COVID

Au printemps 2020, la pandémie est venue déstabiliser tous les transports, dont le service quotidien régional des Maritimes.

Orléans Express au Québec et Greyhound en Ontario ont interrompu leur service, dit Mike Cassidy.

On ne savait pas quoi faire. COVID représentait l’inconnu, confie-t-il. On s’est dit que si on arrêtait, nos clients perdraient confiance et ne reviendraient peut-être plus. N’oublions pas que nous sommes un service essentiel.

Des bus neufs sont alignés dans le stationnement de l'entreprise Maritime Bus de Charlottetown.

Des autocars de Maritime Bus à Charlottetown, à l'Île-du-Prince-Édouard, en septembre 2020.

Photo : Julien Lecacheur

Le service quotidien a été réduit à trois jours par semaine, et le nombre d’employés est passé de 515 à 175. Des années désastreuses, dit Mike Cassidy. Il affirme que la pandémie a fait perdre près de 60 millions de dollars à Maritime Bus en deux ans.

La COVID-19 a failli avoir raison des trajets vers Edmundston et Campbellton. Le gouvernement de Blaine Higgs avait au départ refusé d’aider à sauver les liaisons avec le nord du Nouveau-Brunswick.

Finalement, le gouvernement provincial et le gouvernement fédéral ont octroyé une aide financière au transporteur.

Maritime Bus est à nouveau sur une pente ascendante depuis mai 2022, a déclaré Mike Cassidy la semaine dernière. L’achalandage revient à des niveaux qui approchent ceux des années avant le début de la pandémie.

L’achalandage est maintenant d’environ 80 % de ce qu’il était en 2019, affirme-t-il, et les autocars circulent six jours par semaine.

La confiance que Mike Cassidy a envers le transport par autobus voyageur est indéfectible. Il envisage avec optimisme l’avenir de Maritime Bus.

Avec les prix du carburant et la hausse du coût de la vie qui se combinent aux préoccupations environnementales, l’intérêt pour le transport collectif ne peut qu’être en croissance, soutient l’homme d’affaires.

Dix ans après la disparition d’Acadian Lines, en dépit de la frénésie des premiers mois et des bâtons que la pandémie a mis dans les roues de Maritime Bus, Mike Cassidy ne regrette aucunement sa décision spontanée de l’été 2012, et déclare qu’il ne ferait rien de différent.

Quand j’y repense, je me dis que c’était la meilleure chose à faire, dit-il. Soyez spontanés, soyez passionnés, soyez dédiés au transport par autobus dans votre région.

D’après le reportage de Steven Webb, CBC

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