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Envoyé spécial

COP27 : des voix de l’Afrique pour protéger le climat

Des voix d'Afrique se sont élevées à Charm el-Cheikh, en Égypte, pour exprimer l’urgence climatique qui touche leur continent. Notre envoyé spécial a rencontré quelques champions africains du climat.

Des participants africains à la COP27.

Plusieurs pays d'Afrique et d'ailleurs dans le monde réclamaient la création d'un fonds pour compenser les pertes occasionnées par les changements climatiques.

Photo : Reuters / Mohamed Abd El Ghany

La conférence des Nations unies sur le climat de Charm el-Cheikh a été décrite comme la COP africaine. Les 54 pays de l’Afrique génèrent seulement 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

Et pourtant, le continent africain est en première ligne des changements climatiques. Sécheresses à répétition, inondations dévastatrices, érosion du littoral, cyclones destructeurs. Les dégâts irréparables causés par les bouleversements du climat chamboulent les vies.

Ndeye Astou Sylla.

La Sénégalaise Ndeye Astou Sylla est membre du Réseau de communication et de développement des femmes sénégalaises (RECODEF).

Photo : Radio-Canada

« Il y a non seulement une injustice climatique entre le Nord et le Sud, mais aussi entre les hommes et les femmes. Ce sont les femmes qui en subissent le plus les effets, qui marchent des kilomètres pour aller chercher l’eau et le bois ou qui gèrent la famille après les inondations. »

— Une citation de  Ndeye Astou Sylla, du Réseau de communication et de développement des femmes sénégalaises
Aminetou Bilal.

Aminetou Bilal, originaire de Mauritanie, militante environnementaliste et directrice de l'ONG Selfie Mbalite.

Photo : Radio-Canada

« La Mauritanie est un pays coincé entre le désert et la mer. Le niveau des mers monte et gruge la côte, et le désert gruge de l’autre côté. Les dommages sont irréversibles. Les gens n’ont pas idée à quel point les changements climatiques bouleversent notre vie de tous les jours. Quand il y a de la sécheresse ou des inondations, les enfants ne vont pas à l’école. Ça arrive de plus en plus souvent. »

— Une citation de  Aminetou Bilal, militante environnementaliste et directrice de l'ONG Selfie Mbalite
Ewi Stephanie Lamma.

Ewi Stephanie Lamma, originaire du Cameroun et militante à FOREP Cameroon pour la protection de la forêt.

Photo : Radio-Canada

« Au Cameroun, les peuples autochtones n’ont rien à dire quand les compagnies minières et les pétrogazières coupent la forêt. La disparition de la forêt bouleverse complètement le cycle de l’eau dans notre pays. Les rivières s’assèchent, ou alors elles débordent, et les personnes ne sont pas capables de se faire entendre par le gouvernement. Les gens se déplacent et les villages ferment. »

— Une citation de  Ewi Stephanie Lamma, militante à FOREP Cameroon pour la protection de la forêt
Hubert Stephy Tchuigoua.

Le Camerounais Hubert Stephy Tchuigoua dirige l'ONG Family Green Corporation qui travaille avec les petits agriculteurs.

Photo : Radio-Canada

« Les petits agriculteurs vivent le bouleversement du climat tellement intensément. Les cultures ne poussent plus à la même date, et ça bouleverse les rituels culturels qui y sont rattachés. Pour ma part, j’essaie de leur apprendre à diversifier leurs activités pour qu’ils ne soient pas complètement détruits par la perte de leur production. Nous leur apprenons l’agroécologie pour remettre en place la biodiversité locale. »

— Une citation de  Hubert Stephy Tchuigoua, directeur de l'ONG Family Green Corporation
Sommet sur le climat en Egypte
Aissatou Oumarou Ibrahim.

Aissatou Oumarou Ibrahim, originaire du Tchad, fait partie d'un peuple autochtone du Sahel, les Peuls.

Photo : Radio-Canada

« En tant que peuple du Sahel, les Tchadiens sont frappés de plein fouet par les changements climatiques. Mais les peuples autochtones comme le mien, les Peuls, le sont encore plus, parce qu’ils n’ont aucune voix. Nous sommes des semi-nomades dans le Sahel, l’un des endroits les plus vulnérables aux bouleversements du climat. On est un pays du désert, mais il y a de plus en plus d’inondations. C’est dur, très dur. »

— Une citation de  Aissatou Oumarou Ibrahim, originaire du Tchad
Neema Walters Namadamu.

Neema Walters Namadamu, une féministe originaire de la République démocratique du Congo, a fondé Hero Women Rising.

Photo : Radio-Canada

« Chez nous, les pipelines de pétrole et de gaz poussent partout, et surtout dans la forêt du bassin du Congo, la deuxième forêt tropicale en importance au monde. La forêt est détruite pour faire de la place à des énergies qui aggravent les changements climatiques. Les populations doivent quitter leur communauté, la faune et la flore sont détruites à jamais. C’est un cycle infernal pour assouvir les besoins en énergie des pays étrangers. »

— Une citation de  Neema Walters Namadamu, fondatrice de Hero Women Rising
Sarr Madeleine Diouf

La Sénégalaise Sarr Madeleine Diouf est négociatrice pour le groupe des 46 pays les moins avancés lors des conférences des Nations unies sur le climat.

Photo : Radio-Canada

« Les pays les moins avancés que nous sommes émettent à peine 1 % des émissions mondiales des gaz à effet de serre et nous sommes les plus vulnérables. Les catastrophes sont partout : au Sud-Soudan, au Bangladesh, au Sénégal, au Népal, en Ouganda. C’est une répétition de catastrophes. Des communautés perdent tous leurs biens, et elles ne sont pas responsables. C’est pour ça qu’un fonds international nous permettrait de réparer ces dommages irréversibles. »

— Une citation de  Sarr Madeleine Diouf, négociatrice pour le groupe des pays les moins avancés (46 pays) lors des conférences des Nations unies sur le climat

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