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Les droits des francophones sont menacés, selon l’ex-ministre Dominic Cardy

Dominic Cardy devant des journalistes.

L'ex-ministre de l'Éducation, Dominic Cardy, croit que les droits linguistiques des francophones sont menacés.

Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

Dominic Cardy dénonce la nomination de Kris Austin au comité de révision de la Loi sur les langues officielles.

L’ex-ministre de l’Éducation du Nouveau-Brunswick, Dominic Cardy, estime que la présence de Kris Austin sur le comité chargé de répondre aux recommandations du rapport des commissaires Finn et McLaughlin sur la révision de la Loi sur les langues officielles représente un risque pour les francophones.

C’est clair qu’avec toute l’histoire de monsieur Austin, c’est pas quelqu’un qui est capable de vraiment participer dans une manière positive avec cette conversation, estime Dominic Cardy, qui siège maintenant comme indépendant, mais qui est toujours membre en règle du Parti progressiste-conservateur.

Dominic Cardy affirme qu'il n’est pas le seul à penser ainsi : Il y a beaucoup de monde au caucus qui partage mes inquiétudes avec la participation de monsieur Austin dans ce processus.

Kris Austin et Blaine Higgs.

La nomination, par le premier ministre Blaine Higgs, de Kris Austin au comité sur la révision de la Loi sur les langues officielles, a provoqué un tollé dans la société civile acadienne.

Photo : Radio-Canada

Lorsqu’il a remis sa lettre de démission, le ministre Cardy avait reproché au premier ministre Higgs d’avoir retardé la réponse aux recommandations sur la révision de la Loi sur les langues officielles. Quand on lui demande maintenant s’il croit que le gouvernement pourrait imposer des reculs dans sa révision de la loi, sa réponse est sans équivoque : Oui, absolument.

Deux éléments indiquent, selon lui, que ce risque est bien réel.

Le premier est le retard dans la réponse aux recommandations publiées il y a près d’un an. Une réponse du premier ministre, parce que c’est lui qui contrôle l’agenda ici, précise-t-il.

Le deuxième élément est la nomination de Kris Austin au sein du comité sur la révision de la loi. Avec la place de Monsieur Austin, ce n’est pas exactement une indication positive pour les francophones du Nouveau-Brunswick.

L’ex-ministre de l’Éducation, qui a été particulièrement direct dans ses critiques du mode de gestion du premier ministre, souhaite maintenant que Blaine Higgs prenne sa retraite au plus vite, pour le bien de la province et du parti. Je pense qu’on a besoin clairement de faire du travail quand le premier ministre décide de commencer un autre chapitre dans sa vie, qui, j’espère, va être assez rapidement.

Selon lui, il y aura beaucoup à faire, après le départ de Blaine Higgs. On a du travail à faire pour réunir la province et réunir notre parti.

Dominic Cardy et en arrière-plan Blaine Higgs.

Dominic Cardy (à droite) et Blaine Higgs (à gauche) lors d'un sommet sur l'éducation, le 16 octobre 2019 à Fredericton.

Photo : Radio-Canada

Des ministres conservateurs restent prudents

Plusieurs ministres conservateurs ont été interrogés sur la présence de Kris Austin au sein du comité chargé de réviser la Loi sur les langues officielles.

Le ministre responsable de la Société de développement régional, Réjean Savoie, qui est aussi membre du comité, a refusé de condamner la participation de Kris Austin.

Je suis ici pour travailler avec tout le monde qui est sur le comité.

Une citation de Réjean Savoie, ministre de la Société de développement régional

Mais le ministre Savoie, qui a éludé plusieurs questions directes pour répéter qu’il voulait travailler avec tout le monde, a tout de même tenu à s’adresser à ceux qui ont exprimé des inquiétudes sur le rôle que le premier ministre Higgs a confié à Kris Austin.

Réjean Savoie répond aux questions des journalistes.

Le ministre Réjean Savoie a refusé de condamner la nomination de Kris Austin au comité chargé de réviser la Loi sur les langues officielles.

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

Il y a une chose que je veux que mes concitoyens francophones et acadiens soient bien avisés : je suis ici pour travailler et protéger aussi leurs droits. Ça, je le ferai toujours, mais par contre, je vais le faire d’une façon respectueuse et en collaboration avec tout le monde, a-t-il dit.

Même si Kris Austin exprime librement, et publiquement, ses vues sur les langues officielles, le ministre Savoie refuse de faire la même chose.

Le ministre Holland répond aux questions des journalistes.

Le ministre Mike Holland estime que Kris Austin veut préserver le bilinguisme au Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

Un autre membre du comité, Mike Holland, a défendu la nomination de Kris Austin au sein du comité.

Il faut s’assurer que le bilinguisme est protégé, préservé, quelque chose que nous préservons dans la province du Nouveau-Brunswick, et Kris Austin, de sa propre bouche, a dit que c'était le cas pour lui, a lancé Mike Holland.

À plusieurs reprises, Kris Austin a soutenu, en effet, qu’il appuyait le bilinguisme officiel, mais qu’il contestait la façon dont il était mis en application.

L’ex-chef de l'Alliance des gens du Nouveau-Brunswick demande depuis longtemps, par exemple, un meilleur accès pour les unilingues anglophones aux postes désignés bilingues, ainsi que la fusion des réseaux de santé, ou l’abolition du Commissariat aux langues officielles.

Le ministre de la Santé, Bruce Fitch, un ancien candidat à la direction du Parti progressiste-conservateur, n’est pas membre du comité sur les langues officielles. Mais il refuse de condamner la décision de Blaine Higgs d’y nommer Kris Austin.

Je fais confiance au premier ministre pour nommer les gens là-dessus, et j'espère qu'ils prendront les bonnes décisions, a-t-il simplement dit.

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