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Mondial de soccer : les bloquistes réclament qu’Ottawa n’envoie pas de délégation au Qatar

Le gouvernement Trudeau affirme qu'il fera connaître sa décision « en temps et lieu ».

Des hommes posent pour des photos à l'extérieur, devant l'enseigne géante et lumineuse de la Coupe du monde de football 2022.

Des hommes posent pour des photos devant l'enseigne de la Coupe du monde de football à Doha, au Qatar, à quelques jours du début de l'événement.

Photo : Associated Press / Hassan Ammar

Le député bloquiste Alexis Brunelle-Duceppe presse Ottawa de ne pas envoyer de délégation à la Coupe du monde de soccer qui s'ouvrira dimanche au Qatar, un pays qui n'aurait jamais dû obtenir la tenue de l'événement, s'insurge-t-il.

J'espère qu'elle n'y sera pas, s'est exclamé le député bloquiste à l'émission Tout un matin, jeudi, au sujet de la possibilité que la ministre canadienne des Sports, Pascale St-Onge, assiste à la Coupe du monde.

J'espère que personne au Canada, diplomatiquement, ne sera envoyé au Qatar, a poursuivi le député de Lac-Saint-Jean.

À trois jours du début du Mondial dans ce petit pays du Golfe, le gouvernement de Justin Trudeau n'a toujours pas indiqué s'il y enverra, ou pas, une délégation.

Les plans seront dévoilés en temps et lieu, a répondu mercredi, par courriel, le cabinet de la ministre St-Onge à Radio-Canada, qui s'enquérait de la situation.

Aux yeux d'Alexis Brunelle-Duceppe, toutefois, le Canada ne doit pas y dépêcher de délégation, afin d'envoyer un message clair tant au Qatar qu'à la communauté internationale : On n'y va pas parce qu'au Qatar, les membres de la communauté LGBTQ, par exemple, sont envoyés en prison; parce que les travailleurs étrangers meurent, carrément.

Le député bloquiste croit que le Canada doit exercer son leadership en matière de respect des droits de la personne, un rôle historique que n'a pas su faire valoir Justin Trudeau, selon lui.

Quand Justin Trudeau a été élu en 2015, on nous a dit : "Canada is back sur la scène internationale" ». Je n'ai rien vu depuis ce temps-là, critique M. Brunelle-Duceppe.

C'est un souverainiste québécois qui vous dit ça, ironise le député bloquiste en expliquant qu'à son avis, le Canada doit saisir les occasions qui lui permettent de reprendre ce rôle historique de défenseur des droits de la personne.

Le député de Lac-Saint-Jean, Alexis Brunelle-Duceppe, prend la parole aux Communes.

Le député de Lac-Saint-Jean, Alexis Brunelle-Duceppe, prend la parole aux Communes. (Archives)

Photo : Courtoisie

Des athlètes coincés entre l'arbre et l'écorce

La Coupe du monde se déroulera du 20 novembre au 18 décembre. Le Canada disputera son premier match le 23 novembre contre la Belgique. Parmi les 26 joueurs membres de l'équipe canadienne masculine, on compte trois Québécois et six joueurs du CF Montréal.

Le député du Lac-Saint-Jean trouve dommage que les athlètes soient placés dans une situation les obligeant à parler des droits de la personne au Qatar.

Ça ne devrait pas arriver, dit-il. Probablement que beaucoup de joueurs de la sélection canadienne n'ont jamais entendu parler du Qatar avant de savoir que c'est là que ça allait avoir lieu.

Le fait que le Qatar a été désigné pays hôte du Mondial, il y a douze ans, est décrié sur de nombreuses tribunes. Même Sepp Blatter, qui était président de la FIFA à ce moment-là, a déclaré au début du mois qu'il s'agissait d'une erreur.

En Allemagne, des amateurs de foot ont appelé au boycottage du Mondial, certains arborant une large banderole à cet effet lors de parties disputées en Europe et télédiffusées. Des campagnes semblables ont cours en France et en Espagne.

Le rôle des fédérations

Pour M. Brunelle-Duceppe, les fédérations de soccer du pays peuvent influencer la sélection des pays accueillant les grandes compétitions internationales, telles que la Coupe du monde de football. Pour ce faire, elles pourraient, par exemple, mener des actions de concert avec leurs pairs en Norvège, en Finlande, au Danemark, c’est-à-dire avec des pays qui respectent les droits de la personne.

Soccer Canada regroupe des associations dans chacune des provinces et des territoires, et cet organisme est affilié à la Fédération internationale de Football Association (FIFA), à la Confédération de football d'Amérique du Nord, d'Amérique centrale et des Caraïbes (CONCACAF) et au Comité olympique canadien.

De plus, la déclaration universelle des droits de la personne des Nations unies – et ce qu’elle implique – devrait être le premier critère de sélection pour qu’un pays se voie confier la tenue d'un grand événement sportif, plaide le député bloquiste. Un comité de fédérations qui s’en remettrait à cette déclaration n’aurait pas accepté la candidature du Qatar comme pays hôte du Mondial, affirme-t-il. Et, à cette condition, ni la Chine ni la Russie ne se seraient qualifiées pour l’organisation des Jeux olympiques, poursuit-il, faisant allusion aux Jeux de Pékin et à ceux de Sotchi.

Et le commerce?

Il n'y aura aucun boycottage sportif du Mondial, fait remarquer Pascal Boniface, qui dirige l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), en France : Toutes les équipes qualifiées sont trop heureuses d'être qualifiées pour ne pas sacrifier leurs chances de participer.

En entrevue à l'émission Midi info, jeudi, le directeur de l'IRIS voit difficilement comment un pays, qui verra son équipe nationale accéder aux quarts de finale ou aux demi-finales, pourrait ne pas envoyer de délégation étatique.

Par ailleurs, M. Boniface constate que les demandes de boycottage n'existent que dans le domaine sportif.

Si le Qatar est un pays aussi horrible que certains le disent, commente-t-il, ce n'est pas seulement la Coupe du monde qu'il faudrait boycotter, mais il faudrait également cesser de lui acheter du gaz et du pétrole et de lui vendre tout ce que les pays occidentaux lui vendent.

Sur le site du gouvernement fédéral, on indique que le Canada et le Qatar entretiennent des relations diplomatiques ininterrompues depuis 1974. Les deux pays ont respectivement une ambassade dans leur capitale respective depuis une dizaine d'années.

En 2020, le Qatar était le troisième plus important partenaire commercial du Canada dans la région du Golfe, avec un total d’environ 196,2 millions de dollars d’échanges bilatéraux de marchandises, est-il écrit sur le site du gouvernement canadien.

Avec les informations de CBC, et Euronews

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