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Le site d’une cimenterie transformé en trésor de biodiversité à Winnipeg

FortWhyte Alive, un immense site de plus de 260 hectares, abrite arbres et fleurs, chevreuils et bisons, étangs et forêts. Bienvenue dans ce paradis urbain, exemple de biodiversité reconstituée.

L'usine dans laquelle était transportée de l'argile pour fabriquer du ciment est toujours visible à partir du site de FortWhyte Alive, à Winnipeg, dans cette photo prise en octobre 2022.

L'usine dans laquelle était transportée de l'argile pour fabriquer du ciment est toujours visible à partir du site de FortWhyte Alive, à Winnipeg.

Photo : Radio-Canada / Simon Deschamps

Assis à une table près d'un des six étangs que compte le site, dans la fraîche brise automnale, le vice-président de l'entreprise sociale, Ian Barnett, explique que la majorité des écosystèmes présents au Manitoba sont représentés à FortWhyte Alive, ce qui ajoute à sa richesse.

Une des choses qui ont été créées quand ils ont fait de cet endroit un centre d'éducation environnementale, ce sont les marais. On a les lacs – ou ce que les gens appellent des étangs –, la forêt et les prairies, évidemment. Il ne manque que la toundra arctique, dit Ian Barnett, qui y travaille depuis 23 ans.

Ian Barnett photographié devant un lac de FortWhyte Alive à Winnipeg, au mois d'octobre 2022.

Le vice-président de FortWhyte Alive, Ian Barnett, continue d'avoir des projets plein la tête pour le développement de ce lieu consacré à l'éducation environnementale à Winnipeg.

Photo : Radio-Canada / Simon Deschamps

Il ajoute que FortWhyte Alive représente 20 % des principaux espaces verts urbains à Winnipeg.

« On voit ici de nombreuses espèces, en particulier des oiseaux chanteurs. Ce lieu est leur maison, spécialement durant la saison migratoire. C'est incroyable d'avoir toute cette diversité animalière et cette beauté naturelle dans un environnement urbain. »

— Une citation de  Ian Barnett, vice-président de FortWhyte Alive

FortWhyte Alive, comme on le connaît aujourd'hui, a pris son véritable envol en 1983, avec l'ouverture de sentiers et d'un centre d'interprétation en plein cœur du site, récemment rénové.

En se promenant dans les sentiers, il n'est pas rare de croiser des joggeurs ou des cyclistes qui profitent de ce cadre enchanteur.

Je pense que nous sommes absolument essentiels à la qualité de vie à Winnipeg, affirme Ian Barnett.

Il souligne également, avec une lueur de fierté dans les yeux, que ce lieu est détenu et exploité par le privé, comptant sur l'appui de membres, de bénévoles et de philanthropes.

Illustration d'un

Insectes, oiseaux, renards, une faune qui plaît à tous

Professeur en biologie de l'Université de Saint-Boniface à la retraite et membre de FortWhyte Alive, Fernand Saurette ne se promène jamais sans ses jumelles. Au cas, où je verrais un bel oiseau qui pique ma curiosité, dit-il.

Par une belle matinée ensoleillée, l'homme élancé à la barbe blanche et aux lunettes rondes nous amène dans un lieu qu'il affectionne sur ce site : l'observatoire d'oiseaux.

Sur le chemin, on croise les marais avant de s'enfoncer dans une partie de forêt dominée par du peuplier faux-tremble, caractéristique de nombreuses forêts dans les Prairies canadiennes.

Une forêt de peupliers faux-trembles photographiés à FortWhyte Alive à Winnipeg en octobre 2022.

Le peuplier faux-tremble est l'arbre le plus répandu de l'Amérique du Nord.

Photo : Radio-Canada / Simon Deschamps

Pendant la saison migratoire, ce lieu est un paradis pour les oiseaux qui veulent faire une pause, dit M. Saurette, notamment en raison de sa situation géographique.

Ici, à Winnipeg, FortWhyte Alive, c'est un lieu pour se réfugier. Il n'y a pas de chasse. Donc, ils sont protégés. Ils savent qu'il y a de la nourriture en abondance, raconte-t-il.

Il y a les étangs où il y a beaucoup d'insectes qui émergent au printemps et au cours de l'été. Certains oiseaux, comme les passereaux, s'alimentent d'insectes volants qui sont une bonne source de protéines. Les champs qui entourent le site et les grains peuvent nourrir des espèces de sauvagine, comme les bernaches, poursuit-il.

Fernand Saurette devant une mangeoire pour oiseaux.

Fernand Saurette est membre de FortWhyte Alive et il s'émerveille de voir que le Manitoba attire maintenant des oies blanches.

Photo : Radio-Canada / Simon Deschamps

Pendant ses promenades à FortWhyte Alive, Fernand Saurette aime méditer sur la nature et observer les comportements animaliers, parfois en tentant d'attirer des mésanges dans sa main.

On les nourrit, on peut les observer, apprécier la beauté et étudier le comportement de près. C'est un outil précieux pour éduquer le public à la nature et l'oiseau est son emblème.

FortWhyte Alive accueille environ 30 000 jeunes par année dans le cadre de ses programmes d'éducation environnementale adaptés à tous les niveaux scolaires, comme l'explique le vice-président de l'organisme, Ian Barnett.

On y trouve notamment une école verte, le programme Forest School, où les enfants apprennent dans la nature.

Nous espérons que la prochaine étape pour eux sera de protéger et de conserver la nature une fois que cette appréciation et cette compréhension auront été développées.

La transformation d'une cimenterie en espace naturel

En 1966, un avocat de Winnipeg et un employé de la compagnie de ciment Canada Cement (qui a par la suite fusionnée avec Lafarge), Alan Scarth et Don Muir, ont été les visionnaires qui ont permis la création de la Wildlife Foundation of Manitoba, l'ancêtre de l'organisme qui gère FortWhyte Alive à l’heure actuelle, la Fondation FortWhyte.

Ces hommes sont également à l'origine de la vision d'éducation environnementale.

Grâce à des fonds privés, 80 hectares du terrain de la cimenterie abandonnée depuis les années 1950 ont pu être acquis, soit trois fois moins que le site actuel.

Qu'est-ce qu'une restauration écologique?

Une restauration écologique est un processus d’aide au rétablissement d’un écosystème dégradé, endommagé ou détruit.

Il faut :

  • déterminer si le site est contaminé, dégradé et s'il n'y a pas de végétation
  • déterminer les priorités en matière de restauration, c'est-à-dire l'état auquel on veut arriver, par exemple ce à quoi le site ressemblait durant l'époque précoloniale ou durant l'époque industrielle. Cela déterminera notamment le type de plantes à introduire.

Source : Kamni Gill, professeure associée au Département d'architecture paysager de l'Université du Manitoba

En 1907, Canada Cement avait commencé à extraire de l'argile, ce qui a créé d'immenses carrières dans le sol.

Ils ont commencé en utilisant des grattoirs tirés par des chevaux, raconte Ken Cudmore, gestionnaire de la faune et du site de FortWhyte Alive, et employé depuis 1983.

Une voie ferrée est visible sur le site de FortWhyte Alive à Winnipeg dans une photo prise en octobre 2022.

Ce chemin de fer hors service fait partie du patrimoine de FortWhyte Alive. C'est un rappel de son passé industriel.

Photo : Radio-Canada / Simon Deschamps

Le chemin de fer sur lequel des chariots remplis d'argile étaient transportés jusqu'à l'usine est l'unique vestige de cette époque sur le site. La carrière est devenue obsolète vers 1950. L'eau a rempli les cavités argileuses.

Des personnes utilisaient ces lacs pour se baigner ou pêcher. Après la fermeture de la carrière, des employés de la cimenterie y ont même introduit des canards malards.

C'était presque un paysage lunaire où il y avait très peu de végétation. Cela donne une idée de la façon dont ce site a évolué et comment la nature a été réhabilitée, dit Ian Barnett.

Une photo d'archives montrant une vue aérienne du site de FortWhyte Alive à Winnipeg

FortWhyte Alive accueille environ 125 000 visiteurs par année.

Photo : FortWhye Alive

Un nouveau pavillon en préparation

Comme les fondateurs, les responsables actuels de FortWhyte Alive ne manquent pas d’ambition et de projets, toujours dans un esprit écologique.

Ainsi, un nouveau pavillon écoénergétique et carboneutre sortira de terre dès l'hiver 2023-2024.

Il servira de pavillon d'accueil et d'espace pour les programmes d'éducation environnementale dont la popularité est grandissante, explique Ian Barnett.

Le site deviendrait aussi accessible par le transport en commun.

Une maquette du pavillon Buffalo Crossing à  FortWhyte Alive.

Le nouveau bâtiment de FortWhyte Alive, Buffalo Crossing, devrait être inauguré durant l'hiver 2023-2024.

Photo : FortWhye Alive

Les marécages, devenus trop denses, feront l'objet d'une réfection pour être allégés de leur végétation et que la circulation des eaux soit rétablie. Ian Barnett explique que l'organisme veut faire des améliorations en ce qui concerne les étangs pour permettre le patinage en hiver.

Une campagne de financement dont l'objectif est de recueillir 35 millions de dollars a été lancée en septembre à cette fin.

FortWhyte Alive ne cesse de se transformer depuis sa mise sur pied.

Des peupliers faux-trembles et des pins à FortWhyte Alive dans un paysage neigeux.

Des milliers de conifères ont été plantés par des bénévoles au fil des ans, ce qui créera plus tard une forêt mixte sur le site de FortWhyte Alive, à Winnipeg.

Photo : Radio-Canada / Simon Deschamps

Depuis 10 ans, plus de 200 000 arbres ont été plantés, dont 70 000 seulement durant l'automne 2022. Des dizaines de milliers de conifères ont aussi été plantés au cours des ans dans la forêt de peupliers faux-trembles.

Croyez-moi, dans 20 ans, le paysage aura complètement changé, dit Ken Cudmore sur un ton enthousiaste. On ne reconnaîtra pas la végétation ici. On aura une forêt mixte. Cela va même changer les espèces d'oiseaux qui y viennent!

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