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Le prix des loyers en Ontario augmente plus vite que la moyenne nationale

Des édifices de copropriétés en construction dans la région de Toronto.

Le loyer moyen en octobre au Canada était de 1976 $ par mois, selon Rentals.ca.

Photo : Radio-Canada / Marc Godbout

Radio-Canada

En octobre, le prix des loyers en Ontario a augmenté plus vite que la moyenne nationale qui était à 1976 $, selon les données enregistrées par le site web de logements locatifs Rentals.ca et analysées par la firme de données Urbanation.

Alors que les prix ont progressé de 11,9 % au Canada le mois dernier, ils ont augmenté de 17,7 % en Ontario.

Certaines régions ont connu des augmentations légèrement inférieures à la moyenne nationale, mais presque partout au pays les locataires font face à une augmentation considérable du coût des loyers.

La Colombie-Britannique et l'Alberta ont enregistré des augmentations respectives de 15,1 % et 13,2 %.

À Calgary, Kellie Knight loue un appartement de deux chambres pour 2200 $ par mois. C'est environ 500 $ de plus que ce qu'elle payait pour un appartement similaire avant la pandémie. Désormais, son loyer représente environ la moitié de son revenu mensuel.

J'ai été vraiment saisie de voir à quel point les prix avaient augmenté et j'ai dû très rapidement réorganiser mon budget, explique-t-elle. Lorsque vous dépensez plus de la moitié de votre salaire mensuel en loyer, vous n'économisez pas pour acheter un logement.

Normalement, un ralentissement du marché immobilier pourrait être une bonne nouvelle pour les locataires, mais ce n’est pas le cas en ce moment en raison de l'offre et de la demande.

Les taux d'intérêt contribuent en fait à élever les loyers parce que beaucoup de gens n'achètent pas et louent davantage, explique Benjamin Tal, économiste à CIBC.

Les personnes qui aimeraient normalement être propriétaires se retrouvent exclues du marché par des taux hypothécaires plus élevés, ce qui les pousse à entrer ou à rester sur le marché locatif.

Normalement, ils quitteraient le marché locatif et deviendraient propriétaires, souligne l’économiste.

Lorsque la demande augmente, elle est souvent satisfaite par une hausse de l'offre, mais cela ne se produit pas pour le moment, car les constructeurs et les propriétaires ont peur du risque.

Selon Benjamin Tal, les promoteurs annulent des projets en raison des coûts de construction. Les investisseurs, en raison des taux d'intérêt plus élevés, n'investissent plus dans l'immobilier.

M. Tal affirme qu'avant le récent ralentissement immobilier, environ la moitié des condos à Toronto appartenaient à des investisseurs. La plupart d'entre eux étaient loués, mais l'augmentation soudaine des taux hypothécaires les rend désormais non rentables, si bien que ces investisseurs les vendent, souvent à des personnes qui envisagent d'y vivre elles-mêmes.

Face à des coûts hypothécaires plus élevés et à des prix plus bas, les investisseurs ont essentiellement deux options : vendre ou augmenter le loyer. Et aucune de ces options n'est une bonne nouvelle pour les locataires.

Charlene Irwin, propriétaire d’un appartement à Thornhill, au nord de Toronto, loue son appartement pour payer les factures. Mais son hypothèque arrive à échéance en décembre et, sur la base des nouveaux taux, ses frais doubleront probablement, sans prendre en compte les frais de copropriété.

Même si je louais le logement 3000 $ par mois, ce qui semble être le tarif en vigueur, il n'y aurait aucun profit, regrette-t-elle.

Mme Irwin espérait vendre son appartement avant que le nouveau taux hypothécaire entre en vigueur le mois prochain, mais elle n'a toujours pas trouvé d'acheteur au prix demandé.

Lorsque vous parlez d'une situation comme la mienne où il n'y aura aucun bénéfice, alors quelle est la motivation pour garder le parc locatif en Ontario?

Une situation similaire partout au pays

En Nouvelle-Écosse, Hannah MacDonald, étudiante à l'Université Dalhousie à Halifax, partage une maison avec quatre colocataires. Ensemble, ils paient 2700 $ par mois, mais leur propriétaire les a récemment informés qu'il prévoyait augmenter leur loyer de 22 % pour atteindre 3300 $ lorsque leur bail expirera en mai.

Nous sommes en train de nous démener parce que ce n'est tout simplement pas dans notre budget en tant qu'étudiants à temps plein, raconte Hannah MacDonald.

Elle et ses colocataires ont deux mois pour décider de déménager, mais selon ses recherches, il y a peu d’options.

Il n'y a presque plus de logements vacants, car tout est pris rapidement et les gens sont désespérés, remarque-t-elle.

« Nous sommes en quelque sorte coincés entre le marteau et l'enclume. »

— Une citation de  Hannah MacDonald, étudiante vivant en colocation

Les défenseurs des droits des locataires soutiennent que le contrôle des loyers est plus que jamais nécessaire, en raison du spectre d'une inflation élevée. En Ontario, par exemple, un propriétaire ne peut pas augmenter le loyer de plus de 2,5 % en 2023 sans autorisation spéciale de la Commission de la location immobilière de la province.

Mais cela ne s'applique qu'aux logements déjà occupés, tandis que les logements vacants peuvent être loués pour le montant que les propriétaires souhaitent fixer. Au cours des cinq dernières années, nous avons vu le loyer des appartements de notre immeuble doubler, fait savoir Shelly Dunphy, défenseure des droits des locataires de Toronto.

Compte tenu des délais de construction de nouveaux projets et de la bureaucratie, Benjamin Tal doute que la situation du logement locatif se résolve rapidement.

L’impact psychologique

Au-delà des problèmes logistiques du marché locatif canadien, il y a l'aspect psychologique.

Nous devons créer une situation dans laquelle, si vous avez 35 ans, êtes marié, avez deux enfants et louez, tout va bien pour vous, déclare Benjamin Tal, qui ajoute que c’est déjà le cas à certains endroits, comme à Manhattan, à Berlin ou à Londres.

Le gouvernement fédéral a récemment annoncé de nouveaux objectifs en matière d'immigration qui pourraient faire venir chaque année un demi-million de travailleurs qualifiés au pays.

Nous tenons pour acquis le fait que les immigrants arriveront, mais s'ils ne peuvent pas se permettre de vivre à Toronto, à Vancouver et dans de nombreuses autres villes parce que les loyers augmentent et que le prix des maisons augmente, ils ne viendront pas, prévient Benjamin Tal.

Nous faisons face à une crise d'abordabilité et le loyer doit faire partie de la solution, pense-t-il.

Avec les informations de Pete Evans, de CBC

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