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Une tour au N.-B. sert à mesurer les changements climatiques

La forêt.

La Forêt expérimentale Acadia, qui entoure la tour de surveillance écologique et qui fait l'objet de recherches scientifiques depuis environ un siècle, comprend des épinettes, des sapins, des mélèzes et des pins blancs.

Photo : Radio-Canada / Jennifer Sweet

Radio-Canada

Les arbres sont reconnus pour absorber des gaz à effet de serre (GES), mais rien n’assure que les forêts pourront toujours en absorber plus qu’elles en libèrent, selon des chercheurs qui font des expériences près de Fredericton, au Nouveau-Brunswick.

Lorsque des pays disent vouloir limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré Celsius, cette prévision repose sur des données comme celles recueillies dans le cadre du projet de la Forêt expérimentale Acadia, explique l’un des chercheurs qui y contribuent, Loïc D'Orangeville, professeur agrégé de la Faculté de foresterie et de gestion de l’environnement à l’Université du Nouveau-Brunswick (UNB).

Tous les modèles climatiques jusqu’à présent comprennent la présomption qu’une plus longue saison de croissance permettrait aux arbres d’absorber plus de carbone, mais des travaux de recherche récents portent à croire que ce n’est pas le cas.

Loïc D'Orangeville et quelques-uns de ses homologues américains ont publié un article à ce sujet dans la revue Nature le 10 août. D’après leurs études effectuées au Massachusetts et au Maryland, ces forêts ne produisent pas plus de bois, même si la saison chaude est plus longue.

Si le printemps est plus chaud, elles commencent à grandir plus tôt, mais elles cessent aussi de grandir plus tôt, indique M. D'Orangeville. C’est un changement important de notre compréhension.

Il vaut donc mieux, selon le professeur D'Orangeville, réduire les émissions de GES.

Le sommet de la tour surpasse de plusieurs mètres la cime des arbres .
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Loïc D'Orangeville, chercheur en foresterie à l’Université du Nouveau-Brunswick, est au sommet de la tour de surveillance écologique de la Forêt expérimentale Acadia, non loin de Fredericton.

Photo : Radio-Canada / Jennifer Sweet

Mais ce qui se passe dans les forêts du Massachusetts et du Maryland n’est pas nécessairement la même chose que ce qui se produit dans la forêt acadienne. Cette dernière comprend notamment une espèce endémique, l’épinette rouge.

Loïc D'Orangeville prévoit que la croissance de la forêt acadienne va varier selon les espèces qu’elle comprend. Il poursuit ses travaux de recherche en la matière.

Le sapin baumier, qui occupe une place dominante dans les forêts de la région, ne peut profiter du réchauffement climatique qu’à un certain point. Sa progression va probablement ralentir et il sera remplacé par d’autres espèces, estime M. D'Orangeville.

Une tour unique en Atlantique

Manuel Helbig, professeur adjoint au Département de physique et des sciences atmosphériques de l’Université Dalhousie, étudie la forêt acadienne pour mieux comprendre comment elle absorbe et libère du dioxyde de carbone (C02).

Il s’agit de déterminer quelle quantité d’émissions la forêt absorbe, ce qui réduit en quelque sorte le changement climatique, explique M. Helbig.

Le processus inverse se produit aussi parce que les feuilles et le bois dégagent du C02 en se décomposant, par exemple, indique M. D’Orangeville.

La seule tour de surveillance écologique en Atlantique se trouve dans la Forêt expérimentale Acadia, près de la route 10, au nord-est de Fredericton. Les instruments de la tour mesurent le taux de C02 dans l’air au-dessus de la canopée, ainsi que la température et le taux d’humidité. Les chercheurs de l’UNB recueillent ces données depuis une dizaine d’années.

Une tour faite d'une structure en acier haute de quelques dizaines de mètres.
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La tour de surveillance écologique de la Forêt expérimentale Acadia est munie d’instruments de mesure des conditions atmosphériques.

Photo : Radio-Canada / Jennifer Sweet

Le professeur Helbig a amélioré cet automne l’équipement qu’il utilise pour poursuivre ces travaux. Il s’attend à ce que la forêt acadienne dans les environs de la tour absorbe moins de C02 durant les étés chauds et secs. Elle pourrait même libérer parfois du C02 si le temps est vraiment très sec, dit-il.

Selon M. D’Orangeville, les scientifiques croient que les forêts canadiennes sont de nettes émettrices de GES parce qu’elles sont perturbées, mais les connaissances quant aux effets de la chaleur, des feux, des sécheresses et des insectes envahisseurs sur le flux de C02 dans les forêts sont encore limitées.

Il faudrait, selon lui, plus de tours de surveillance écologiques pour recueillir des données dans d’autres peuplements forestiers. Il estime aussi qu’il faut faire plus d’études sur la croissance des arbres comme celle décrite dans l’article scientifique publié en août.

Manuel Helbig.
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Manuel Helbig, de l’Université Dalhousie (ci-dessus au pied de la tour de surveillance écologique près de Fredericton), étudie le flux des molécules de carbone dans la forêt acadienne.

Photo : Radio-Canada / Jennifer Sweet

De simples anneaux en métal qui coûtent une quinzaine de dollars chacun suffisent pour mesurer la croissance annuelle de la circonférence des arbres, ce qui donne des renseignements cruciaux sur la forêt entière, ajoute M. D’Orangeville. Cela pourrait déterminer si une forêt absorbera du C02 ou mourra lentement.

L’humanité plante des millions d’arbres chaque année, mais elle a le pouvoir d’en faire plus pour gérer les forêts et les aider à s’adapter aux changements climatiques, par exemple en augmentant la diversité des espèces. Cela aiderait à la fois l’industrie et l’environnement, conclut Loïc D'Orangeville.

D’après un reportage de Jennifer Sweet, de CBC

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